Bonnet de la liberté

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181 articles trouvés.

La pensée des Lumières : le travail naturel de l’esprit Synthèses

Revue critique

Par Jacques Guilhaumou, UMR « Triangle », Université de Lyon, ENS-LSH.

Au cours des vingt dernières années, l’approche de la pensée des Lumières s’est singulièrement complexifiée à la suite d’une série de publications, soit généralistes sous la forme de Dictionnaires, soit particulières sous la forme de monographies. Nous avons lu et rendu compte d’une partie, certes limitée, de cette vaste production éditoriale, mais presque toujours dans une perspective synthétique. Ainsi, au-delà d’un abord de la pensée des lumières centrée au départ sur la cohérence de l’entreprise encyclopédique elle-même, et du fait même que nous avons toujours essayé de mesurer l'ampleur d’une « économie du discours » (Francine Markovits) en matière d’échange, de communication, de langage, mise en place au sein de l'atelier analytique des Lumières, nous nous orientons de plus en plus vers la caractérisation, au cours des Lumières tardives (les années 1770-1780 donc), de ce qu'il en est du travail de l’esprit politique, de sa dimension matérialiste avec son point d'aboutissement en 1789, au point de proposer une réflexion autonome en ce domaine, comme le montre aussi une autre intervention sur le présent site .

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Impact et résonances de la Révolution haïtienne Annonces

couverture haiti 1804 lumières et témèbres

Introduction et table des matières de l'ouvrage Haïti 1804 – Lumières et ténèbres. Impact et résonances d’une révolution, dirigé par Léon-François Hoffmann, Frauke Gewecke, Ulrich Fleischmann, Iberoamericana/Vervuert (Bibliotheca Ibero-americana, 121), Madrid/Frankfurt am Main, 2008, 288 pages.

Cette formidable expression de l’aspiration de l’homme à la liberté et à la dignité que fut la Révolution haïtienne n’avait suscité à l’époque, dans l’Occident dit civilisé, que l’indignation et la dérision, suivies d’un silence assourdissant. Peut-être ce dernier est-il enfin en train de se dissiper. En effet, à l’occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française en 1989, puis en 1998 de celle du deux cents cinquantième anniversaire de l’abolition définitive de l’esclavage officiel dans les colonies françaises, les historiens et les hommes de lettres du monde entier ont commencé à accorder à la Révolution haïtienne l’attention que mérite son extraordinaire importance dans l’aventure humaine. Outre son intérêt scientifique, le Congrès International «Haïti 1804-2004», qui s’est tenu à Berlin du 4 au 6 novembre 2004, l’année de la célébration du bicentenaire de l’Indépendance haïtienne, s’inscrit dans cette volonté de contribuer à racheter un tant soit peu l’inexcusable silence de nos aînés.

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Philosophie allemande et Révolution Française Dossiers

Un espace de traductibilité politique

« L’observation contenue dans La Sainte Famille /Marx/ – que le langage politique français équivaut au langage de la philosophie classique allemande – a été exprimée ‘poétiquement’ par Carducci dans cette formule : ‘ Ils décapitèrent Emmanuel Kant, Dieu – Maximilien Robespierre, le roi ‘ », (Gramsci, Cahiers de prison,11, § 49)

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Marseille - Paris, la formation et la propagation d'un mot d'ordre: "du pain et du fer" (1792-1793) Mots

Par Jacques Guilhaumou, UMR "Triangle", CNRS/ENS-LSH Lyon.

Pendant longtemps, les historiens de la Révolution française ont conçu de manière unilatérale les rapports entre Paris et la province au niveau de la circulation des hommes, des idées et des mots d'ordre. Le couplet sur le centralisme idéologique des Parisiens, en particulier pendant la période jacobine, se retrouvait très souvent sous leur plume. La communication politique était ainsi réduite à son expression la plus simple : Paris impose sans partage ses idées aux provinciaux. Les travaux effectués autour de Michel Vovelle, à partir d'une source sérielle, les Archives parlementaires, ont décloisonné l'interprétation traditionnelle des liens entre Paris et la province, et ont permis à cet historien d’en proposer une nouvelle synthèse (1). L'étude de la réception, par l'entremise des adresses, des initiatives parisiennes met alors en évidence l'importance de la marge stratégique dont disposent les patriotes de toute la France sur le terrain idéologique. Puis, les travaux en de domaine se sont diversifiés, à l’exemple du numéro spécial des Annales Historiques de la Révolution française N°330 (2002).

