Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Saint-Just : Sur la Police générale   Actuel

Publication d'une traduction anglaise du rapport de Saint-Just Sur la Police générale, pour le 220e anniversaire de sa mort

La revue sud-africaine de sciences politiques Theoria. A Journal of Social and Political Theory a fait paraître en décembre 2014 (vol. 61, n°141) un numéro sur « La Police et la Théorie critique ». Il met en exergue cette citation de Saint-Just : « Il n’est point de gouvernement qui puisse maintenir les droits des citoyens sans une police sévère ; mais la différence d’un régime libre à un régime tyrannique est que, dans le premier, la police est exercée sur la minorité, opposée au bien général, et sur les abus ou négligences de l’autorité ; au lieu que, dans le second, la police de l’état s’exerce contre les malheureux, livrés à l’injustice et à l’impunité du pouvoir.» Dans l’éditorial Jérémie Barthas pointe les enjeux démocratiques d'une « haute police » consacrée à la surveillance des élites au pouvoir ; il suggère que « la redéfinition du concept et de la fonction de la police » proposée par Saint-Just dans son Rapport sur la Police générale pourrait servir à « renforcer l’outillage théorique de la Théorie critique du pouvoir policier ».

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Qui a peur de l’Incorruptible ? Pablo Iglesias et la Révolution française   Actuel

Par Olivier Tonneau, Homerton College, Cambridge

Cet article est paru en anglais dans le journal The Guardian du 18 février 2015.

Pablo Iglesias, le dirigeant du parti espagnol Podemos, est un homme traqué par l’Histoire – et particulièrement par l’histoire de la Révolution française. Ses références à la guillotine font en effet couler beaucoup d’encre dans les médias espagnols. En juin 2012, en réaction aux coupes budgétaires imposées par le gouvernement, Pablo Iglesias tweetait : « Des coupes, d’accord… mais avec la guillotine » . Un an plus tard, il publiait une tribune intitulée « Une Guillotine à la Puerta Del Sol » . La même année, dans une interview télévisée, Iglesias demandait : « Savez-vous quel acte symbolise l’avènement historique de la démocratie ? C’est l’exécution d’un roi, Louis XVI, décapité par la guillotine. »

« Les Espagnols se seraient épargnés bien des horreurs s’ils avaient fait usage de l’outil de la justice démocratique » déplorait Iglesias, avant de citer Robespierre : « Punir les oppresseurs de l'humanité, c'est clémence ; leur pardonner, c'est barbarie. » Il ne se passe pas une semaine sans qu’il soit fait référence à ces propos dans le débat public. La semaine passée, Eduardo Garcia Serrano, fondateur du journal de centre-droit El Mundo, surnommait ironiquement Iglesias « El incorruptible Senor X ».

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Les biens communs : un mouvement de communards   Actuel

Le cinquième numéro de Les Possibles, la revue scientifique d'ATTAC, est consacré aux définitions, usages et enjeux de la notion de communs. Textes de Fabienne Orsi, Christian Laval et Pierre Dardot, Benjamin Coriat, Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey, Hervé Le Crosnier, Catherine Baron, Marcella Olivera, Jean-Luc Touly. Extrait de l'article de Benjamin Coriat qui, avec Fabienne Orsi, insiste sur la "reconquête du droit de propriété" (Orsi) et fait le lien avec les luttes paysannes des XVIIe et XVIIIe siècles contre la propriété exclusive portée par le capitalisme naissant, luttes pour le droit à l'existence qui sont au cœur de la Révolution française :

