Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Robespierre, la fabrication d’un médiocre   Recensions

Par Anne-Marie Coustou, Professeur d'histoire-géographie

A propos de l'ouvrage de Jean-Clément Martin, Robespierre, la fabrication d’un monstre, Paris, Perrin, 2016, 400 p.

Paru après Robespierre, la fabrication d’un mythe, de Marc Belissa et Yannick Bosc (2013), l’ouvrage de Jean-Clément Martin au titre quasi identique ne propose pas, à la différence du premier, de revenir sur la construction des légendes noires ou dorées de l’Incorruptible. L’introduction qui s’ouvre sur l’épisode du pseudo-masque de Robespierre que l’auteur qualifie de « quasi-comique » nous en donne l’objet. L’on pourrait penser que l’aspect « quasi-comique » résiderait dans ce montage cousu de fil blanc censé révéler « la vraie tête » du révolutionnaire. Mais pour l’auteur, c’est la réaction des défenseurs de l’Incorruptible qui est risible car «… aujourd’hui comme hier, écrit-il, on peut débattre sans crainte de la violence de Marat, de la vénalité de Danton ou de la frivolité de la reine, alors que l’épiderme national demeure sensible dès qu’on l’évoque (Robespierre) » (p. 1 et 2). Cette « crainte du débat » ne semble pas très dissuasive au vu du nombre de biographies et articles dépréciatifs parus sur l’Incorruptible. Par contre, cette « crainte » s’avère révélatrice du propos de l’auteur dont l’objectif est de libérer la parole sur Robespierre et, en quelque sorte, de déverrouiller le débat à son sujet. Le propos du livre consiste donc « à expliquer pourquoi il est le seul dans ce cas » alors qu’il est, selon Martin, un révolutionnaire parmi tant d’autres, pas même franchement remarquable par ses prises de position, ni même le plus attaché aux principes ou le plus désintéressé.

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XVIIIe siècle : La République sociale avant la république   Entretiens

En relation avec le colloque "Modernités Républicaines", La Fabrique de l'histoire, l'émission d'Emmanuel Laurentin sur France Culture était consacrée le mercredi 23 novembre à la question des origines de l'idée républicaine au XVIIIe siècle et pendant la Révolution française. Marc Belissa et Stéphanie Roza sont intervenus dans cette émission au cours de laquelle ont été lus des extraits de textes de Rousseau, Mably, Robespierre et Billaud-Varenne. On pourra retrouver le replay de l'émission sur le site de France Culture. Présentation :
"Les historiens de l'idée républicaine, et en particulier l'école de Cambridge représentée par Quentin Skinner, considèrent la liberté de l'individu et les vertus civiques comme centrales dans la définition de cet idéal à l'âge des Lumières. Mais n' oublient-ils pas qu'à cette même époque, en France, les écrits de Rousseau propageaient, avant même la Révolution, l'idée de souveraineté du peuple qui sous-entendait l'égalisation des conditions sociales ? La République sociale est-elle née avant même 1792 et la république formelle ?"

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Modernités républicaines   Annonces

Colloque international, organisé pour l'inauguration du Centre européen d’études républicaines (CEDRE), qui se tiendra le jeudi 24 Novembre et le vendredi 25 Novembre 2016 à l' École normale supérieure, 29 rue d’Ulm, 75005 Paris. Présentation :
"Ce colloque part du constat d'une très forte activité de recherche et de publication sur la question républicaine depuis une vingtaine d'années, comme en témoigne la multiplication des colloques et des réseaux de recherche internationaux, mais aussi d'un cloisonnement des problématiques et des disciplines, qui contribue à perpétuer des malentendus, à creuser des partages ruineux et à prolonger de longs silences. Il a donc pour ambition de confronter les traditions intellectuelles nationales et les disciplines autour de cet objet à la fois central et mal cerné, dont l'actualité ne cesse de nous être rappelée par les débats sur l'école, la citoyenneté, les biens communs, l'impôt et la redistribution, ou encore les formes de la construction de la volonté générale."

