Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Henri Guillemin et la Commune – le moment du peuple ?   Annonces

Le colloque Henri Guillemin et la Commune – le moment du peuple ? se tiendra le samedi 19 novembre 2016 de 9h30 à 18h, à l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle – Censier – 13 rue Santeuil 75005 Paris.
Il est organisé par Les Ami(e)s d'Henri Guillemin dont le site propose les vidéos des treize conférences que l'historien et écrivain a données sur la Commune. Présentation de la première conférence : " Pour Henri Guillemin, il convient d’abord de remonter aux origines de la Révolution française pour bien comprendre l'histoire de la Commune. Il s’emploie donc à rappeler dans ce premier épisode la lutte originelle du peuple contre la bourgeoisie ("les gens de biens") dès le XVIIIe siècle."

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Egalitarisme jacobin et Droits de l’homme   Annonces

Gross, Égalitarisme Jacobin, Kimé

Introduction de l'ouvrage de Jean-Pierre Gross, Égalitarisme jacobin et Droits de l'homme, Paris, Kimé, 2016, 474 p.

« Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l’égalité » (Rousseau, Du contrat social, II, chap. xi)
« La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui » (Article VI de la Déclaration des droits de l’homme de 1793)

Affirmer l’idéal égalitaire des jacobins va de soi. Disciples de Rousseau, ils s’appliquèrent à éradiquer les inégalités héritées de l’Ancien Régime: si 1789 avait consacré l’égalité devant la loi, 1793 devait inaugurer l’ère de l’égalité réelle. Mais on oublie trop souvent que Rousseau, dans son projet politique, avait aussi privilégié la liberté comme « fin de tout système de législation », et que le jacobinisme, qui s’en est inspiré, s’est voulu une idéologie libérale. Cette double revendication relève du paradoxe. Liberté et égalité ne sont-elles pas a priori incompatibles? Est-il possible de maximiser l’une et l’autre simultanément? Cette incompatibilité foncière ne serait-elle pas à l’origine de la succession de crises politiques que le jacobinisme a dû traverser? Comme le souligne le philosophe Jean Baechler, plus il y a de liberté, plus l'inégalité tend vers des limites qui ne sont pas corrigées spontanément; réciproquement, si l’on essaie de pousser l’égalité, on est obligé d’empiéter sur les libertés des acteurs, puisqu’on est amené à redistribuer du pouvoir, des richesses ou du prestige. Cette « contradiction très profonde, affirme Baechler, est sans solution ». C’est sans doute la raison pour laquelle Montesquieu, confronté dans son œuvre à la même problématique, et favorable à un minimum d’ingérence, a décidé au bout du compte de donner la priorité à la liberté, celle-ci étant à ses yeux plus désirable que l’égalité, et l’inégalité lui paraissant un moindre mal que le despotisme.

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Lumières et Républiques. Entre crises et renouvellement   Annonces

Colloque international, organisé par Christophe Miqueu et Jean Mondot les 9, 10 et 11 juin 2016 à l'Université Bordeaux Montaigne, MSHA (salle Jean Borde) et Maison de la Recherche, tramway B Montaigne-Montesquieu. Présentation :

Les recherches sur le républicanisme connaissent en France, depuis quelques années déjà, dans le sillage du renouveau anglo-saxon, un regain d’intensité porté notamment par une perspective souvent pluridisciplinaire. S’inscrivant dans cette dynamique, ce colloque international se propose d’interroger l’évolution complexe du modèle républicain dans la période où il est souvent présenté comme le plus porteur d’avenir, et où il est exposé en même temps à de nombreuses remises en question : le siècle des Lumières. Les Lumières, trop souvent considérées dans une perspective très franco-centrée, comme une période où le modèle républicain bénéficierait d’une sorte d’unicité conceptuelle, se révèlent bien plutôt comme un moment de profondes mutations, voire de crise de l’idée et des pratiques républicaines. Les Républiques urbaines traversent des crises internes alors que s’engage un débat sur leurs forces et faiblesses comparées aux monarchies éclairées et stables. Les philosophes conçoivent des modèles nouveaux, à l’échelle d’un Etat, s’opposant à la monarchie absolue. La logique traditionnelle du devoir commence à voir sa primauté discutée par la logique nouvelle du droit. Les voies de l’émancipation privilégient un paradigme de plus en plus pacifique et laissent émerger l’idée républicaine éducatrice et démocratique du citoyen éclairé. C’est donc le modèle républicain toujours en train de se réformer au plan conceptuel comme au plan empirique que nous proposons d’examiner ici, pour voir en quoi il ouvre sur la modernité. L’espace européen dans son ensemble sera examiné, de même que les Lumières dans leur durée et leur force d’influence.

