Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Commerce, propriété et liberté chez Mably   Séminaire

Séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution du 8 avril 2021.
Intervention de Julie Ferrand (GATE-Saint-Etienne) :
Commerce, propriété et liberté dans Du gouvernement et des Lois de la Pologne
de Gabriel Bonnot de Mably.

Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire   Annonces

 Belissa et Bosc, Le Consulat de Bonaparte

Introduction de l'ouvrage de Marc Belissa et Yannick Bosc, Le Consulat de Bonaparte. La fabrique de l’État et la société propriétaire (1799-1804), Paris, La Fabrique, 2021, 282 p.

Code civil, Légion d’honneur, Cour de cassation, préfets, sous-préfets, Code de procédure civile, lycées, académies, recteurs, Code de commerce, Conseil d’Etat, Chambres de commerce, Banque de France… Toutes ces institutions, juridictions et codifications nous sont familières et font partie du vocabulaire et des pratiques de la société française de la Cinquième République. Elles ont été également présentes pendant toute l’histoire de la France aux XIXe et XXe siècles. Or ces institutions, juridictions et codifications ont été soit créées, soit refondées ou redéfinies, pendant une courte période d’un peu moins de cinq années du 9 novembre 1799 (le 18 Brumaire an VIII) au 18 mai 1804 (le 28 Floréal an XII) — du coup d’Etat par lequel Bonaparte s’empare du pouvoir à la proclamation du Premier Empire — période à laquelle les historiens donnent le nom de Consulat. Bien entendu, le Code civil ou les institutions que nous venons d’énumérer ont évolué depuis plus de deux siècles et ne sont plus identiques à ce qu’elles étaient quand elles ont été définies par Bonaparte et son équipe de collaborateurs mais la conception de la propriété privée du Code civil de 1804 est encore la nôtre et les bases de l’Etat centralisé en France ont été posées dès 1800. Le Consulat est donc bien le moment de la fabrique de l’État contemporain et de la société propriétaire dans laquelle nous vivons encore aujourd’hui.
Pourtant, cette période est peu connue de nos contemporains en dehors du cercle très restreint des historiens universitaires et de celui un peu plus large des « napoléonolâtres ». Pour le grand public, la période du Consulat se limite bien souvent à la figure de Bonaparte (et éventuellement à celle de Fouché ou de Talleyrand) et à quelques images qui se sont imposées dans la « mémoire nationale », comme celle que David a donnée en 1803 de Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard ou celle du « sacre » de Napoléon Ier à Notre-Dame de Paris (le tableau est peint entre 1805 et 1807).

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Séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution 2021-2022   Séminaire

Programme 2021-2022 du séminaire de recherche animé par Marc Belissa, Yannick Bosc, Marc Deleplace et Florence Gauthier. Le séminaire se tiendra à distance, par visioconférences. Si vous souhaitez y participer, contactez-nous : redaction@revolution-francaise.net. Les séances se tiendront le jeudi de 18h à 20h.

- 18 novembre : Edern de Barros (Paris-Nord), Le régime mixte chez Mably et Condillac. L’histoire contre le despotisme légal des Économistes.
- 16 décembre : Marc Belissa (Nanterre) et Yannick Bosc (Rouen), Le Consulat, la fabrique de l’État et la société propriétaire.
- 20 janvier : Thomas Perroud (Paris II), Les usages juridiques de la loi d’Allarde aux XIX et XXe siècles.
- 17 février : Alberto Ribeiro G. de Barros (São Paulo), Vertu et Richesse chez Harrington.
- 31 mars : Jean-Baptiste Budjeia (Lille III), La société des Antipolitiques d’Aix.
- 14 avril : Florence Gauthier (Paris-Diderot), La politique d’assimilation est-elle une notion républicaine ? Exemple de son histoire du XVIIe au XIXe siècles en France.
- 12 mai : Jacques Guilhaumou (CNRS), Sieyès lecteur de Condillac et critique de « l'école de Condillac ».
- 2 juin : Suzanne Levin (Naples), La République de Prieur de la Marne. Défendre les droits de l'homme en état de guerre, 1792-an II.