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Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne Recensions

À propos du livre de Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, Rennes, Les Perséides, 2005.

Par Fabien Marius-Hatchi, Université Paris VII – Denis Diderot

Couverture Dubois Vengeurs du nouveau monde

Cette histoire oppose, d’une part, l’image que se font de leurs victimes ceux qui leur causent des souffrances indicibles et, d’autre part, les luttes de ces victimes qui, par miracle, se résorbent dans l’invention d’une nation nouvelle et d’une autre nature.

Jean Casimir (Préface, p. 11)

Paru aux États-Unis en 2004 – l’année du bicentenaire de la proclamation de la République d’Haïti, le livre de Laurent Dubois se présente comme une synthèse de l’histoire de la Révolution haïtienne établie à partir d’une lecture croisée de sources primaires et des principaux travaux historiques parus aux États-Unis, en France et en Haïti, essentiellement depuis un quart de siècle.

Héritier des travaux précurseurs des Haïtiens Beaubrun Ardouin et Thomas Madiou pour le 19e siècle, de ceux du Trinidadien C.L.R. James et du Martiniquais Aimé Césaire pour le 20e siècle, l’ouvrage de Laurent Dubois se situe dans la lignée, notamment, d’une historiographie étasunienne qui – tel David Geggus ou John D. Garrigus – cherche à “entrevoir avec plus de clarté ce que les événements de cette période ont pu signifier pour ceux qui les vécurent” (p. 25). À la suite de son premier livre A Colony of Citizens: Revolution and Slave Emancipation in the French Caribbean, 1787-1804 (1) dans lequel il abordait le programme politique révolutionnaire porté par les esclaves insurgés de la Guadeloupe, Laurent Dubois ambitionne donc de reconstituer l’histoire de l’insurrection de Saint-Domingue, de l’abolition de l’esclavage et de l’indépendance de la République d’Haïti à partir des conceptions et des aspirations des esclaves.

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Le civisme à l'épreuve de la Révolution française Notions

par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS-LSH Lyon

Confrontée au « nouvel ordre de choses » qui renvoie à la toute puissance d’une nation française une et indivisible, la génération des hommes de la Révolution française invente à sa manière le civisme en le définissant. Mais elle est tout autant prise dans ses limites, en particulier du fait des exclusions partielles instaurées par le nouvel ordre politique au sein d'une part importante de la population, les citoyennes en premier lieu. S’il convient donc de préciser le contexte philosophique du civisme révolutionnaire, il importe tout autant d’insérer une telle élucidation théorique dans un trajet discursif où l’acte de civisme relève de diverses conventions, pratiques et rituels aux effets diversifiés, voire contradictoires (1).

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"Un arsenal pour les séditieux" : la Déclaration des droits comme pratique politique Etudes

Par Yannick Bosc, ICT-Paris 7

La Révolution française est ponctuée par trois Déclarations des droits de l'homme et du citoyen (1789, 1793, 1795) qui sont encore souvent regardées comme des textes théoriques qui relèvent de «l'histoire des idées» et au mieux des «idées politiques» (1). Si on admet qu'ils sont précieux pour le juriste, ou le philosophe, on estime souvent qu'ils sont d'un faible secours pour l'historien qui s'intéresse aux pratiques politiques. Ce jugement repose sur le sentiment d'un décalage général, quand on considère les actions humaines, entre les principes et les faits, la théorie et la pratique. Ce sentiment est peut être justifié par le travail historique qui analysant les faits montre le difficile ajustement ou la contradiction des intentions et des réalisations. La séparation des idées et des pratiques et leur juxtaposition dans l'analyse historique est cependant moins intéressante que l'étude de leur dynamique.

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La Révolution française à l’horizon du mouvement social. Une question de visibilité sociale Actuel

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, CNRS-ENS LSH Lyon

Un enjeu éthique

Fortement marqué par la recrudescence au cours des années 1990 du mouvement social par le fait des luttes et de la parole des sans, nous avons essayé d’en évaluer les caractéristiques propres à l’épreuve de la Révolution française, et tout particulièrement du phénomène conjoint des porte-parole (Guilhaumou, 1998b). Nous avons voulu ainsi attester du présent de la Révolution française dans le mouvement social, donc sa part inhérente, voire immanente, aux ressources cognitives permettant de comprendre la portée émancipatoire des luttes sociales actuelles. Nous avons ainsi contribué, nous semble-t-il, à donner une visibilité et une centralité historiques à un mouvement des sans relégué trop souvent sur les marges de la société.