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Dictionnaire Robespierre   Annonces

Dictionnaire Robespierre

Publication en français du premier volume sur huit prévus du Dictionnaire Robespierre. Lexicométrie et usages langagiers. Outils pour une histoire du lexique de l’Incorruptible, de Cesare Vetter, Marco Marin et Elisabetta Gon de l'Université de Trieste. Une partie est accessible sur le site des Éditions de l'Université de Trieste. Nous en proposons ici la présentation et ci-dessous l'introduction de Cesare Vetter : "Le Dictionnaire Robespierre, étape intermédiaire entre la création d'un corpus numérisé de la Révolution française et la mise en œuvre d'une banque de données" :

Je présente ici la matérialisation d'un rêve que je caresse depuis très longtemps. Dès que nous avons commencé notre travail de numérisation – auprès du Département de Sciences Humaines de l'Université de Trieste – sur certaines sources importantes de la Révolution française, dans la perspective de pouvoir réaliser des analyses lexicologiques et lexicométriques, j'ai été séduit par l'idée de proposer à la communauté scientifique un instrument de travail permettant de vérifier avec précision l'emploi de certains mots clés dans le lexique de Robespierre. Il s'agit d'une étape intermédiaire vers la création d'une banque de données globale concernant le matériel numérisé sur la Révolution Française à notre disposition, ouverte à tout le monde et interrogeable par des logiciels d'analyse linguistique appropriés. La banque de données demeure encore un objectif lointain pour des raisons de financement et de droits d'auteur, que j'espère résoudre dans l'avenir.

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Philosophie de Bernardin de Saint-Pierre   Annonces

 Gabriel Thibault, Bernardin de Saint-Pierre, Hermann

Gabriel R. Thibault, Bernardin de Saint-Pierre. Genèse et philosophie de l'œuvre, Paris, Hermann, 2016, 458 p.

Nous proposons aux lecteurs trois extraits de l'ouvrage de Gabriel- R. Thibault sorti le 27avril. Le premier, tiré de l'avant-propos, souligne le caractère existentiel de la morale de Bernardin. Le second, emprunté au chapitre sur "L'humaniste et la physiocratie", expose quelques unes de ses idées sur la nécessité d'une politique agricole fondée sur des valeurs sociales. Quant au dernier extrait, il témoigne de l'engagement anti-esclavagiste de l'écrivain face aux colons de l'Île de France.

Présentation :

"Bernardin de Saint-Pierre, poète philosophe né au Havre en 1737 et mort à Éragny en 1814, a été élève des Jésuites et de l’Académie de Rouen puis étudiant à l’École des Ponts et Chaussées. Il eut ensuite une expérience d’ingénieur géographe aux armées. Les Études et les Harmonies de la Nature, ses textes fondamentaux, sont un vaste diptyque où l’auteur a déployé sa vision idéo-réaliste de l’univers : le monde pour un chrétien-pythagoricien. L’écrivain dont la dernière mission militaire a été à l’Île de France (actuelle Île Maurice) est resté une figure emblématique de la culture mauricienne."

La terreur des droits de l'homme   Annonces

Yannick Bosc, La terreur des droits de l'homme, Kimé

Introduction de l'ouvrage de Yannick Bosc, La terreur des droits de l'homme. Le républicanisme de Thomas Paine et moment thermidorien, Paris, Kimé, 2016, 297 p.

