Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

République monarchique ou démocratique ?   Etudes

La querelle des titres et la construction d’un cérémonial républicain aux États-Unis en 1789-1791

par Marc Belissa, CHISCO, Université Paris Nanterre

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En avril 1789, le Premier Congrès de la jeune République fédérale américaine se réunissait à New York. Alors que le processus de ratification de la nouvelle constitution par les treize états n’était pas encore totalement achevé (la Caroline du Nord et le Rhode Island ne la ratifient qu’en mai 1790), il revenait au Premier Congrès de mettre en place les nouvelles institutions dont l’élaboration n’avait pas été réalisée sans obstacles. Dans le débat qui avait suivi la Convention de Philadelphie de 1787 dans laquelle le projet de constitution fédérale avait été rédigé (1), les oppositions avaient été nombreuses tant sur la nature même du gouvernement fédéral que sur ses composantes (2). Celle qui apparaissait peut-être la plus dangereuse aux opposants antifédéralistes et même à certains des partisans du gouvernement fédéral était la fonction présidentielle. Quand on avait proposé à Philadelphie le principe d’un exécutif personnel, un grand silence s’était fait, tant l’idée d’un Président chef de l’exécutif faisait penser à une monarchie déguisée. Les débats autour de la nature du pouvoir présidentiel et surtout sur ses limites nécessaires avaient été particulièrement vifs. Dans les journaux antifédéralistes, l’accusation de monarchisme était partout même si la peur d’une monarchie à l’anglaise était tempérée par la certitude que George Washington — dont tout le monde savait qu’il serait élu Président — n’aspirait pas à devenir roi (3).

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Clore le gouffre de la Terreur   Etudes

Par Françoise Brunel, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

« Clore le gouffre de la Terreur » (1), est la version française originale de la communication présentée à la Conférence internationale sur la Terreur dans la Révolution française organisée, à Stanford University les 10-13 décembre 1992, par Keith Michael Baker, Steven Lawrence Kaplan et Colin Lucas. Le texte a été publié en anglais sous le titre « Bridging the Gulf of the Terror » dans The French Revolution and the Creation of Moderne Political Culture, volume 4, The Terror, sous la direction de Keith Michael Baker, Oxford, Pergamon Press Elsevier Science, 1994. Comme certaines réflexions et pistes de recherche ont trouvé un écho dans de récents travaux, nous n’avons pas jugé inutile de le publier en français, la publication en langue anglaise étant demeurée confidentielle dans les bibliothèques françaises. S’agissant d’une version originale, nous n’avons modifié ni le texte ni les notes, hormis de rares précisions historiographiques indispensables aujourd’hui et indiquées en caractères gras.(FB)

Que l’an III pouvait être « une mine d’or pour l’étude de l’an II », Richard Cobb l’a écrit et démontré par ses travaux (2). En d’autres termes, parler de mettre fin à la Terreur, c’est encore parler de la Terreur. Quel est le statut juridique de la Terreur ? Quel est surtout son lien avec le Gouvernement révolutionnaire ? Quel est, enfin, le régime qui, de thermidor an II à brumaire an IV, durant quinze mois, gouverne la France ? Et, dès lors, quelle peut être l’interprétation du 9 thermidor et celle du « moment thermidorien » dans la « synthèse républicaine » (3). Interrogeons ces mois intenses qui, de la chute de Robespierre à la mise en œuvre d’une nouvelle constitution, voient la fin, non de la Montagne, mais de la Terreur, non le démantèlement, mais l’investissement du Gouvernement révolutionnaire pour une création politique originale, un Gouvernement révolutionnaire sans Terreur – mais non sans une certaine contrainte – sous la conduite d’une coalition de Montagnards, de députés de la Plaine et bientôt de Girondins, réintégrés de frimaire à ventôse an III.

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Republican Freedom and Basic Income. A Contemporary Interpretation of Jefferson and Robespierre   Etudes

Par Bru Laín, Université de Barcelone

This paper was discussed at the Mancept Workshop in Political Theory, 4th–6th September 2013, University of Manchester. This version just includes some linguistic and reference nuances.