"Ghosts of Amistad: In the Footsteps of the Rebels"   En ligne

Ce film documentaire, réalisé par Tony Buba et produit par Marcus Rediker, est basé sur le livre de Rediker, "The Amistad Rebellion: An Atlantic Odyssey of Slavery and Freedom" (Penguin, 2012). Le film raconte un voyage en Sierra Leone en 2013 pour visiter les villages d'origine des rebelles qui ont capturé la goélette esclave « Amistad » en 1839, pour interviewer des anciens sur la mémoire locale de l'incident à travers la tradition orale, et pour rechercher les ruines perdues de Lomboko, l'usine de traite négrière où commença le cruel voyage transatlantique. Les cinéastes s'appuient sur les connaissances des villageois, des pêcheurs et des camionneurs pour retrouver l'histoire perdue "from below" dans la lutte contre l'esclavage et pour restaurer la mémoire populaire de la traite négrière atlantique.
"Ghosts of Amistad" a été créé au Three Rivers Film Festival en 2014 et a fait partie de la sélection officielle de six autres festivals, dont le Pan African Film Festival et le New York African Film Festival. Le film a reçu le prix du film John E. O'Connor de l'American Historical Association en tant que meilleur documentaire historique de 2015. Il a été projeté dans le monde entier - à Paris, Londres, Amsterdam, Bologne et aux États-Unis. On peut le visionner en version originale avec des sous-titres français surYouTube.

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Colloque Henri Guillemin. L'enseignement de l’Histoire en péril   Annonces

Enseignement de l’Histoire en péril, Histoire politique, littéraire, économique.
PARIS – 6 NOVEMBRE 2021
ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE (ENS) SALLE JEAN JAURES
24, RUE LHOMOND 75005 PARIS

Programme et inscriptions

Le Parcours Révolution de la Mairie de Paris   Outils

La Ville de Paris propose de parcourir le Paris de la Révolution française à travers les traces encore visibles et les nombreux symboles de cette période. Le Parcours Révolution entend amener à la découverte de 16 quartiers et plus de 120 lieux liés à la Révolution. Les textes ont été rédigés par Guillaume Mazeau pour le XVIIIe siècle et par Jean-Claude Caron pour le XIXe siècle.

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Que les révolutions sont belles… quand les insurrections populaires sont écrasées !   Actuel

Par Marc Belissa, Université Paris Nanterre.

« Vouliez-vous une révolution sans révolution ? (…) Qui peut marquer après coup, le point précis où devraient se briser les flots de l’insurrection populaire ? » Robespierre, 5 novembre 1792

Le 10 août 2021, les lecteurs du Monde ont pu découvrir, sous la plume du journaliste Antoine Reverchon, un exercice d’histoire contre-factuelle, intitulé « Et si, le 10 août 1792, l’émeute des sans-culottes avait été écrasée ? ».

Rappelons que l’histoire contre-factuelle (et non « l’uchronie » comme l’écrit l’article) a pour but de réfléchir aux problèmes de la causalité historique et de comprendre les mécanismes dynamiques des événements. Pour cela, il est indispensable d’avoir une vision à peu près claire des enjeux et des rapports de force à l’instant où l’on pense la divergence entre ce qui s’est passé et ce qui aurait pu se passer et surtout d’éviter les préjugés sur ce qui aurait « dû » se passer.

Le journaliste du Monde imagine donc que les Suisses du palais des Tuileries, aidés par les gardes du corps du roi et les membres de la Garde nationale soldée, réussissent à massacrer la troupe des insurgés parisiens et des fédérés des départements. À midi, « l’insurrection est matée ». Selon ce récit alternatif, les Girondins « décident de l’occasion pour se débarrasser des ultras de la cour apparemment triomphants et des sectionnaires ». Encore faudrait-il qu’ils en aient eu les moyens politiques mais pourquoi pas… mais là où l’on rentre dans « l’alternative » très alternative, c’est qu’Antoine Reverchon imagine un accord entre Robespierre, Danton et Vergniaud pour suspendre Louis XVI et imposer Dumouriez comme tuteur du prince royal. Robespierre, c’est bien connu, étant un opportuniste, se rallie donc à cette situation constitutionnelle.

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Les origines du droit au travail en France (1789-1848)   Annonces

 Pablo Scotto, Los orígenes del derecho al trabajo en Francia

Nous publions ici une traduction en français de la conclusion de l'ouvrage de Pablo Scotto, Los orígenes del derecho al trabajo en Francia (1789-1848), Madrid, CEPC, 2021. Lire la conclusion, la préface et l'introduction en castillan. Voir la présentation sur le site de l'éditeur.

