Bonnet de la liberté

2016

An apology for French republicanism Actuel

Par Olivier Tonneau, Homerton College, Cambridge

When the attacks of 13 November in Paris are used by the French government to criminalize activists and protesters, when fear is pushing its population deeper into the arms of the Front National, and when the radical Left has almost disappeared from the political landscape, can one retain any hope that the country will find the necessary resources to be true to its ideals? The answer I receive from most of the Anglo-Saxon world is ‘no’. Indeed, I hear, the ideals are themselves part of the problem: France’s self-representation as the beacon of the Rights of Man has hidden for too long the true nature of its society. ... The terrorist attacks suffered by France this year were thus largely perceived as a predictable consequence of religious tensions generated by French republicanism.
I cannot accept this analysis and will go so far as to make the reverse claim: not only do I refuse to give up on France’s revolutionary heritage, I even count on French postcolonial citizens to preserve it from the steady ideological degradation of the overall population. I may be deluded by my attachment to the Revolution, but my hopes are not entirely without reason.

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Retrouver la Révolution Actuel

Leslie Kaplan, Mathias et la Révolution, P.O.L

Sur Médiapart, entretien autour du dernier roman de Leslie Kaplan, Mathias et la Révolution, P.O.L, 256 p. Extraits :

"L’Histoire ne s’impose pas avec des formes établies, naturelles : ce sont les hommes qui font l’Histoire, même si nous ressentons tous aujourd’hui l’impression que rien ne va plus, que nous sommes à bout et au bout d’un système, d’une civilisation. D’où la nécessité d’un changement du cadre de pensée. Voilà pourquoi je me suis intéressée à ce grand changement de cadre de pensée que fut la Révolution française. On est alors passé de l’acceptation des sujets soumis aux privilèges à un refus d’une telle inégalité, jugée anormale. Nous y revoilà, face à la domination exercée par le capitalisme néolibéral, qui se promeut en horizon indépassable. Alors comment ? Tout le monde cherche, c’est précisément ce que décrit mon livre…"
"L’idée de ce roman est née de la réédition de La Révolution française d’Albert Mathiez, en 2012. Je l’ai alors relu, retrouvant l’enthousiasme ressenti lorsque j’étais étudiante. Je me suis mise à lire Robespierre et Saint-Just, découvrant chez eux, par-delà les formules impressionnantes, l’incroyable force des mots. Et j’ai eu envie que ces mots, oubliés ou dont nous n’avons jamais eu connaissance, vivent à nouveau, pour tout le monde. L’écrivain œuvre à redonner de la densité au langage et rien n’était plus exaltant que d’organiser la circulation d’une telle parole parmi des personnages, ici et maintenant. Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, que tout le monde ne soit pas d’accord : il y a un colleur d’affiches d’extrême droite, une mère raciste attendant son enfant à la porte de l’école, ou encore un membre de l’Académie française, qui ne voient pas du tout les choses comme Mathias…
Oui, j’ai ressenti une grande jubilation à offrir en partage cette langue révolutionnaire, qui pourrait être parmi nous, qui devrait être parmi nous."

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L'avenir de l'Institut d'histoire de la Révolution française en débat Actuel

Le devenir de l'Institut d'Histoire de la Révolution française a suscité plusieurs prises de position publiques, dont celle Pierre Serna, actuel directeur de l'IHRF, Jean-Clément Martin, ancien directeur, de membres de la direction de la Société des Études Robespierristes et de l'historien et blogueur Claude Guillon. Le journal "L'Humanité" a également publié un entretien avec Michelle Vovelle, ancien directeur de l'IHRF.

Lire les contributions de Pierre Serna, des membres de la SER et de Claude Guillon, la contribution de Jean-Clément Martin, l'entretien avec Michel Vovelle.

Terreur, vertu, amitié, authenticité Recensions

Marisa Linton Choosing Terror

A propos de l'ouvrage de Marisa Linton, Choosing Terror. Virtue, Friendschip and Authenticity in the French Revolution, Oxford University Press, 2015, 323 pages.

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS/Université de Lyon

« Existe-t-il, relativement à l’authenticité de l’expression des sentiments, un jugement de « spécialiste » ? (...) ‘L’authenticité d’une expression ne peut être démontrée, elle doit être ressentie’ -Soit -, mais que fait-on de l’authenticité, une fois celle-ci reconnue ? » (Ludwig Wittgenstein, Recherches philosophiques, Paris, Gallimard, 2004, p. 318)



Auteure d’un précédent ouvrage, paru, en 2001, sur The Politics of Virtue in Enlightenment France, Marisa Linton nous propose présentement un étude particulièrement originale sur les pratiques discursives des dirigeants du Club des Jacobins à Paris entre 1789 et 1794. De manière plus précise, son objet de recherche porte sur l’authenticité du langage politique propre au jacobinisme, ce que j’appelle le savoir politique jacobin, dans ses liens avec les circonstances historiques. A ce titre, Marisa Linton se considère comme une historienne du discours, tout en insistant fortement sur son orientation contextualiste. En effet, elle précise d’emblée les enjeux de son investigation dans les termes suivants : « In this book, I have investigated the relation between revolutionary ideas and the actuel practice of politics. I have tried to retain a sense of how people chose to use the language » (p. 15, c’est nous qui soulignons). Comment faut-il entendre une telle référence aux choix individuels, peu fréquente dans l’historiographie de la Révolution française ? En quoi permet-elle d’élaborer une méthode nouvelle d’approche du discours jacobin ?

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Le prince, le tyran, le despote Annonces

Le colloque "Le prince, le tyran, le despote : figures du souverain en Europe de la Renaissance aux Lumières 1500-1800" organisé par Myriam-Isabelle Ducrocq (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense - CREA), Laïla Ghermani (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense - CREA), Anne-Marie Miller Blaise (Université La Sorbonne Nouvelle Paris 3 – PRISMES) et Alexandra Sippel (Université Toulouse Jean Jaurès – CAS) se tiendra le 22 et le 23 Janvier 2016 à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense : le vendredi 22 janvier salle René Rémond (B015), Espace Recherche, bâtiment B ; le samedi 23 janvier Salle des conférences, Espace Recherche, bâtiment B. Présentation et programme :

« J’ai dit que la nature du gouvernement républicain est que le peuple en corps, ou de certaines familles, y aient la souveraine puissance : celle du gouvernement monarchique, que le prince y ait la souveraine puissance, mais qu’il l’exerce selon les lois établies : celle du gouvernement despotique, qu’un seul y gouverne selon ses volontés et ses caprices. » (Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1758, livre III, chap. II)

Au XVIe siècle, les rois de France et d’Angleterre affirment leur autorité face aux prétentions impériales du Pape et de Charles Quint. Puis, c’est au tour des sept provinces du nord de réclamer leur indépendance à Philippe II : la République des Provinces Unies est proclamée en 1581. Dans ce contexte d’unification des Etats territoriaux, les théoriciens légitiment le pouvoir absolu du prince, et formulent la notion de souveraineté. Au lendemain de la Saint Barthélémy, Jean Bodin la définit comme « la puissance absolue et perpétuelle de la République » : ses thèses sont traduites en latin et lues sur tout le continent. La souveraineté désigne donc le moyen par lequel la République peut se défendre des menaces externes, mais aussi des conflits internes : révoltes de la paysannerie, de l’aristocratie, guerres de succession et de religion.

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