Abstract: This paper explains the role that material independence plays in articulating the republican notion of freedom. As it suggests, a contemporary conception of this freedom would require two major policies. On the one hand, the introduction of some floors to assure individuals the minimum material means in order for them to achieve a protected social status. On the other, to impose a sort of ceilings restricting the excessive wealth accumulation by few private hands that potentiate multiple relations of domination and civil dependence jeopardizing the sphere of the free civil society. The paper defends that for the republican notion of freedom as non-domination both the guarantee of material independence and the limitation of accumulation, are necessary conditions –although not sufficient– to articulate an effective and free civil society. In doing so, the work of Thomas Jefferson and Maximilien Robespierre may be a powerful toolkit to re-think both institutional requirements. The paper concludes arguing that a proposal such as the Basic Income would properly endorse this republican notion of freedom as non-domination for our contemporary societies.

Keywords: Freedom, Republicanism, Material Independence, Jefferson, Robespierre, Basic Income.

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Citoyenneté, République, Démocratie : une approche quantitative   Etudes

Par Marco Marin, Université de Trieste

Texte présenté lors de la séance du séminaire L'Esprit des lumières et de la Révolution du 22 janvier 2015.

Nous allons étudier les usages discursifs de trois lexies qui forment l'intitulé du séminaire de cette année, c'est-à-dire : « citoyenneté », « république » et « démocratie ».
L'analyse portera sur les auteurs et sur les ouvrages numérisés (ou en cours de numérisation) à l'Université de Trieste. Il s'agit des Œuvres de Robespierre et de Marat, du Père Duchesne de Hébert (imprimé entre le 4 novembre 1790 et le11 mars 1794) (1), de 115 catéchismes révolutionnaires (de la période 1788-1799), des 34 premiers numéros des Actes des Apôtres (publiés entre novembre 1789 et mi-février 1790), et de trois volumes des Révolutions de France et de Brabant de Desmoulins, pour un total de 38 numéros qui correspondent aux publications du mois de décembre 1789 et de quelques mois de 1790 (notamment de janvier à mai et de septembre à novembre) (2). Les occurrences de tous les corpora utilisés sont 6 000 000. Pour effectuer cet étude, j'ai profité de certains outils propres à la « lexicométrie » (dite aussi « statistique lexicale »), qui, selon Muller "est l'étude statistique du langage, effectué presque toujours à travers l'usage de l'ordinateur. Avec les techniques de la lexicométrie on peut procéder à des études comparatives et statistiques du vocabulaire. Elle permet d'établir les contextes d'emploi d'un vocable et les combinaisons les plus fréquentes dans lesquelles il entre, ce qui donne des informations sur le ou les sens de ce vocable" (3).

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Etre républicain sous la Constituante : la crise de Varennes   Etudes

Par Suzanne Levin, CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté au séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution le 18 décembre 2014.

Quel fut le rapport de la Révolution française au (x) républicanisme(s) ? Voilà une question qui va au cœur du projet révolutionnaire et qui recouvre un vaste champ d’études. Il est donc juste que, depuis déjà plus d’un quart de siècle, cette problématique ait été renouvelée par plusieurs historiens, s’attaquant à ses divers aspects, à diverses époques de la Révolution, à divers acteurs. On peut citer parmi eux les animateurs passés et présents du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution et, en dehors de ce séminaire, notamment Raymonde Monnier.
Bien des aspects de cette problématique restent pourtant encore à éclaircir. L’aspect dont il s’agit ici est très particulier, mais non moins important pour notre compréhension de l’évolution du concept de la république à l’époque révolutionnaire. Il tourne autour des définitions changeantes de la république parmi les républicains autoproclamés et leurs défenseurs dans les débats journalistiques du printemps et de l’été 1791. Qu’est-ce que cela veut dire quand des révolutionnaires se réclament explicitement du républicanisme à cette époque ? Par ailleurs, en quoi la fuite du roi constitue-t-elle un tournant pour l’usage et l’évolution de la signification de ce terme ?

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La république au village en l'an II   Etudes

Par Guy-Robert Ikni

Cet article a été publié dans M. Vovelle (dir.), Révolution et République, Paris, Kimé, 1994, p. 252-262.

