Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

La Révolution française.   Annonces

Par Jean-Clément Martin, IHRF-Université de Paris I

idées reçues révolution française

Introduction à l'ouvrage de Jean-Clément Martin, La Révolution Française, collection "Idées Reçues", Paris, Le Cavalier Bleu, 2007, 126 pages.

Et si la Révolution française n’était, aujourd’hui, que des idées reçues impossibles à changer ? La question n’est pas seulement une provocation. Peut-on raisonnablement penser que la connaissance historique puisse changer quoi que ce soit à la mémoire qui « sait » que la Bastille a été une forteresse féodale prise par le peuple, que la mort de Louis XVI signifie la fin de la royauté, que les églises ont été dévastées, que les nobles ont été persécutés … La liste est longue de toutes ces certitudes héritées des conversations familiales, des plaisanteries collectives ou des manuels scolaires, qui fondent des jugements sur la Terreur, la Vendée, Robespierre, … selon des appartenances familiales et régionales. L’exemple de Charlotte Corday, sainte dans les traditions historiographiques anglo-américaines, devenue héros de manga au Japon, est un de ces cas limites, où quoi que l’historien fasse, quels que soient les textes qu’il étudie, les preuves qu’il accumule, les légendes qu’il pourfend vaillamment et inutilement, rien ne changera, au moins de son vivant. L’historiographie de la Révolution possède d’innombrables érudits qui se sont attaqués, chacun à leur tour, aux racontars et aux mensonges, aux inventions et aux oublis, avec d’ailleurs plus ou moins de bonne foi. Qui ont-ils convaincu sinon les convaincus d’avance, partisans de leurs idées, amis de leurs amis et ennemis de tous les autres ?

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La « révolution moderne » de l’artifice politique (16ème-19ème).   Recensions

Par Jacques Guilhaumou, UMR « Triangle », CNRS/ENS-LSH Lyon.

Marcel Gauchet propose, en quatre volumes, une réflexion originale sur L’avènement de la démocratie (1), dans la continuité de son précédent ouvrage sur Le Désenchantement du monde (2) où il s’agissait de mettre en évidence l’emprise du religieux dans l’histoire des sociétés humaines, et la lente désintrication du religieux et du politique au fil des siècles. Le premier volume est titré La révolution moderne : il précède un second volume sur La crise du libéralisme. Il apparaît alors comme une sorte de prologue relatif aux multiples révolutions de la modernité, entre 1492 et 1880. Marcel Gauchet les regroupe sous la désignation de « révolution moderne », au titre de la dynamique politique qui impose progressivement l’autonomie comme la forme politique dominante d’organisation, c'est-à-dire « la révolution de l’autonomie ».

Ainsi se précise, par étapes, « une configuration inédite de l’être-ensemble », que l’auteur rapporte à « cette part structurelle et inconsciente du fonctionnement de la démocratie des modernes », où la religion n’est plus le contenu dominant, mais dont la forme persiste, quitte à resurgir de diverses manières, à différentes époques. Il s’agit donc de « dégager les composantes spécifiques du monde désenchanté qui émergent au fils de ce parcours, dans l’ordre politique, dans l’ordre juridique et dans l’ordre historique » (p. 10).

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Franklin à Paris   Annonces

franklin

A l'occasion du tricentenaire de la naissance de Benjamin Franklin, deux expositions sont organisées à Paris : au Musée des Arts et Métiers du 5 décembre 2007 au 30 mars 2008 et au Musée Carnavalet jusqu'au 9 mars. Au Musée des arts et métiers seront évoquées ses activités d’imprimeur et d’éditeur, son engagement civique et ses découvertes scientifiques et techniques. Le musée Carnavalet présentera sa mission diplomatique à Paris entre 1776 et 1785, et l’influence de ses idées sur la Révolution française.

"Rencontre axée sur son autobiographie" à la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand (petit auditorium) le jeudi 17 janvier, 18h30-20h : Les manuscrits de l'autobiographie de Benjamin Franklin (par James N. Green, Library Company of Philadelphia), La publication de l'autobiographie de Franklin à Paris, 1791-1828 (Par Peter Stallybrass, Annenberg Professor in Humanities, University of Pennsylvania), La place de Paris dans la vie de Benjamin Franklin et son rôle posthume dans la Révolution française (Par Roger Chartier, professeur au Collège de France et Annenberg Visiting Professor, University of Pennsylvania).