« C'est en s'entraînant à modifier le regard
qu'on obtiendra de nouvelles vues des choses. »
Jean Dubuffet, Bâtons rompus, 1986

Thomas Paine est le personnage principal de cette histoire qui se déroule pendant la Convention thermidorienne, au cours du débat constitutionnel de l'été 1795, à un moment stratégique de la Révolution française. Pourtant, ni le principal protagoniste, ni la Constitution de 1795 ne semblent de prime abord nous placer au cœur de l'épopée révolutionnaire telle que nous avons l'habitude de l'entendre racontée. Rares sont en effet les historiens qui ont étudié le rôle de Thomas Paine dans la Révolution française. Ils sont encore moins nombreux à s'y être intéressé dans le moment thermidorien, cette période d'entre-deux qui suit l'exécution des robespierristes après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et engendre le Directoire. Outre le fait que cette étude se focalise sur un acteur certes célèbre mais apparemment périphérique et une période qui le semble également, elle perturbe encore le récit classique en associant ce qui est ordinairement dissocié : la Terreur et les Droits de l'homme. Pour comprendre ces paradoxes penchons-nous d'abord sur Paine qui en est un à lui seul.

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Le prince, le tyran, le despote   Annonces

Le colloque "Le prince, le tyran, le despote : figures du souverain en Europe de la Renaissance aux Lumières 1500-1800" organisé par Myriam-Isabelle Ducrocq (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense - CREA), Laïla Ghermani (Université de Paris Ouest Nanterre La Défense - CREA), Anne-Marie Miller Blaise (Université La Sorbonne Nouvelle Paris 3 – PRISMES) et Alexandra Sippel (Université Toulouse Jean Jaurès – CAS) se tiendra le 22 et le 23 Janvier 2016 à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense : le vendredi 22 janvier salle René Rémond (B015), Espace Recherche, bâtiment B ; le samedi 23 janvier Salle des conférences, Espace Recherche, bâtiment B. Présentation et programme :

« J’ai dit que la nature du gouvernement républicain est que le peuple en corps, ou de certaines familles, y aient la souveraine puissance : celle du gouvernement monarchique, que le prince y ait la souveraine puissance, mais qu’il l’exerce selon les lois établies : celle du gouvernement despotique, qu’un seul y gouverne selon ses volontés et ses caprices. » (Montesquieu, De l’Esprit des Lois, 1758, livre III, chap. II)

Au XVIe siècle, les rois de France et d’Angleterre affirment leur autorité face aux prétentions impériales du Pape et de Charles Quint. Puis, c’est au tour des sept provinces du nord de réclamer leur indépendance à Philippe II : la République des Provinces Unies est proclamée en 1581. Dans ce contexte d’unification des Etats territoriaux, les théoriciens légitiment le pouvoir absolu du prince, et formulent la notion de souveraineté. Au lendemain de la Saint Barthélémy, Jean Bodin la définit comme « la puissance absolue et perpétuelle de la République » : ses thèses sont traduites en latin et lues sur tout le continent. La souveraineté désigne donc le moyen par lequel la République peut se défendre des menaces externes, mais aussi des conflits internes : révoltes de la paysannerie, de l’aristocratie, guerres de succession et de religion.

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Le voyage européen des républiques anglaises, XVIIe– début XIXe siècles   Annonces

La première séance du séminaire «Le voyage européen des républiques anglaises, XVIIe– début XIXe siècles : traductions, transferts, appropriations» se tiendra jeudi 26 novembre 2015,15h, Université Paul-Valéry - Montpellier 3, site Saint-Charles, salle des colloques 2. Présentation :

Les idées républicaines formulées pendant la première révolution anglaise (1640-1660) ont survécu dans la longue durée de la pensée politique européenne. Certains auteurs ont été traduits en leur temps, ont fait l’objet de diffusion clandestine, ou ont été contraints à l’exil sur le Continent. Les auteurs comme leurs idées ont marqué le radicalisme anglais et les révolutions américaine et françaises du XVIIIe siècle. Les bibliothèques institutionnelles et privées ont conservé les ouvrages originaux ou leurs copies manuscrites, les traductions réalisées dans l’urgence ont fait connaître les pensées et les stratégies théoriques et rhétoriques des républicains anglais dans les milieux militants. Lors des conquêtes du jeune Bonaparte, une traduction italienne d’une traduction française de James Harrington a proposé à la jeune république de Rome un bréviaire de la théorie républicaine. Le but de ce cycle de séminaires de l’IRCL, coordonné par Myriam-Isabelle Ducrocq et Luc Borot, tentera de construire un tableau et de tracer une carte de la circulation des personnes, des livres et des emprunts républicains en Europe entre la fin de la république anglaise et l’avènement de Napoléon.