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Inscription : modernitesrepublicaines@gmail.com

James Guillaume : l'émancipation par les savoirs   Annonces

colloque james guillaume

Un colloque consacré à James Guillaume, militant libertaire et historien (il est notamment l'éditeur des procès verbaux du comité d'instruction publique pendant la Révolution française), se tiendra le 24 et le 25 novembre 2016 à l'Université de Genève. Présentation :
"À l’occasion du centenaire de la mort de James Guillaume (1844-1916) est organisé à l’Université de Genève un colloque consacré aux engagements multiples de cet internationaliste. L’hypothèse qui sous-tend cette rencontre scientifique est l’existence d’une continuité entre son action politique au sein de l’Association internationale des travailleurs (AIT) et son engagement pédagogique aux côtés de Ferdinand Buisson après son arrivée en France en 1878. Les dix-huit communications et la table ronde de cette rencontre internationale permettront d’éclairer les réseaux au sein desquels a évolué James Guillaume. Il s'agira aussi de réfléchir à l’actualité de la conception libertaire de l’éducation en ce début de XXIe siècle."


Lire l'argumentaire du colloque et le programme sur Calenda et accéder au carnet de recherche consacré à James Guillaume.

Le féminisme et la subjectivité révolutionnaire : expérimentations et résistances   Recensions

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS/Université de Lyon

A propos du livre de Eliane Viennot, Et la modernité fut masculine. La France, les femmes et le pouvoir 1789-1804, Paris, Perrin, 2016, 409 pages.

Avec l’avènement de la démocratie moderne, les citoyennes doivent expérimenter elles-mêmes les nouvelles potentialités politiques, les concrétiser dans toutes sortes de formes d’expérimentations et de résistances au pouvoir masculin, avec le soutien de quelques rares hommes dont le témoignage est d’autant plus précieux. Avancées et reculs dans le champ des rapports entre les sexes marquent alors les divers moments de la Révolution française, obligeant le chercheur soucieux de les retracer avec minutie de se situer au plus près des événements. C’est ce que nous propose Eliane Viennot, professeure de littérature française de la Renaissance à l'Université Jean Monnet (Saint-Etienne), dans la suite de sa passionnante enquête entamée au cours les années 1990 sur La France, les femmes et le pouvoir, dont l’objectif est de circonscrire la place du féminisme dans l’exception politique française. Cette somme historique sur l’histoire du féminisme vient en effet de s’enrichir d’un troisième volume relatif à la période révolutionnaire, après ceux sur L’invention de la loi salique, Ve-XVIe siècle (2006), et Les résistances de la société, XVIIe-XVIIIe (2008). Face à une Révolution française qui se veut l’ouverture des possibles par l’invention de la démocratie politique, il est légitime de s’interroger sur ce qu’il en est, au sein des événements révolutionnaires, du rééquilibrage des rapports de force entre les sexes, et de la résistance des hommes à ce mouvement d’émancipation.

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Mélenchon avec Robespierre le 9 thermidor   Actuel

La Révolution française est, jusqu'ici, bien peu présente dans les débats de la "pré-campagne" électorale pour la présidentielle de 2017. Dans une nouvelle émission de télévision intitulée "Et si c'était vous" de la chaîne "Toute l'histoire" et en collaboration avec le journal "Le Monde", le psychanalyste Gérard Miller et le journaliste Nicolas Truong interrogent Jean-Luc Mélenchon en l'invitant à remonter le temps jusqu'au 9 thermidor an II et à le redescendre jusqu'à nos jours pour analyser les traces de la Révolution dans les projets politiques contemporains.
Depuis 2011 et l'achat par l'État de manuscrits de l'Incorruptible, le fantôme de Robespierre — quasi disparu depuis le Bicentenaire — réapparaît régulièrement dans les usages politiques contemporains de la Révolution française. Jean-Luc Mélenchon est le "politique" qui se réfère le plus souvent à la figure de Robespierre. Un nouveau chapitre de l'histoire de la "fabrication du mythe" telle que Marc Belissa et Yannick Bosc l'ont évoquée dans leur Robespierre.

