Bonnet de la liberté

Albert Mathiez, la guerre, la « dictature » et le pouvoir constituant Etudes

Par Yannick Bosc, GRHis-Université de Rouen-Normandie.

Ce texte a été publié dans L’exception politique en révolution. Pensées et pratiques (1789-1917), Michel Biard et Jean-Numa Ducange (dir.), PURH, Rouen – Le Havre, 2019, p. 175-185. Une version en a été présentée au cours de la séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du 9 novembre 2017.

Entre 1915 et 1921, face à la première Guerre Mondiale et aux Révolutions russes, Albert Mathiez publie plus de 250 articles de presse. Sa connaissance de la Révolution française l’aide à analyser les événements dont il est le contemporain, des événements qui en retour nourrissent sa réflexion sur la Révolution française, ce qui l’amène, à partir de 1917 à se demander ce qu’est la « révolution » elle-même et non plus seulement ce qu’est la Révolution française : comment se construit une nouvelle légalité, quel est le régime du droit en révolution  ou en situation de guerre, quelles en sont les normes ?

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Natural Rights and Politics in the Early Modern Period Séminaire

Séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution à la Scuola Superiore Meridionale de Naples, 2 et 3 Novembre 2023.

Présentation et programme


- Suzanne Levin and Giulio Talini, Scuola Superiore Meridionale, Napoli: Introduction: Natural Rights and Politics in the Early Modern Period.
- Davide Dainese, Università di Bologna: Objective and subjective dimensions of law: the transformation of ius naturale in the "practicals" of the 16th century.
- Susan Longfield Karr, University of Cincinnati: Between Natural Law and Human Rights: Ius Gentium in Humanist Jurisprudence.

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La deuxième exécution du capitaine Guillaume Delorme Etudes

Par Nathalie Alzas, docteur en histoire.

Guillaume Delorme (1759 ?-1795) pourrait être un de ses inconnus de l’histoire qui, à l’instar d’un Louis-François Pinagot, étudié naguère par Alain Corbin1, n’a laissé que des traces ténues dans les archives.

Mais le capitaine Delorme fait partie des personnages secondaires de la Révolution dont la situation est assez paradoxale. Il est, à la fois, une figure fugitive, évoquée en une ou deux phrases dans les histoires générales de la période, et omniprésent sous la forme d’un archétype voué aux gémonies.

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What Did “Terror is the Order of the Day” Mean in the French Revolution? En ligne

Par Suzanne Levin, Turin Humanities Programme, Fondazione 1563.

In recent years, debates about the “Terror” in the French Revolution have been enriched with several new perspectives. Despite this, the many works attempting to seek the “origins” of the “Terror” often take this inherited category for granted. Some scholars have nonetheless begun to interrogate or even deconstruct the “Terror”: Can we speak of the “Terror” as a unitary system, while recognizing its improvised and variable character?[1] Can we even evoke it as a straightforward reality, when it originated as a post-hoc ideological construct,[2] one meant moreover to discredit not only the violence and repression of 1793-1794, but also its democratic and social experimentation?[3] Might the continued usage of the chrononym “Terror” obscure more than it explains, reifying, among other myths, that of the French Revolution’s exceptionality?[4]

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Les conditions de la liberté dans une société post-aristocratique En ligne

Par Jean-Fabien Spitz, à propos de trois ouvrages de Q. Skinner, M. Plouviez, Y. Bosc & D. Casassas.

Dans ce texte, Jean-Fabien Spitz propose une recension de trois ouvrages, qui interrogent les conditions de la liberté et remettent en question la liberté « libérale », conçue comme absence d'entrave. La question des communs en découle. En effet, historiquement, les communs sont une modalité du contrôle démocratique des ressources matérielles et symboliques nécessaires à l'existence de la communauté. Sans ce contrôle, il n'y a pas de liberté possible, puisque l'on risque toujours d'être soumis à la domination de ceux qui possèdent ces ressources. Les communs sont donc une réponse politique et économique aux problématiques de la liberté, telles qu'elles sont ici présentées par l'auteur du point de vue de la philosophie politique.

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L’économie politique populaire de Robespierre Etudes

Par Yannick Bosc, Université de Rouen Normandie, GRHis.

Texte publié dans Michel Bellet et Philippe Solal (dir.), Économie, républicanisme et république, Paris, Classiques Garnier, 2019, p. 137-158.