Là est la puissance du commun, il apporte une réponse à l’extension sans freins de l’idéologie propriétaire et de sa crise, typiques de l’offensive néolibérale, en portant le fer en son cœur même : les droits de propriété. Le commun, comme le « libre », chacun à leur manière mais souvent de manière complémentaire, apportent des formules capables de subvertir le droit de propriété conçu et appliqué comme exclusif, pour en faire du droit partagé, du droit distribué, et quelquefois du droit « communal », au sens d’un droit appartenant à une communauté et dont chacun des membres a (différents aspects) de la « jouissance. »
Ainsi, les communs d’aujourd’hui (dans les sociétés occidentales, essentiellement de nature informationnelle…) sont les héritiers des luttes contre les enclosures physiques du passé. Ils sont le produit direct des combats menés contre les enclosures de la pensée et de la création, constitués par des « droits de propriété intellectuelle » nouveaux ou l’expansion et le durcissement de ceux qui préexistaient déjà. Au demeurant, depuis son origine, le mouvement des communs est consubstantiel à sa relation et à son affrontement avec l’érection de droits de propriété exclusifs visant à les abolir.

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Assassin's Creed et la Révolution française (suite)   Actuel

Polémique autour du dernier opus du jeu vidéo Assassin's Creed, qui se déroule pendant la Révolution française, dont nous notions en août dernier la propension à multiplier les clichés thermidoriens et contre-révolutionnaires. Sur son blog, Alexis Corbière, du Parti de Gauche, dénonce la "propagande réactionnaire" véhiculée par la bande annonce et répond aux remarques suscitées pour ce premier billet. Voir également les explications d'Antoine Vimal du Monteil, un des producteurs du jeu, qui dit assumer les anachronismes (qui ne sont pas l'objet de la polémique) mais n'évoque pas les choix idéologiques de cette fiction.

Le lien entre Marseille et Robespierre est maintenu   Actuel

Discours de Mikaël BALMONT lors de la conférence de presse du Collectif Robespierre qui s'est tenue le samedi 18 octobre 2014 sur la place Robespierre de Mazargues à Marseille :

Le Collectif de Défense de la place Robespierre a souhaité organiser cette conférence de presse pour remercier le millier de signataires de la pétition que nous avions initiée pour défendre le nom de cette place : Robespierre. Parmi ces milliers de signataires, nous tenions tout particulièrement à remercier les centaines de mazarguais qui se sont mobilisés à nos côtés.
Les attaques des élus de droite à l'encontre des acquis et des idéaux de la Révolution Française ne datent pas d'hier : déjà en 1999, le Maire de secteur, l'UMP Guy Teissier, a voulu débaptiser la place Robespierre, il a voulu réécrire l'Histoire en salissant la mémoire de cette figure de la Révolution Française. Et déjà, en 1999, des mazarguais et des marseillais, citoyens et élus, soutenus par des historiens tels que Michel Vovelle s'étaient élevés contre cette manipulation. La Mairie de droite avait alors renoncé face à la conviction du peuple marseillais qui savait bien ce qu'il devait à Robespierre. En effet, il existe un lien particulier entre Robespierre et Marseille que je tiens à rappeler.

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La place Robespierre à Marseille ne sera pas débaptisée   Actuel

Dans une lettre aux signataires de la pétition marseillaise, Mikaël Balmont, parlant au nom du collectif de défense de la place Robespierre à Mazargues (Marseille), rend compte des résultats de la mobilisation.

Chers signataires,

Votre mobilisation n'est jamais inutile, puisqu'après la lettre de Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille, nous assurant avoir entendu nos propos et demandant au maire de secteur de ne pas débaptiser la Place Robespierre, c'est une autre voix qui s'élève grâce à vous, celle des représentants des habitants du quartier.

En effet, le Comité d'Intérêt de Quartier de Mazargues précise, par la plume de son Président d'Honneur David Sciaky, dans un article paru dans le dernier numéro du magazine CIQ INFOS :

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La Révolution française selon Assassin's Creed   Actuel

Alors que nous écrivons ces lignes, on annonce à grand renfort de publicité la parution prochaine du cinquième opus du jeu vidéo Assassin’s Creed. Le titre en est Unity (en français "Unis pour la liberté") et le cadre du jeu se place cette fois-ci (après les Croisades, la Florence de la Renaissance, les pirates du XVIIIe siècle, etc.) dans le Paris révolutionnaire. Le trailer de jeu solo mis en ligne en juin 2014 donne froid dans le dos ! On se croirait chez Taine revisité par le Anthony Mann du Reign of Terror (The Black Book) !