Le droit au travail : d’hier à aujourd’hui

Le langage des droits

Le droit au travail jouit aujourd’hui d’une large reconnaissance juridique. Malgré cela, c’est un droit dont on parle peu et qui reste, pour ainsi dire, à l’arrière-plan, au point que certains juristes et philosophes ont affirmé qu’il ne constitue pas un véritable droit. À mon avis, cela est dû — entre autres raisons — à la manière dont le discours des droits a été ravivé après la Seconde Guerre mondiale. Entre 1789 et 1848, les droits ont suscité de grandes passions. Pendant la Révolution française, ils sont devenus synonymes de radicalisme politique, de démocratie, de terreur, d’anarchie. En fait, à la fin de ce grand bouleversement, l’un des principaux objectifs des contre-révolutionnaires était de combattre et de reformuler ce type de langage. Quelque chose de similaire s’est produit lors de la Révolution de 1848, bien que sous une forme plus courte. Certains droits, et en particulier le droit au travail, sont devenus synonymes de socialisme, de communisme, d’attaque contre la propriété, d’anarchie. Une fois le mouvement ouvrier parisien vaincu, les droits les plus encombrants ont été éliminés de la Constitution, et le langage même des droits a été subordonné à un autre fondé sur les devoirs.
Dans les deux cas, le renoncement au langage des droits était dû au fait qu’il était utilisé, ou pouvait être utilisé, pour dénoncer et renverser les privilèges des classes dominantes. Non seulement ceux des classes dirigeantes dont le pouvoir reposait sur le passé, mais aussi ceux des classes qui dirigeaient la révolution. Dans le cas de la Révolution française, les droits ont commencé à servir non seulement à critiquer le clergé et la noblesse, mais aussi la nouvelle « aristocratie des riches », et c’est alors qu’ils ont été éliminés. La même chose s’est produite en 1848 : à un certain moment, ils les droits ont servi non seulement à réclamer une ouverture contrôlée du régime politique, mais ont été associés à l’idée qu’il fallait étendre l’égalité politique, récemment obtenue, à la sphère du travail. Et c’est alors qu’ils ont été éliminés.

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Sieyès. La sensation, l’action et le moi.   Séminaire

La sensation, l’action et le moi. Réponse de Jacques Guilhaumou à Christine Fauré.

Ayant participé à la publication des manuscrits de Sieyès sous la direction de Christine Fauré, je tiens d’abord à m’excuser de mon absence pour des raisons impératives à ce séminaire sur Sieyès. C’est toujours un plaisir de dialoguer avec Christine Fauré sur un auteur, Sieyès, à propos duquel nous avons souvent échangé pendant son édition des manuscrits de Sieyès en deux volumes chez Champion.
En fin d’exposé Christine Fauré m’interpelle de manière critique sur un point. Elle considère, si j’ai bien compris, que je ne mets pas assez l’accent sur l’importance de Condillac chez Sieyès dès ses premiers écrits manuscrits, attitude paradoxale dans la mesure où j’ai présenté et transcrit le Grand Cahier métaphysique, manuscrit de jeunesse de Sieyès (1773) centré en grande part sur la lecture du Traité des sensations de Condillac. Après avoir précisé ce qui lie Sieyès à Condillac, le couple sensation-action, et sa conséquence, l’absence chez Sieyès d’une approche du sujet en terme empirico-transcendantal, elle identifie la cause de ma démarche dans le fait que j’aurais une approche kantienne de Sieyès.

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Sieyès était-il rousseauiste ? Réponse critique à Jonathan Israël   Etudes

par Christine Fauré, directrice de recherche émérite au CNRS.

La panthéonisation de Jean-Jacques Rousseau, le 20 vendémiaire l’An III (11 octobre 1794), célèbre l’héritage de l’auteur du "Contrat Social" qui traversa toute la Révolution. C’est un pic de reconnaissance.
Jonathan Israël, dans un ouvrage de près de 1000 pages sur les idées révolutionnaires (1) , cherche dans un premier temps à évaluer ce rousseauisme révolutionnaire décidément trop vague :

« Une grande variété d’acteurs de tous bords adorait Rousseau, de la portraitiste… Élisabeth Vigier le Brun (qui détestait la Révolution) au catholique révolutionnaire Fauchet, jusqu’à Robespierre et Saint-Just… Rousseau était le héros, tant de la droite que de la gauche, il acquit un prestige d’une ampleur sans pareille » (2).