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Albert Mathiez, la guerre, la « dictature » et le pouvoir constituant Etudes

Par Yannick Bosc, GRHis-Université de Rouen-Normandie.

Ce texte a été publié dans L’exception politique en révolution. Pensées et pratiques (1789-1917), Michel Biard et Jean-Numa Ducange (dir.), PURH, Rouen – Le Havre, 2019, p. 175-185. Une version en a été présentée au cours de la séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du 9 novembre 2017.

Entre 1915 et 1921, face à la première Guerre Mondiale et aux Révolutions russes, Albert Mathiez publie plus de 250 articles de presse. Sa connaissance de la Révolution française l’aide à analyser les événements dont il est le contemporain, des événements qui en retour nourrissent sa réflexion sur la Révolution française, ce qui l’amène, à partir de 1917 à se demander ce qu’est la « révolution » elle-même et non plus seulement ce qu’est la Révolution française : comment se construit une nouvelle légalité, quel est le régime du droit en révolution  ou en situation de guerre, quelles en sont les normes ?

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Les Amis de Robespierre. Conférences Annonces

Cycle annuel de conférences 2025-26 de l'ARBR, à Arras. Accessible en visioconférence.

Présentation :

" Cette année, l’ARBR s’honore de proposer au public arrageois son cycle annuel composé de 9 conférences pour l’année scolaire 2025-2026.

Il s’agira, comme ceux des années précédentes, d’appréhender « les réalités de la Révolution française », la place et le rôle des humbles.

Nous nous félicitons cette année d’accorder, pour cela, une large place à de jeunes chercheurs -- doctorants ou thésards récents – acteurs de l’actualité de la recherche consacrée à la période qui nous occupe depuis près de 40 ans.

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La liberté contre le capitalisme Annonces

Introduction et table des matières de l'ouvrage de Yannick Bosc et David Casassas, La liberté contre le capitalisme. Le républicanisme du XVIIIe siècle et les révolutions à venir, Paris, Editions Critiques, 2024.

« Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. »

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, article 2

Nous connaissons ce récit. Nous en avons appris les rudiments à l’École et il organise nos représentations politiques. La Révolution française y est une révolution bourgeoise et les principes de la Déclaration des droits sacralisent la liberté du propriétaire. Ils sont le fondement juridique du capitalisme, c’est-à-dire de la modernité. D’un côté, il y a les droits-libertés  qui s’affirment en 1789, de l’autre les droits-créances ou droits sociaux. Ces derniers concernent l’égalité et émergent plus tard : ce sont les droits de seconde génération. Les moyens des droits créances se situent dans le renforcement de l’État, ce qui constitue la base d’une politique de gauche. En revanche, une politique libérale  (de droite) est, comme son nom l’indique, au service de la liberté économique et individuelle.

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Les formes d'esclavage successives dans le Nouveau Monde Séminaire

Séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du 7 décembre 2023.
Intervention de Florence Gauthier (Paris Diderot).

Les formes d'esclavage successives dans le Nouveau Monde. L'exemple des colonies françaises du XVIIe au XIXe siècles. Pour quelles raisons et quels objectifs, cette succession dans les formes de l'esclavage ?

Call for Papers: “Natural Rights and Politics in the Early Modern Period” Annonces

Despite the ubiquity of the idea of human rights in our political culture, and its strong presence in the work of political scientists, jurists and contemporary historians, scholarly interest in natural rights — the tradition from which human rights are drawn — remains sporadic and fragmentary. Natural rights were long considered the expression of a possessive and individualistic liberalism (C. B. Macpherson), born in tandem with capitalism and serving as its justification, or else as a nominalist aberration of Scholastic thought (Michel Villey). However, the pioneering work of medievalist Brian Tierney shows that subjective natural rights, seen as inhering in every individual in function of their humanity, go back at least as far as the 12th century. Far from being an expression of the omnipotence of the acquisitive will, natural rights were conceived of as limited by the principle of reciprocity. “Social” rights, such as the right to subsistence, are thus revealed to be not a late addition, but one of the first rights theorized by the medieval jurists of Bologna.

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