Les femmes entre communautés traditionnelles et associations politiques   Synthèses

Par Martine Lapied, UMR « Telemme », Université de Provence.

La démarche présentée se fonde sur des recherches menées dans le Sud-est, elle voudrait montrer comment un questionnement local, à partir d’enquêtes de terrain, permet de répondre à une problématique générale sur la place des femmes dans l’espace public, des communautés d’Ancien Régime aux associations politiques de la Révolution. Le rôle des femmes dans la vie politique locale, leur intégration dans les luttes pour le pouvoir est analysé à partir de dépouillements effectués dans les archives du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône et des Basses Alpes.

Ces sources permettent de s’interroger successivement sur la place réelle que pouvaient occuper les femmes dans la communauté traditionnelle d’Ancien Régime ; sur les façons dont elles prennent part aux associations politiques révolutionnaires à travers les clubs de femmes, le rôle qu’on leur attribue dans les clubs mixtes, leur place dans les sections ; et enfin, sur leur place dans les réseaux contre-révolutionnaires.

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Elitisme et valeurs républicaines : la France, une société thermidorienne ?   Actuel

Dans le dossier d'Alternatives Economiques de janvier 2008 : "En ce début 2008, la France déprime de nouveau. Depuis un quart de siècle, elle broie du noir de façon quasi permanente. Davantage que la plupart de ses voisins. A quoi tient ce spleen? Au coeur de ce malaise se trouve probablement la schizophré­nie croissante entre une société, restée au fond très élitiste et inégalitaire, et les valeurs républicaines d'égalité, censées fonder l'identité du pays depuis la Révolution de 1789. Des inégalités qu'une intervention publique, pourtant de grande ampleur, parvient de moins en moins à corriger."

21 décembre 2007 : travailleurs sans-papiers à Matignon   Actuel

Après moi, le déluge. Sieyès et le futur de la représentation en 1789.   En ligne

Dans son dernier ouvrage, Before the Deluge : Public Debt, Inequality, and the Origins of the French Revolution (Princeton University Press, 2007, voir le site de l'éditeur), Michael Sonenscher s’intéresse à la vision du futur des penseurs du 18ème siècle, en connexion avec la pensée politique de la Révolution française. Il accorde, dans l'introduction, une grande place à Sieyès et à son idée de gouvernement représentatif, alors qu’il avait publié antérieurement un recueil de Political Writings (Hackett Publishing Company, 2003) de ce penseur dont H-France a rendu compte sous la plume de Paul Cheney.

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Grégoire sous la Législative : garantir la loi pour garantir la Révolution   Commentaires

Par Sandrine Bouché, ICT-Université Paris 7 Denis Diderot

Commentaire du Discours prononcé dans l’église cathédrale de Blois en présence des corps administratifs, tribunaux, garde nationale et troupes de ligne, pour Jacques Guillaume Simonneau, maire d’Etampes, assassiné le 3 mars 1792 pour avoir défendu la loi, par M. Grégoire, évêque du département de Loir-et-Cher. Ce texte a été réédité en 1977 dans le tome 4 des Œuvres de l’Abbé Grégoire rassemblées par Albert Soboul aux éditions Edhis. L’édition originale publiée en 1792 est disponible sur le site Gallica de la BNF