Au cours de la dernière période, des travaux novateurs ont rouvert le dossier de la politisation au village en s'interrogeant, notamment, sur les modalités d'implantation d'un jacobinisme rural (1). L'historien ne peut plus se contenter d'opposer une «bonne paysannerie», demeurée fidèle alliée de la République jacobine, et une « paysannerie » contre ou anti-révotutionnaire. Ni l'adhésion de la première, ni le refus de la seconde ne revêtirent un caractère univoque. Il demeure néanmoins quelques ambiguïtés tenaces concernant l'étude des rapports des paysans et de la politique. L'historien peut-il encore à cet égard cantonner la politisation des campagnes dans ce qu'il est convenu d'appeler la politique locale, par opposition à la grande politique ? A l'inverse, peut-on considérer comme le fit au siècle dernier le juriste Bouthors, que les principes, et le déroulement même de la Révolution française résultèrent avant tout de l'action des communautés paysannes qui, aux yeux de l'auteur, étaient déjà des modèles de petites républiques bâties autour des principes qui annonçaient en fait ceux de 1789 (2) ?

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Les ouvriers en France. 1700-1835   Etudes

Samuel Guicheteau, Les ouvriers en France.1700-1835

Par Samuel Guicheteau, Université de Nantes

Samuel Guicheteau a récemment publié Les ouvriers en France.1700-1835, Paris, A. Colin, Collection U, 2014. Il présente ici les enjeux historiographiques et épistémologiques de cet ouvrage.

Cette présentation vise à mettre en lumière quelques enjeux de l’histoire des ouvriers dans la Révolution française. Deux questions peuvent guider la réflexion : comment faire l’histoire des ouvriers ? Quels éclairages cette histoire des ouvriers apporte-t-elle à l’analyse de la Révolution ?

Identité et expérience : renouvellements de l’histoire sociale et de l’histoire de la Révolution française

Il n’est plus possible de considérer les ouvriers comme un groupe a priori. Cependant, il est également impossible d’ignorer l’importance de l’industrie au 18e siècle et, donc, l’existence d’une main-d’œuvre industrielle. Or, l’importance même de la main-d’œuvre industrielle a pour conséquence sa diversité : les ouvriers travaillent dans de multiples activités et dans des cadres variés (seul à domicile, en atelier, dans une manufacture concentrée, sur des chantiers) ; ils exercent des métiers plus ou moins qualifiés ; hommes et femmes, citadins et ruraux se distinguent ; enfin, les travailleurs de l’industrie présentent des situations socio-économiques différentes. Tandis que certains sont salariés, d’autres travaillent à façon (notamment des ruraux pluri-actifs, mais aussi de petits maîtres déchus à l’instar des célèbres canuts lyonnais). Cette diversité de la main-d’œuvre industrielle pose des problèmes de définition et de méthode. Tous ces travailleurs ne se sentent pas appartenir à un même groupe social : il existe donc des mondes ouvriers. De plus, à la hiérarchie des qualifications peuvent s’articuler le clivage des sexes, le clivage ville / campagne. La diversité se double donc de césures entre ouvriers. Les Ouvriers, comme les Paysans ou le Peuple, ne sont pas des catégories naturelles, mais des constructions forgées par les acteurs historiques, puis par des historiens.

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« Système de terreur » et « système de la terreur » dans le lexique de la Révolution française   Etudes

Par Cesare Vetter, Université de Trieste

Préambule : Quinet et le « système de la Terreur »

Dans le livre XVII de La Révolution (Théorie de la Terreur), Edgar Quinet, pour caractériser la Terreur de l’an II, utilise sans distinction les expressions « système de terreur » et « système de la Terreur » (1). On trouve une occurrence de « système de la Terreur » aussi dans le livre XVI (La Religion sous la Terreur)(2) et deux occurrences de « système de la Terreur » dans la Critique de la Révolution (3). Dans La Révolution - comme cela est déjà connu – les désignants « jacobins » et « montagnards » coïncident et dans le livre XII (La Convention), il décrit ainsi la différence entre Gironde et Montagne au sujet de la Terreur :

Ainsi se résout la question souvent posée, si la terreur eût été aussi sanglante entre les mains des girondins qu’entre celles des jacobins. Les premiers n’en eussent point fait un système ; cette conception ne fût jamais sortie de leur esprit (4).

La connotation de la Terreur en tant que « système » souleva dans les dernières années du Second Empire un large et passionnant débat parmi les républicains français (5) et demeure encore fondamentale dans la réflexion sur la Terreur.