À travers le défilé des grandes voix de la Révolution, Jonathan Israël tente de nuancer cette approche. C’est ainsi que Brissot (p. 81), Marie-Josèphe Chénier (p.84) (3), Nicolas Bergasse, passent sous le radar du Rousseauisme. Mais peut-on étendre ce Rousseauisme tout azimut à l’abbé Sieyès ? Jonathan Israël constate que la rhétorique des débuts de la Révolution trouve son lexique dans les premiers essais de l’abbé Sieyès : Essai sur les privilèges, Qu’est-ce que le Tiers-État ?, Vues sur les moyens d’exécution, Reconnaissance et exposition raisonnée des droits de l’homme… . « Sans être tout à fait Rousseauiste, Sieyès emprunte néanmoins à Jean-Jacques certaines expressions » écrit Jonathan Israël de manière évasive sans se lancer dans une identification précise de ces fameuses formules.

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Pourquoi, comment et par qui Bartolomeo de las Casas a-t-il été calomnié ?   Séminaire

Séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution du 25 mars 2021.
Intervention de Florence Gauthier (Paris Diderot) :
Pourquoi, comment et par qui Bartolomeo de las Casas a-t-il été calomnié ?

Sieyès était-il rousseauiste ? Réponse critique à Jonathan Israël   Séminaire

Séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution du 11 février 2021.
Intervention de Christine Fauré (CNRS) :
Sieyès était-il rousseauiste ? Réponse critique à Jonathan Israël.

Kant, penseur centriste et merkélien ?   Actuel

Par Lucien Calvié, Université Toulouse II - Jean Jaurès.

Angela Merkel devant quitter la Chancellerie fédérale allemande en septembre 2021, après seize ans de pouvoir, à l'occasion des élections au Bundestag, on peut tenter de caractériser l'idéologie qui a sous-tendu sa politique. Pour cela, on peut partir des commentaires élogieux, dont celui du Président des États-Unis Obama, qui, en 2015, ont suivi sa décision d'ouvrir sans restriction les frontières de son pays aux réfugiés en provenance d'États, dont la Syrie, en proie à des troubles et guerres civiles mêlés d'ingérences étrangères. Cela pouvait sembler très difficile, d'où le fameux « Wir schaffen das ! » (« On y arrivera » ou « ça va se faire ! » ), très allemand de ton dans son assurance de bien faire ce qu'il faut faire. Merkel aurait ainsi « sauvé l'honneur » de l'Europe. Et les commentateurs d'estimer que la Chancelière s'était montée la digne fille de son pasteur de père et de qualifier de « kantienne » la leçon de morale donnée au monde. En 2019 encore, Merkel fut louée d'avoir fait de l'Allemagne « une nation kantienne hissée au-dessus d’elle-même », alors que, dès le début 2016, la main-d’œuvre voulue ayant été sélectionnée par une économie allemande en manque de bras et de compétences et les frontières allemandes s'étant refermées, la plupart des éloges avaient disparu lorsqu'on s'était rendu compte qu'un surplus de réfugiés, ou supposés tels, se retrouvait parfois, hors d'Allemagne, dans des foyers d'accueil ou autres lieux moins contrôlables.
Qu'en est-il de la filiation Kant-Merkel ?

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Napoléon-mania dans les JT   Actuel

Le bicentenaire de la mort de Napoléon, le 5 mai 1821, a fait l’objet d’une quinzaine de reportages dans les journaux télévisés de France 2 et de TF1. Sur les deux chaînes, le traitement médiatique se résume à deux angles : des reportages « consommation » (axés notamment sur les collectionneurs et des tenanciers de magasins de souvenirs) et des sujets marqués par le « culte de la personnalité ». Le rétablissement de l’esclavage (entre autres) est rarement évoqué. Et quand il l’est, le fait est minimisé, pour ne pas dire… revisité. En résumé, c’est une vision « commerciale » du personnage qui domine, et une contribution médiatique à l’écriture d’un « roman national » par le haut, sans recul critique.

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Faut-il « cancel » Napoléon ?   Actuel

Chronique "Ouvrez les guillemets" sur Mediapart, 10 mai 2021 : " Emmanuel Macron voulait une commémoration mesurée et équilibrée, beaucoup ont malgré tout trouvé l’hommage à Napoléon Ier, à l’occasion du bicentenaire de sa mort, particulièrement appuyé, pour ne pas dire enthousiaste. Bien sûr, il y eut des débats mais le mal est fait : le président de la République s’est bel et bien lancé dans un éloge verbeux de l’empereur, auteur du coup d’État du 18 brumaire et fossoyeur des libertés publiques.
Peut-on voir dans cet épisode mémoriel davantage qu’un simple éloge de la « volonté politique » ? À l’heure où d’autres militaires s’emploient à peser sur la politique de ce pays, il serait peut-être en effet temps de s’interroger sur le sens d’un tel hommage."

 

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