Grégoire prononce ce discours dans la cathédrale de Blois en tant qu’évêque. Depuis son élection en février 1791, il profite de cette fonction pour multiplier les lettres pastorales comme autant de tribunes dédiées à la voix de la révolution. Ce discours prononcé à l’occasion d’une cérémonie d’hommage funèbre est le premier des deux que nous lui connaissions en tant qu’évêque, le second étant celui en hommage aux morts du 10 août 1792. Grégoire s’adresse à un auditoire éclectique de personnalités locales des corps administratifs, judiciaires et militaires (1). Il fait l’éloge de Simonneau, le maire d’Etampes, une commune distante d’environ 130 km de Blois, tué le 3 mars 1792 lors d’une émeute populaire réclamant la taxation des denrées. Depuis le mois de février 1792, la Beauce était en proie à des émeutes sur les marchés et de taxations populaires liées à l’instauration de la liberté illimitée du commerce par le décret de l’Assemblée constituante du 29 août 1789 (2). L’inflation des prix de toutes les denrées alimentaires due à leur rareté et surtout à une spéculation financière sur celles-ci, déclencha des émeutes populaires pour mettre en vigueur la taxation. À Etampes, un des plus grands marchés de la Beauce, Simonneau voulut résister à des paysans venus taxer les denrées. Il proclama la loi martiale, une rixe éclata et il fut tué de deux coups de fusils (3).

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Usurpation de la souveraineté   Actuel

Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, écrit à propos du projet de « traité modificatif » européen : "Une question fondamentale se pose dès lors : comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté l’intégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions qu’il contenait au motif que celles-ci « n’auraient pas fait l’objet de contestations » ? (...) Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup d’Etat ? Le texte de la très populaire Constitution de 1793 n’y allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l’instant mis à mort par les hommes libres ». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française, il convient de s’y conformer et de se tourner plutôt vers l’article 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de l’actuelle Constitution, range aussi la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de l’homme."

Lire le texte sur le site du Collectif du 29 mai

TomPaine.com(mon sense)   Actuel

Extrait du "qui sommes-nous ?" : "TomPaine.com is an online public affairs journal of progressive analysis and commentary. Every weekday, we go beyond the news to deliver well-informed, provocative and credible progressive perspectives on the pressing issues affecting the nation and the world. TomPaine.com combines depth with immediacy to equip progressives to compete effectively in the 21st century’s marketplace of ideas.

TomPaine.com was founded in 1999 by John Moyers in conjunction with a series of hard-hitting opinion page ads in The New York Times. We take our inspiration from Thomas Paine—the revolutionary thinker and activist known for his incisive, biting commentaries. His most famous pamphlet, Common Sense , mobilized public opinion in support of the American Revolution. Widely available and written in powerful and accessible prose, the pamphlet appealed to a broad cross section of people, from farmers to bankers. Invoking the democratic spirit, Paine famously argued that "the cause of America is in a great measure the cause of all mankind"."

La propagande sectionnaire à Marseille en 1793.   Epistémologie

Approche sémiotique d’un parcours communicationnel

par Jacques Guilhaumou, UMR "Triangle", ENS-LSH Lyon

Dans notre enquête historique sur le républicanisme à Marseille, nous avons montré que cette ville était le théâtre tout au long de l’année 1793 d’expériences républicaines inédites, tant de la part des jacobins radicaux que des républicains modérés, qualifiés par la centralité législative détenue par la Convention de « fédéralistes ». Plus récemment, nous avons actualisé cette recherche par diverses études republiées dans la rubrique Dossiers autour du thème du pouvoir communicationnel à Marseille pendant la Révolution française. La plus originale de ces expériences communicatives sur le terrain des identités politiques, ou du moins la moins connue, demeure le mouvement sectionnaire du printemps-été 1793 dont Alessi Dell’Umbria, dans son récent livre sur l’Histoire Universelle de Marseille (2006) a pu faire, à partir de nos travaux, un modèle de démocratie de quartier, c’est-à-dire de démocratie locale basée sur le droit du peuple à l’insurrection contre la tyrannie du pouvoir exécutif, incarnée alors par la Convention Montagnarde. S’il en vient ainsi à mettre en cause, par contraste avec une telle expérience de démocratie directe, l’universalité abstraite des idéologues jacobins, et son pendant, le culte quasi-religieux de l’Etat-Nation, nous retenons plutôt de son analyse de la démocratie sectionnaire l’accent mis sur une manifestation de souveraineté locale « d’où part et revient sans cesse l’universel ».

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Adresse d’un Sans-Culotte de la section 13 de Marseille   Textes

LE PEUPLE EST SOUVERAIN. PERSONNE NE PEUT LUI RAVIR SA SOUVERAINETE ; IL NE PEUT PAS MÊME Y RENONCER.