15h: Introduction, par Luc Borot : L’innovation républicaine dans l’Angleterre révolutionnaire: Harrington et l’invention d’une science politique.

15h30 : Myriam-Isabelle Ducrocq, conférence inaugurale : La réception de James Harrington (1611-1677), républicain anglais, dans la France des Lumières et de la Révolution : les outils théoriques de la recherche.

Le pouvoir exécutif et la loi : réceptions, réinterprétations, réécritures (1789-1804)   Annonces

Présentation de la journée d'études doctorales organisée par Alexandre Guermazi (IRHiS, Université de Lille 3) et Jeanne-Laure Le Quang (IHRF/IHMC, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), qui se tiendra à l'Université de Lille III le 4 décembre 2015.

Cette journée d’études doctorales s’inscrit dans la continuité d’une première journée, tenue en Sorbonne le 5 décembre 2014, qui avait pour but d’explorer un champ encore trop peu étudié par les historiens : l’exécution de la loi. Cette première session, en s’interrogeant sur les acteurs de l’application de la loi – d’une part les acteurs institutionnels (mandataires, fonctionnaires) et d’autre part les acteurs plus « informels » (citoyens, journalistes) de l’exécution de la loi –, a mis en lumière que la lettre de la loi, toujours invoquée comme légitimité de l’action, fait cependant l’objet d’arrangements, voire de détournements, et parfois d’affrontements.
C’est précisément sur cet inévitable écart entre la lettre de la loi et son exécution que cette deuxième journée d’études doctorales voudrait se concentrer. Il s’agira plus particulièrement de s’intéresser aux mots employés par le pouvoir exécutif pour faire appliquer la loi, afin de mettre en évidence les éventuelles discordances par rapport à ceux utilisés par le pouvoir législatif dans le texte même de la loi.

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Biographies révolutionnaires   Annonces

Annales du Midi biographies révolutionnaires

Le numéro 290 des Annales du Midi d'avril-juin 2015 est consacré aux biographies révolutionnaires (voir le sommaire). Introduction de Christine Peyrard qui a coordonné ce dossier :

Issues d’une journée d’études universitaire aixoise (1), ces contributions font suite au colloque international sur Peuples en Révolution (2), non point pour opposer les mouvements populaires aux parcours de vie, mais pour porter l’accent sur les engagements individuels permettant de mieux comprendre la Révolution française. Déjà, dans ce colloque, quelques protagonistes, célèbre comme Thomas Paine, ou anonyme comme Gertrude Verne, permettaient d’illustrer des prises de position révolutionnaire (3) et, chemin faisant, de retrouver la problématique des « intermédiaires culturels » qui avait, en son temps, marqué la recherche universitaire (4) et reste, aujourd’hui, encore une source de réflexions.

En effet, à partir de l’étude de cas de Joseph Sec, ce menuisier aixois qui était, à 75 ans, en 1792 un jacobin prononcé et qui exprimait ses convictions par la construction d’un curieux monument cénotaphe, Michel Vovelle s’est interrogé tant sur l’ascension sociale d’un fils de ménager de Cadenet devenu maître menuisier dans la ville parlementaire, que sur son engagement révolutionnaire et son univers mental à partir de son testament de pierre (5). Cette première biographie d’un inconnu de l’histoire (qui a permis la réhabilitation d’un monument aixois, désormais, « historique »), poursuivie par la mise en lumière magistrale de Théodore Desorgues (6), ce poète de la Révolution française complètement oublié, ouvrait la voie à une redécouverte de celles et ceux qui avaient fait la Révolution, comme à une réflexion sur l’émergence de groupes sociaux intermédiaires. Ce colloque aixois de 1978 offrait la possibilité d’approfondir la dialectique entre cultures populaire et savante et de sortir d’un dualisme sommaire. Car c’est bien tout un monde de l’entre-deux qui est à l’œuvre dans la construction d’une société nouvelle à partir de 1789, que ce soit dans la participation aux mouvements révolutionnaires, la démocratie électorale de l’an II, l’engagement clubiste jusqu’à la suppression des sociétés populaires après le 9 Thermidor ou le témoignage artistique. La Révolution, en rejetant les codes anciens de l’absolutisme monarchique et de la société d’ordres, est sans doute la période historique qui se prête le mieux à l’étude de ces « porte-parole » qui se multiplient, grâce à la liberté révolutionnaire et à la multiplicité des lieux de parole publique.