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Débaptiser la place Robespierre à Marseille ?   Actuel

Lettre ouverte à Guy Tessier, président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole

Comme le relate le journal La Marseillaise dans son édition du 5 mai 2014, Guy Tessier, maire UMP et président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, entend faire aboutir le projet de débaptiser la place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous avons décidé de rédiger une lettre ouverte pour expliquer notre opposition à ce projet.

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Robespierre et le délit de sale gueule   Actuel

Dans son blog, Alexis Corbière, élu du parti de gauche, réagit à la "reconstitution" de la tête de Robespierre :

Décidément, même en 3D, la haine du plus illustre porte-parole du jacobinisme, leur fait encore perdre la tête. J’annonce immédiatement mon intention, ce billet de blog sera exclusivement rédigé en défense de Maximilien Robespierre, toujours attaqué, moqué, caricaturé, même plus de deux siècles après sa mort. Il sera aussi l’occasion de reparler de masques de cire, qui pour certains, brandis par le peuple de Paris, en juillet 1789, débutèrent en quelque sorte la grande Révolution. Mais, n’allons pas trop vite.

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La tête kitsch de Robespierre   Actuel

pseudo tête de Robespierre

Les lecteurs du journal L'Alsace.fr (12/12/2013) ont eu la surprise de trouver sur leur site une "reconstitution" photographique du prétendu visage de Robespierre réalisée par Philippe Froesch, un mulhousien qui s'était déjà illustré en "reconstituant" la prétendue tête de Henry IV. Le commentaire du journaliste est édifiant : "C’est un homme au visage grêlé par la petite vérole, à l’air fatigué par la Terreur qu’il avait fait régner dans un pays débarrassé de son roi." Bigre ! Sur quel relique ignorée par les historiens cette "reconstitution" a-t-elle été conçue ? Réponse : "Ce masque aurait été moulé sur la tête décapitée de Robespierre par une Strasbourgeoise, Marie Grosholtz, devenue célèbre ensuite sous le nom de Madame Tussaud." Le conditionnel est en effet plus que de rigueur ! Contrairement à une légende qui avait encore cours au début du XXe siècle (Hector Fleischmann, Le Masque mortuaire de Robespierre, E. Leroux, 1911), il n'existe pas de masque mortuaire de Robespierre dont le corps et la tête ont été jetés dans la fosse du cimetière des Errancis et recouverts de chaux vive sur ordre exprès de la Convention qui ne voulait laisser aucune trace du corps du Conventionnel qu'elle venait de faire exécuter. Le corps de Robespierre a été, comme Marc Belissa et Yannick Bosc l'ont montré dans un ouvrage qui vient de paraître, l'enjeu de la construction d'une légende particulière, articulé avec celle de son prétendu "caractère". Nul doute que le professeur en médecine Charlier (lui aussi impliqué dans l'histoire de la "tête" de Henry IV) donnera dans la conférence de presse qu'il tiendra le 21 décembre des détails "intéressants" qui viendront ajouter une couche plus ou moins nouvelle à ce mythe.

Olympe de Gouges déconstruite à la Galerie 75   Actuel

... et exposition d'artistes entre le 1er décembre 2013 et fin juin 2013.

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Estrosi, la sécurité et la Déclaration de 1789   Actuel

Confondant après beaucoup d'autres la sûreté et la sécurité, le député-maire de Nice affirme que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 faisait de la sécurité «la première des libertés».

Voir la "désintox" sur Libération

La droite, la gauche, les riches, les pauvres, et le revenu de base   Actuel

Entretien sur le revenu de base ou allocation universelle dont Thomas Paine a le premier formulé le principe sous le Directoire.