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Henri Guillemin et la Commune – le moment du peuple ?   Annonces

Le colloque Henri Guillemin et la Commune – le moment du peuple ? se tiendra le samedi 19 novembre 2016 de 9h30 à 18h, à l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle – Censier – 13 rue Santeuil 75005 Paris.
Il est organisé par Les Ami(e)s d'Henri Guillemin dont le site propose les vidéos des treize conférences que l'historien et écrivain a données sur la Commune. Présentation de la première conférence : " Pour Henri Guillemin, il convient d’abord de remonter aux origines de la Révolution française pour bien comprendre l'histoire de la Commune. Il s’emploie donc à rappeler dans ce premier épisode la lutte originelle du peuple contre la bourgeoisie ("les gens de biens") dès le XVIIIe siècle."

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L'Esprit des Lumières et de la Révolution 2016-2017   Séminaire

Programme 2016-2017 du séminaire de recherche animé par Marc Belissa, Yannick Bosc, Marc Deleplace et Florence Gauthier. Les séances se tiendront le jeudi de 18h à 20h à l’Université Paris Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, salle G 361, escalier G au 2e étage.

17 novembre : Marc Belissa, République monarchique ou démocratique ? La querelle des titres et la construction d’un cérémonial républicain aux Etats-Unis en 1789-1791.

8 décembre : Christine Fauré, Le journal des dames.

19 janvier : Alexandre Guermazi, Les assemblées générales des sections parisiennes, démocratie et représentation en l'an I de la République.

23 février : Vincent Grégoire, Impérialisme et cosmopolitisme. Théories de l’Etat et problèmes coloniaux (XVIe-XVIIIe siècle).

16 mars : Suzanne Levin, La conception de la souveraineté populaire chez Prieur de la Marne.

27 avril : Jean-Claude Gaudebout, La déclaration des droits de Condorcet en 1789.

11 mai : Yannick Bosc, Les prud'homies de pêcheurs comme modèle républicain.

8 juin : Emmanuel Faye, Hannah Arendt, Burke et les droits de l'homme.

Le séminaire L’Esprit des Lumières et de la Révolution est soutenu par le CH19 – Panthéon Sorbonne/Paris Sorbonne, le CHISCO EA1587 et l’ED395, "Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent", Paris Ouest Nanterre.
Groupe de travail créé par Marc Belissa, Yannick Bosc, Françoise Brunel, Marc Deleplace, Florence Gauthier, Jacques Guilhaumou, Fabien Marius-Hatchi, Sophie Wahnich.

Egalitarisme jacobin et Droits de l’homme   Annonces

Gross, Égalitarisme Jacobin, Kimé

Introduction de l'ouvrage de Jean-Pierre Gross, Égalitarisme jacobin et Droits de l'homme, Paris, Kimé, 2016, 474 p.

« Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l’égalité » (Rousseau, Du contrat social, II, chap. xi)
« La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui » (Article VI de la Déclaration des droits de l’homme de 1793)

Affirmer l’idéal égalitaire des jacobins va de soi. Disciples de Rousseau, ils s’appliquèrent à éradiquer les inégalités héritées de l’Ancien Régime: si 1789 avait consacré l’égalité devant la loi, 1793 devait inaugurer l’ère de l’égalité réelle. Mais on oublie trop souvent que Rousseau, dans son projet politique, avait aussi privilégié la liberté comme « fin de tout système de législation », et que le jacobinisme, qui s’en est inspiré, s’est voulu une idéologie libérale. Cette double revendication relève du paradoxe. Liberté et égalité ne sont-elles pas a priori incompatibles? Est-il possible de maximiser l’une et l’autre simultanément? Cette incompatibilité foncière ne serait-elle pas à l’origine de la succession de crises politiques que le jacobinisme a dû traverser? Comme le souligne le philosophe Jean Baechler, plus il y a de liberté, plus l'inégalité tend vers des limites qui ne sont pas corrigées spontanément; réciproquement, si l’on essaie de pousser l’égalité, on est obligé d’empiéter sur les libertés des acteurs, puisqu’on est amené à redistribuer du pouvoir, des richesses ou du prestige. Cette « contradiction très profonde, affirme Baechler, est sans solution ». C’est sans doute la raison pour laquelle Montesquieu, confronté dans son œuvre à la même problématique, et favorable à un minimum d’ingérence, a décidé au bout du compte de donner la priorité à la liberté, celle-ci étant à ses yeux plus désirable que l’égalité, et l’inégalité lui paraissant un moindre mal que le despotisme.