La Révolution française occupe une faible place dans les travaux sur l ‘économie politique républicaine tels qu’ils ont été menés en histoire des idées économiques, en philosophie politique ou en sciences politiques au cours des dernières années. Quant aux Montagnards, ils sont systématiquement ignorés. Cette absence ne concerne pas seulement l’économie politique républicaine mais plus largement les problématiques du républicanisme1.

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Condillac et Mably Annonces

Conclusion de l'ouvrage de Edern De Barros, Condillac et Mably. Deux frères théoriciens d'une démocratie tempérée, Le Kremlin-Bicêtre, Mare & Martin, 2025.

En soulignant la proximité entre les pensées de Condillac et de Mably, nous avons voulu réhabiliter un dialogue intellectuel souvent négligé, et combler ainsi un vide historiographique. Mably lui-même affirme appliquer aux questions politiques et morales la méthode élaborée par son frère : cette filiation ne relève donc pas d’un simple lien familial, mais d’un véritable projet théorique commun. Tous deux partagent une méthode expérimentale fondée sur l’observation historique, visant à fonder une science politique et morale. Leur pensée ne repose pas sur un dogme, mais sur l’étude concrète du passé. Cette primauté accordée à l’expérience pourrait faire croire qu’ils réduisent l’homme à l’histoire, niant toute nature humaine. Mais, comme le souligne Ernst Cassirer, le monde historique « renferme également un principe substantiel, un élément d’être — qui n’a cependant pas le même sens que celui du monde physique »1. L’adage de Mably (« Historia vitæ magistra »), relu par Jacob Burckhardt, vise à réhabiliter l’histoire dans un siècle qui semble tout fonder sur la raison. Pour Mably, l’histoire n’est pas un simple récit : elle permet de dégager empiriquement les lois du droit naturel et les constantes d’une raison régulatrice à travers les passions humaines. Loin d’opposer histoire et nature, les deux frères les pensent comme deux dimensions complémentaires. Cassirer lui-même rappelle que « cette idée si courante que le xviiiesiècle est typiquement “anhistorique” est elle-même sans fondement historique : rien de plus qu'un mot d'ordre lancé par le romantisme contre la philosophie des Lumières »2. Il convenait donc de ne pas commencer par leurs positions politiques, parfois jugées « déconcertante »3par Éric Gojosso ou Paul Mellis, mais par leur méthode. Sans ce préalable, leurs positions républicaines apparaissent incohérentes, notamment face à la rigidité constitutionnelle du « despotisme légal » des physiocrates. La force idéologique (ou faiblesse philosophique) des Économistes tient à leur théologie matérialiste, fondée sur l’évidence du droit de propriété et formulée en langage arithmétique. La faiblesse idéologique (ou force philosophique) des républicains, au contraire, repose sur l’absence d’orthodoxie : le bien commun reste ouvert au doute et à la délibération. C’est ce refus de la certitude dogmatique que redoutent les physiocrates, hostiles à toute forme républicaine. À l’opposé du « despotisme légal », la « démocratie tempérée » de Condillac et Mably ne propose pas un modèle rigide, mais un idéal régulateur, adaptable aux circonstances. Tantôt favorable à la démocratie, tantôt à une monarchie modérée, leur pensée vise toujours un équilibre entre liberté et ordre, en fonction des mœurs concrètes. Ce pragmatisme explique les malentendus historiographiques qu’ils suscitent. Leur approche psychologique de la république éclaire enfin leur théorie de la souveraineté, de la séparation des pouvoirs et du régime mixte adapté au monde moderne.

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L'Esprit des Lumières et de la Révolution 2025-2026 Séminaire

Programme 2025-2026 du séminaire de recherche animé par Marc Belissa, Yannick Bosc, Marc Deleplace, Florence Gauthier et Suzanne Levin.

Le séminaire se tiendra à distance, par visioconférences. Si vous souhaitez y participer, contactez-nous : redaction@revolution-francaise.net. Les séances se tiendront le jeudi de 18h à 20h.

- 18 décembre : Edern de Barros (Université de Mayotte), La démocratie en France sous l'Ancien régime : une controverse à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

- 15 janvier : Yannick Bosc et Emmanuel Faye (Université de Rouen-Normandie), « Terreur, tolérance, violence. Dictionnaire politique portatif » de Jean-Pierre Faye.

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