On parle et on écrit de plus en plus sur le concept de revenu de base. Cinq longues années après le début de la crise économique dévastatrice dans laquelle nous sommes plongés, nombreux sont ceux, militants de divers mouvements sociaux, membres ou non de partis politiques, syndicalistes et simples citoyens, qui pensent aujourd’hui qu’il faut sérieusement étudier cette proposition. Parmi ses défenseurs, beaucoup sont convaincus que, face aux difficultés qu’imposent à l’immense majorité les politiques économiques mises en oeuvre pendant la crise, il faut prendre un tout autre chemin, changer de paradigme. D’autres ne voient pas les choses ainsi. Peut-on le financer ? S’agit-il d’un chèque pour chacun, qui remplacerait les services publics, comme l’affirment certains? Quels sont les défenseurs de cette proposition dans la société ? Ce sont ces questions, entre autres, que Marilo Hidalgo a posées à Daniel Raventos pour la revue Fusion. La version que nous publions ici à la suite de cette interview est bien plus détaillée.

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Renta Básica Ciudadana   Actuel

Recueil d'articles en espagnol publié par la revue Sin Permiso sur l'allocation universelle (Renta Básica ou Basic Income), dont Thomas Paine a le premier formulé le principe sous le Directoire. Paine dénonce alors une République qui met en avant la propriété au détriment du droit à l'existence, droit dont il a la défense en partage avec les Montagnards, et en particulier Robespierre. A travers l'allocation universelle, l'intérêt que portent aujourd'hui des économistes et des philosophes à ces principes est une des manifestations de l'actualité de la Révolution française pour nos sociétés en crise. Début de la présentation de l'ouvrage :

Este libro de Sin Permiso está dedicado a la Renta Básica. A lo largo de la existencia de nuestra revista la propuesta de la Renta Básica ha tenido un papel destacado. Aunque solamente sea como anécdota, el primer artículo que se publicó en nuestra revista electrónica, que está incluido en este libro, estaba dedicado a la Renta Básica. Su título era “La Renta Básica de Ciudadanía y las poblaciones trabajadoras del primer mundo”. En estos casi ocho años desde que iniciamos la edición electrónica semanal de Sin Permiso, nuestra revista ha editado más de 70 artículos sobre la Renta Básica. Aquí ofrecemos una selección que no llega ni a la mitad de los publicados. Este libro no pretende abarcar ni muchos menos todas las cuestiones relacionadas con la Renta Básica, pero creemos que recoge de forma aceptable algunos de los debates y algunos de los acontecimientos especialmente relevantes que sobre esta propuesta se han venido sucediéndose a lo largo de estos años. Sin Permiso es una revista política. Y con la Renta Básica también se ha optado en las publicaciones periódicas, y esta selección es una buena muestra, por aquellos artículos, entrevistas y eventos con un directo interés político.

Télécharger Renta Básica Ciudadana, Sin Permiso, 2013

Honte et Tristesse - Guadeloupe, 31 mai 2013   Actuel

Art. 14. Les maîtres seront tenus de faire enterrer en terre sainte, et dans les cimetières destinés à cet effet, leurs esclaves baptisés ; et à l’égard de ceux qui mourront sans avoir reçu le baptême, ils seront enterrés de nuit, dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés. Code noir de 1685

Mois de mai, mois de la mémoire, nous sommes tristes et nous avons honte.
En janvier 2013, suite à des pluies diluviennes, les médias informaient de la « découverte » d’un cimetière d’esclaves, en Guadeloupe, sur la plage des Raisins Clairs de la commune de Saint-François.Cette information, connue par de nombreux Guadeloupéens depuis plusieurs générations, était subitement livrée à la connaissance de tous. La Nature nous rappelait brusquement un passé dont nous connaissons quelques bribes mais que nous préférons, généralement, garder enfoui.

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