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La place et le rôle du mouvement populaire dans la Révolution française   Entretiens

Série de cinq entretiens avec Florence Gauthier sur AligreFM, dans une série d'émissions qui se sont déroulées de novembre 2015 à mai 2016 autour du rôle du mouvement populaire pendant la Révolution française.

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Robespierre et la question de la guerre   Synthèses

Par Anne-Marie Coustou, professeur d'histoire-géographie

S’intéresser aux idées que défend un homme politique, et surtout un révolutionnaire, à propos de la guerre et de l’armée, c’est le meilleur moyen d’appréhender sa conception des droits des peuples et des relations des peuples entre eux, ou plutôt, comme on disait au XVIIIe siècle, du droit des gens. C’est pourquoi il est si important de connaître les idées et l’action de Robespierre dans ce domaine.
D’autre part, le problème de la guerre est au cœur des problématiques de la Révolution française car, comme toutes les révolutions, elle ne peut s’analyser comme un fait purement national, les perspectives qui s’offraient à elle étant étroitement liées avec la situation dans les monarchies européennes voisines. Or, quelle était la situation de la France par rapport à l’Europe dans les années qui ont suivi 1789 ?

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L’acteur en Révolution (1985-2015) : enjeux scolaires et perspectives épistémologiques.   Séminaire

Séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du jeudi 18 février 2016.
Marc Deleplace (Paris-Sorbonne) :
L’acteur en Révolution (1985-2015) : enjeux scolaires et perspectives épistémologiques.

Avec le soutien du CH19 – Panthéon Sorbonne/Paris Sorbonne, du CHISCO EA1587
et de l’ED395, "Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent", Paris Ouest Nanterre.

Voltaire à Ferney, une histoire de la postérité moderne   Séminaire

Séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du jeudi 19 novembre 2015.
Richard Flamein (Université de Rouen) :
"Trajectoire et condensation d'une image : la postérité de Voltaire dans la Révolution".

Avec le soutien du CH19 – Panthéon Sorbonne/Paris Sorbonne, du CHISCO EA1587
et de l’ED395, "Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent", Paris Ouest Nanterre.

1789 : les casseurs prennent la Bastille   Actuel

les casseurs prennent la Bastille

Série d'images publiées par Claude Guillon sur son blog La Révolution et nous. Présentation : "Rencontre de grands esprits épars ou inspiration directe, le thème des «casseurs» de 1789 a donné lieu à plusieurs déclinaisons sur les murs de France, et les dits «réseaux sociaux». On observera que, dans tous les cas collectés ici, la date référentielle retenue est bien 1789, et non 1793."

Voir sur La Révolution et nous ; voir la rubrique Usages militants de la Révolution

Rue Robespierre à Paris, fin et suite   Actuel

Dans le prolongement de la proposition du groupe UDI-Modem de créer un parcours « Révolution française » dans l’espace public parisien, Danielle Simonnet, conseillère de Paris (FG), a soumis au Conseil de Paris le vœu "qu'une rue, une place ou un lieu de mémoire à Paris" soit consacré à Robespierre. Cette demande appuyée par une lettre ouverte d'historiens à Anne Hidalgo, Maire de Paris, a été finalement rejetée alors que les présidents des différents groupes semblaient s'accorder sur le principe d'une mission qui en étudierait l'opportunité.

Lire le commentaire de Danielle Simonnet, voir la vidéo de son intervention

 

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