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Les Français et les Etats-Unis, 1789-1815   Annonces

Programme de la journée d’étude, Marchands, exilés, missionnaires et diplomates: les Français et les États-Unis, 1789-1815, organisée par Tangi Villerbu à l'Université de La Rochelle le 13 novembre 2015.

Cette journée d’études doit être l’occasion de revisiter ce que furent les Etats-Unis pour les Français à l’époque de la Révolution et de l’Empire. Les manières de penser et de dire les États-Unis – la construction d’un imaginaire américain – importent, certes, mais il s’agira surtout ici de montrer comment les mots se transforment en actes. Comment les Français, concrètement, ont fait d’une manière ou d’une autre une expérience étatsunienne à une époque ou les deux pays vivent en parallèle la construction de nouveaux systèmes politiques et de modes de réinvention culturelle au sein d’un monde atlantique en plein bouillonnement.

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La vie d'un canut ou la démocratie d'atelier   Annonces

 Ludovic Frobert et George Sheridan, Le solitaire du ravin

Introduction de l'ouvrage de Ludovic Frobert et George Sheridan, Le solitaire du ravin. Pierre Charnier, canut lyonnais et prud'homme tisseur , Lyon, ENS Editions, 2014, 380 p.

Premières traces de Pierre Charnier

L’histoire n’a longtemps conservé que bien peu de traces de l’existence du chef d’atelier en soierie et prud’homme tisseur lyonnais Pierre Charnier. On découvre une mention fugitive de l’existence de ce canut dans l’Histoire de dix ans de Louis Blanc. Dans le chapitre de l’ouvrage où sont évoqués les massacres de Vaise lors de la seconde insurrection d’avril 1834, Blanc signale le courage et la détermination de quelques rares témoins ayant déposé sur les exactions commises sur les tisseurs et tisseuses de ce faubourg par les soldats du Roi Louis-Philippe et il souligne l’importance des « certificats dus au zèle d’un simple particulier », monsieur Chanier (1). Un peu plus tôt, au lendemain de la première insurrection des canuts, c’était la jeune capacité montante et ambitieuse de l’Église saint-simonienne, Michel Chevalier, qui dans un article du Globe livrait quelques indices. Chevalier évoquait une conférence à laquelle il avait assisté à Paris avec un autre prédicateur, Charles-Henry Baud, et qui opposait un chef d’atelier en soierie à quatre négociants lyonnais, chaque camp tentant d’expliquer les causes des récents « troubles de Lyon » en novembre 1831. Deux des négociants, expliquait Chevalier, apparaissaient « peu éclairés et devenus à la longue presque insensibles, au moins en apparence aux maux des masses », évolution logique car, comme il le soulignait encore, à Lyon, « entre les maîtres et les ouvriers il y a débat, lutte ouverte ou cachée : c’est le fruit de la concurrence ». Un troisième négociant, « fort chaud libéral » avant les Trois Glorieuses de 1830, sensible aux maux qui affectaient les tisseurs, était impuissant car sans « aucune teinture d’économie politique ». Le quatrième négociant était, lui, un « homme parfaitement égoïste, un cœur dur ». Par contraste, le chef d’atelier, se distinguait par sa connaissance fine des problèmes économiques et industriels. Lucide, il soulignait lors de la conférence que l’étincelle qui avait mis le feu aux poudres à Lyon était, bien sûr, la misère des tisseurs, mais qu’il ne fallait pas dissimuler le comportement irresponsable des négociants, « la fierté, l’arrogance (…) d’un grand nombre de fabricants ». Il se prononçait enfin en faveur de deux mesures précises, une modification du conseil des prud’hommes et une évolution de la fiscalité, attentes qui témoignaient, selon Chevalier, de sa grande maturité économique, de son statut de véritable industriel. Ce chef d’atelier était Pierre Charnier, représentant des tisseurs lyonnais, envoyé en mission à Paris pour tenter d’expliquer au gouvernement de Casimir Périer et à l’opinion publique les vraies raisons du soulèvement des canuts.