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L'Antiquité, modèle dans le "moment républicain" de 1791 ?   Etudes

par Suzanne Levin (doctorante CHISCO-Paris Ouest Nanterre)

Ce texte a été présenté le 23 mai 2014 dans le séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Quel a été l’impact de la crise de Varennes sur le républicanisme ou sur les discours qui entourait le terme « république » dans la presse « patriote » ? Comment cette presse a-t-elle utilisé la référence à l’Antiquité gréco-romaine pour définir et légitimer ses conceptions du républicanisme ? Le texte suivant ne traite qu’une portion de cette question. Il s’agit d’examiner la référence à l’Antiquité au moment même de la crise de Varennes, sans prendre en compte l’évolution de cet usage et du débat sur le républicanisme dans lequel il s’inscrit, sur une période plus longue de vingt semaines. L’examen des quatre semaines qui séparent la fuite du roi de sa réinstallation et de la répression qui s’ensuit permet néanmoins de cerner les réactions immédiates à la crise et les solutions proposées par la presse patriote.

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A Descent upon England by Gunboat : Reconciling Paine’s Interventionism with Small Military Forces   Etudes

 Colloque Thomas Paine dans la Révolution française 2014

par Thomas C. Walker, Department of Political Science, Grand Valley State University

Texte préparatoire à la Deuxième conférence internationale Thomas Paine, Thomas Paine dans la Révolution française, Université Paris Ouest Nanterre, vendredi 26 septembre 2014, (CHISCO-Paris Ouest Nanterre, Université Paris Lumière, Thomas Paine Studies Iona College, Thomas Paine National Historical Association).

Draft copy, comments will be appreciated.

Introduction

Few can point to a more bizarre after-death story than Tom Paine’s. Like most good stories, it is hardly diminished by its re-telling. After the fame he enjoyed during the American and French revolutions faded, Paine died and was buried in a simple grave in New Rochelle, New York. He did not, however, rest in peace. William Cobbett secretly disinterred the remains and transported them back to England. Cobbett wanted to commemorate Paine’s final resting place with a fitting monument to his political importance. But, as is the case with many efforts to celebrate and promote radical ideas, the project ran short of money. The monument was never built and what became of Paine’s remains has been reduced to speculation. One account tells of how his bones were refused for sale at auction in 1835, after which a Unitarian clergyman kept Paine’s skull and right hand in his library (Ayer 1988, 182). Another tells of an old woman who played with Tom Paine’s jawbone when she was a child (Fruchtman 1994,435). Two-hundred years after his death, Paine’s words live on, but, like his bones, they are largely scattered and turn up in the most peculiar places. These range from the songs of Bob Dylan to presidential speeches of Ronald Reagan (1).

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Social Networking Thomas Paine: individual nexus of enlightenment thought   Etudes

 Colloque Thomas Paine dans la Révolution française 2014

Par John Ward Regan, New York University

Texte préparatoire à la Deuxième conférence internationale Thomas Paine, Thomas Paine dans la Révolution française, Université Paris Ouest Nanterre, vendredi 26 septembre 2014, (CHISCO-Paris Ouest Nanterre, Université Paris Lumière, Thomas Paine Studies Iona College, Thomas Paine National Historical Association).

This paper examines Thomas Paine through his connections to people, (well known and otherwise) who populated the intellectual and political landscape of the Atlantic Community at the beginning of the modern era. Specifically it looks at Paine’s correspondences to his intimate circle of friends and then spreading outward all the way to his readers and the relationship that existed between the author and his audience.
The dynamics of Paine’s relationships would make for a fascinating Venn diagram of overlapping relationships and intersecting ideas, consisting of larger and smaller circles of friends, acquaintances, correspondents and readers. By looking at his correspondences the goal is to shed light on his political, philosophical, and ethical ideas and their development. The paper will look at Paine’s personal correspondence and letters published in newspapers, some to groups some to specific or anonymous individuals, some meant to be public, some not, some on specific issues. Some are really essays in the guise of letters, like the Letter Addressed to the Addressers written during his trial for The Rights of Man Part II.

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Condorcet, la physiocratie et les États généraux   Etudes