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De Juan de Mariana à la Marianne de la République française ou le scandale du droit de résister à l’oppression   Etudes

Par Florence Gauthier, Université Paris 7-Denis Diderot

Le sujet dont il sera question ici : le nom, Marianne, donné à la République, en France, vient de celui de Juan de Mariana, jésuite espagnol du XVIe siècle, peut paraître à première vue étrange. Il s’est peu à peu dégagé des recherches que j’ai menées depuis plus de 25 ans et m’a paru atteindre sa maturité, c’est la raison pour laquelle j’espère parvenir à le rendre audible. Je suis historienne de la Révolution en France et dans les colonies françaises du XVIIIe siècle et tout a commencé avec un mot : droit naturel, ce mot qui apparaît dans les Déclarations des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et de 1793 et qui résume la théorie de ces révolutions. Ces révolutions ont mis à l’ordre du jour la nécessité de déclarer les droits de l’homme et du citoyen, les droits des peuples à leur souveraineté, le droit à l’existence, le droit de résister à l’oppression. C’est pourquoi je pense qu’il convient de les appeler Révolutions des droits de l’homme et du citoyen. C’est en cherchant à mieux comprendre cette notion de droit naturel que je suis remontée des Lumières aux Révolutions anglaises et hollandaise du XVIIe siècle, aux guerres de religion du XVIe siècle et au tout début de l’ère moderne. La période moderne débute avec la Renaissance. En suivant le droit naturel à sa source, je l’ai trouvé en Espagne, développé par l’École de Salamanque et précisément dans la définition renouvelée du droit naturel moderne qui a permis l’épanouissement de la philosophie du droit naturel moderne.

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La loi Pécresse ou les Lumières ?   Actuel

"Courbés sous le joug de l'autorité, autant que vous le permet la flexibilité de votre échine ; péniblement serrés dans une forme de pensée artistement imaginée (...) à force d'avoir plié sous les plans d'autrui, à force d'avoir obéi à tous les besoins du corps" : c'est ainsi que Fichte décrivait en 1793 les conservateurs allemands, en homme des Lumières, dans ses Contributions pour rectifier le jugement du public sur la Révolution française. Il y a là quelque analogie avec le conservatisme new look de sept présidents d'universités parisiennes ("Défendre l'université", Le Monde du 15 novembre). Prenant la défense de la loi Sarkozy-Pécresse du 10 août, ces derniers oublient de préciser qu'un de ses traits - et un de ses défauts - majeurs est d'augmenter démesurément leurs pouvoirs. Véritables managers à la tête de conseils d'administration resserrés et affadis, ils pourront, directement ou par l'intermédiaire des CA, embaucher des contractuels, disposer d'un droit de veto sur le recrutement des enseignants-chercheurs statutaires, "moduler" les services de ces enseignants-chercheurs, traiter avec les pouvoirs locaux et les entreprises, etc. Nos universitaires d'en haut ont oublié que l'esprit des Lumières supposait un minimum de distance critique à l'égard de ses appétits de pouvoir et de ses intérêts les plus étroits. Quand des grains de sable cheminots font grincer la machine à contre-réformes néolibérales, on parle d'"archaïsme corporatiste". Quand une infime couche bureaucratique promeut ses privilèges, contre le reste des collectivités universitaires, on parle de "modernité" et d'"intérêt général". Ainsi vont les mécanismes d'auto-illusion !". Philippe Corcuff, ''Le Monde'', 21 novembre 2007.

Un texte inédit de Condorcet sur la République (1791)   Textes

La "trop célèbre polémique", selon la juste expression de Raymonde Monnier dans son étude du débat autour de la République, entre Sieyès avec Paine, reproduite dans le Moniteur en juillet 1791, est souvent commentée par les historiens. A l'inverse, l'intervention de Condorcet dans ce débat, par une réponse à Sieyès, est peu connue, dans la mesure où elle est restée manuscrite. Nous la publions présentement, en la présentant dans le contexte des échanges entre Sieyès et Condorcet en 1791.

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