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Le pouvoir exécutif et la loi : réceptions, réinterprétations, réécritures (1789-1804)   Annonces

Appel à contribution pour la journée d’études doctorales Le pouvoir exécutif et la loi : réceptions, réinterprétations, réécritures (1789-1804), organisée par Alexandre Guermazi (IRHiS, Université Lille III) et Jeanne-Laure Le Quang (IHMC-IHRF, Université Paris I).

Cette journée d’études doctorale s’inscrit dans la continuité d’une première journée qui s’est tenue en Sorbonne le 5 décembre 2014 et qui avait pour but d’explorer un champ encore trop peu étudié par les historiens : l’exécution de la loi. D’une part, l’étude des pratiques des acteurs institutionnels chargés de l’application de la loi a permis de mettre au jour des parcours différenciés et un investissement polymorphe à tous les échelons du pouvoir exécutif où la lettre de la loi, toujours invoquée comme légitimité de l’action, fait cependant l’objet d’arrangements, voire de détournements. D’autre part, cette première session a permis de mettre en évidence la diversité les pratiques des acteurs non institutionnels que sont les citoyens dans le processus d’application ou d’affranchissement de la loi.

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Un statut juridique pour les biens communs ?   Annonces

Réflexion à partir du rapport propriété, État, société civile

Séminaire franco-italien organisée par Fabienne Orsi (IRD, SESSTIM, Université Aix-Marseille et CEPN) et Frédéric Sultan (Vecam), qui se tiendra le mardi 19 mai 2015 de 10h-18h30 à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, Salle 413 (sud), 20, avenue George Sand, La Plaine Saint-Denis, métro Place du Front Populaire (terminus ligne 12). Extrait de la présentation :

L’objectif de ce premier séminaire est d’explorer la manière dont une reconnaissance d’un statut juridique pour les biens communs permettrait à la fois d’élargir l’espace de réflexion sur des conceptions renouvelées de la propriété et d’offrir un cadre fécond pour penser la recomposition des rapports entre propriété, Etat et société civile.
En Italie, la création d’un statut juridique pour les biens communs a fait l'objet de nombreuses initiatives, tant conceptuelles qu’empiriques. Les travaux de la commission Rodotà tout particulièrement ont permis d'élaborer une doctrine en vue de la reconnaissance d'une catégorie juridique pour les biens communs, doctrine dont l’élaboration s’est construite comme alternative aux processus de privatisation grandissant des biens et services publics et à partir d’une profonde réflexion sur la propriété publique, l’Etat, les droits fondamentaux et la fonction sociale des biens publics.

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Cultures des républicanismes   Annonces

Cultures des républicanismes Kimé

Introduction et table des matières de l'ouvrage collectif Cultures des républicanismes. Pratiques, représentations, concepts de la Révolution anglaise à aujourd'hui, sous la direction de Yannick Bosc, Rémi Dalisson, Jean-Yves Frétigné, Christopher Hamel et Carine Lounissi, Paris, Kimé, 2015, 277 p.

Les enjeux intellectuels et politiques des problématiques du républicanisme
Yannick Bosc, GRHis-Normandie Université

L'objectif de cet ouvrage collectif est de confronter des recherches qui portent sur des objets ou des problématiques proches, ordinairement isolées par les cloisonnements disciplinaires ou les spécialités, mais qui intéressent le républicanisme. Ce terme est entendu dans le sens large d'une culture du bien commun – commonwealth – ou de la chose publique – res publica – et non exclusivement au sens étroit et usuel d'une forme de gouvernement définie par opposition à la monarchie.

Il existe différentes cultures de la chose publique qui sont qualifiées de républicaines. Cette diversité se manifeste par des pratiques, des représentations et des concepts. Les caractéristiques de ces cultures peuvent varier en fonction des époques et des espaces étudiés : ce sont par exemple les cultures républicaines de l'Angleterre du XVIIe siècle, de la Révolution française ou de l'Italie du XIXe siècle. Ces cultures ne sont pas fermées sur elles-mêmes mais empruntent souvent les unes aux autres. Elles circulent et sont constitutives d'une dynamique politique dont l'ampleur devient considérable avec les révolutions qui touchent le monde atlantique et l'Europe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La Révolution française, si l'on reprend les mêmes exemples, puise ainsi largement dans la tradition anglaise et l'italienne dans la française. Quant au républicanisme anglais il s'inspire de l' « humanisme civique » qui se déploie dans les cités italiennes de la Renaissance.

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