par Jean-Claude Gaudebout, doctorant CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté le 11 avril 2014 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Le 5 juillet 1788, un arrêt du Conseil annonçait la convocation des États généraux. Dans cet arrêt le roi demandait à «… tous les savants et personnes instruites de son royaume, et particulièrement ceux qui composent l’académie des inscriptions et belles-lettres de sa bonne ville de Paris » de lui adresser toutes les pièces d’archives concernant les États généraux tenus dans le passé. Le 8 août, les États étaient convoqués pour le 1er mai 1789. Finalement, Louis XVI accorda, le 27 décembre 1788, le doublement de la députation du tiers état, tout en gardant un silence prudent sur la question du vote par tête. Le 24 janvier 1789, la lettre de convocation des Etats généraux fixait le règlement électoral à suivre pour la rédaction des cahiers de doléances et l’élection des députés.
C’est juste avant cette période que Condorcet rédigea son ouvrage Essai sur la constitution et les fonctions des assemblées provinciales (1). Le sujet lui tenait très à cœur puisqu’il l’avait déjà traité dans sa Vie de M. Turgot (2) , parue en 1786, à propos du Mémoire sur les municipalités, et dans un autre ouvrage plus récent, Sentiments d’un républicain sur les Assemblées provinciales et les Etats-Généraux (3) , publié en 1788.
Alors que se met en marche la tenue des Etats-généraux, dans quelle mesure le plan de Condorcet s’est-il inspiré du projet physiocratique ?

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Hobbes de la langue à la parole politique (1640-1651)   Etudes

Par Félix Mangano, doctorant CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté le 14 février 2014 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Il est difficile de ne pas avoir déjà entendu parler de Hobbes. Né à Westport le 5 avril 1588 et mort à l’âge vénérable de 91 ans à Hardwyck Hall le 4 décembre 1679, cet auteur anglais, traducteur et commentateur d’Euripide et de Thucydide, devenu philosophe politique sur le tard, nous est surtout connu aujourd’hui grâce à son célèbre Leviathan. Secrétaire de Francis Bacon, précepteur à sa sortie d’Oxford dès 1608 du fils et du petit-fils de William Cavendish, baron d’Hardwick et deuxième Earl du Devonshire, ainsi que du baronnet Sir Gervase Clifton, Hobbes devient rapidement un homme rompu à la politique et aux hautes sphères de la monarchie anglaise. C’est aussi un homme qui voyage avec ses élèves. Il accomplit ainsi à travers l’Europe deux « Grands Tours », en 1614-1615 puis en 1634-1636, pendant lesquels il se rend notamment en Italie et en France, où il séjourne quelques mois. C’est lors de son second voyage qu’il rencontre de grandes personnalités de l’époque, comme Galilée, et qu’il se lie avec l’érudit français Marin Mersenne qui l’initie à la philosophie. Hobbes est jusqu’à cette rencontre essentiellement préoccupé par les lettres classiques et les mathématiques.

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La Commune de Paris et la production de guerre, 1793-1794   Etudes

Par Aurélien Larné, doctorant CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté le 13 décembre 2013 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Le 28 juillet 1793, l’armée autrichienne occupait le nord de la France et y rétablit l’Ancien Régime. La guerre contre les monarchies européennes avait été entreprise par l’Assemblée législative, sous l’impulsion des Brissotins contre lesquels s’étaient opposés une partie des membres de la Société des Amis de la Liberté et de l’Egalité (Robespierre, Billaud-Varenne, Marat). Elle avait ensuite été poursuivie par la Convention girondine contre l’avis de certains Montagnards. Par ailleurs, la multiplication des recrutements d’hommes pour les armées avait entraîné la Vendée dans la guerre civile. À la fin du mois de mars 1793, la guerre de conquête avait tourné à la débâcle et le décret du 13 avril matérialisa la transformation de cette guerre de conquête en guerre défensive. À partir du mois de juin, pour la Convention montagnarde, la victoire de la guerre défensive devint l’objectif unique (1) .

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Catéchismes révolutionnaires : typologies, langages et méthodologies   Etudes

Par Marco Marin, Université de Trieste
Ce texte a été présenté le 15 novembre 2013 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.Traduction de Valeria De Marco (1).

J'aborderai la question des catéchismes révolutionnaires par leur définition et j’expliquerai les raisons qui m’ont portées à étudier ce genre de littérature. Après avoir évoqué les caractères généraux de ces publications pendant la Révolution, je présenterai les catéchismes politiques depuis le XVIIe siècle, ce qui permettra de saisir les différentes typologies de l’époque révolutionnaire en les inscrivant dans la longue durée. La distinction entre les sources de l’époque monarchique et celles de la République sera d'abord traitée quantitativement puis, par le biais de la « linguistique des corpora », je montrerai, à titre d’exemple, comment au temps de la République, le mot-clé « nation » et remplacé par d’autres lexies (2). Enfin, j'établirai un bilan de l'histoire des catéchismes pendant la Révolution et conclurai en évoquant les catéchismes séculiers au XIXe et au XXe siècle.

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