Bonnet de la liberté

Actuel

La « déchéance de nationalité » et la Révolution Actuel

Par Marc Belissa, CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Dans ce qui tient lieu de débat aujourd’hui sur la « déchéance de nationalité », il n’est peut-être pas inutile de rappeler comment la Révolution française et ses constitutions ont posé les questions de l’acquisition, de la déchéance et de la suspension de la citoyenneté pour les « étrangers » et pour les « Français ».
Notons tout d’abord qu’aucun de ces textes ne parle de « nationalité » et, pour cause, ce concept — mais non le terme lui-même qui ne devient d’un usage courant que dans les années 1830 et encore comme un terme renvoyant à un « esprit national » et non comme un terme juridique — n’entre en droit français qu’avec le Code civil de 1804 lorsqu’on dissocie l’exercice des droits civils et la « qualité de citoyen » qui n’est pas de droit naturel, mais qui dépend alors des stipulations de la loi constitutionnelle. C’est le Code civil qui crée en droit la « qualité de Français » indépendante de la citoyenneté. L’usage juridique de la « nationalité » ne date que de 1889 sous la Troisième République.

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An apology for French republicanism Actuel

Par Olivier Tonneau, Homerton College, Cambridge

When the attacks of 13 November in Paris are used by the French government to criminalize activists and protesters, when fear is pushing its population deeper into the arms of the Front National, and when the radical Left has almost disappeared from the political landscape, can one retain any hope that the country will find the necessary resources to be true to its ideals? The answer I receive from most of the Anglo-Saxon world is ‘no’. Indeed, I hear, the ideals are themselves part of the problem: France’s self-representation as the beacon of the Rights of Man has hidden for too long the true nature of its society. ... The terrorist attacks suffered by France this year were thus largely perceived as a predictable consequence of religious tensions generated by French republicanism.
I cannot accept this analysis and will go so far as to make the reverse claim: not only do I refuse to give up on France’s revolutionary heritage, I even count on French postcolonial citizens to preserve it from the steady ideological degradation of the overall population. I may be deluded by my attachment to the Revolution, but my hopes are not entirely without reason.

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Retrouver la Révolution Actuel

Leslie Kaplan, Mathias et la Révolution, P.O.L

Sur Médiapart, entretien autour du dernier roman de Leslie Kaplan, Mathias et la Révolution, P.O.L, 256 p. Extraits :

"L’Histoire ne s’impose pas avec des formes établies, naturelles : ce sont les hommes qui font l’Histoire, même si nous ressentons tous aujourd’hui l’impression que rien ne va plus, que nous sommes à bout et au bout d’un système, d’une civilisation. D’où la nécessité d’un changement du cadre de pensée. Voilà pourquoi je me suis intéressée à ce grand changement de cadre de pensée que fut la Révolution française. On est alors passé de l’acceptation des sujets soumis aux privilèges à un refus d’une telle inégalité, jugée anormale. Nous y revoilà, face à la domination exercée par le capitalisme néolibéral, qui se promeut en horizon indépassable. Alors comment ? Tout le monde cherche, c’est précisément ce que décrit mon livre…"
"L’idée de ce roman est née de la réédition de La Révolution française d’Albert Mathiez, en 2012. Je l’ai alors relu, retrouvant l’enthousiasme ressenti lorsque j’étais étudiante. Je me suis mise à lire Robespierre et Saint-Just, découvrant chez eux, par-delà les formules impressionnantes, l’incroyable force des mots. Et j’ai eu envie que ces mots, oubliés ou dont nous n’avons jamais eu connaissance, vivent à nouveau, pour tout le monde. L’écrivain œuvre à redonner de la densité au langage et rien n’était plus exaltant que d’organiser la circulation d’une telle parole parmi des personnages, ici et maintenant. Ce qui n’empêche pas, bien au contraire, que tout le monde ne soit pas d’accord : il y a un colleur d’affiches d’extrême droite, une mère raciste attendant son enfant à la porte de l’école, ou encore un membre de l’Académie française, qui ne voient pas du tout les choses comme Mathias…
Oui, j’ai ressenti une grande jubilation à offrir en partage cette langue révolutionnaire, qui pourrait être parmi nous, qui devrait être parmi nous."

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L'avenir de l'Institut d'histoire de la Révolution française en débat Actuel

Le devenir de l'Institut d'Histoire de la Révolution française a suscité plusieurs prises de position publiques, dont celle Pierre Serna, actuel directeur de l'IHRF, Jean-Clément Martin, ancien directeur, de membres de la direction de la Société des Études Robespierristes et de l'historien et blogueur Claude Guillon. Le journal "L'Humanité" a également publié un entretien avec Michelle Vovelle, ancien directeur de l'IHRF.

Lire les contributions de Pierre Serna, des membres de la SER et de Claude Guillon, la contribution de Jean-Clément Martin, l'entretien avec Michel Vovelle.

Ya de la Révolution dans l'air… Actuel

Le journal Libération a publié dans son édition du vendredi 23 octobre 2015 un dossier intitulé "Ya de la Révolution dans l’air" consacré aux échos contemporains de la Révolution française dans la société. Sous cette bannière symbolisée dans les pages du journal par un bonnet phrygien et une cocarde tricolore en première page, plusieurs textes sont regroupés autour de l’actualité de la Révolution française dans les mouvements artistiques et sociaux contemporains.
L’éditorial signé Grégoire Biseau voit le système politique actuel, celui où "le roi-président est toujours sur son trône" — comme au bord de l’épuisement et comme une preuve que la "Révolution de 1789 n’a pas fini sa grande œuvre". Le deuxième texte du dossier est une interview de plusieurs metteurs en scène qui ont consacré de récents spectacles ou des scripts en cours de réalisation à la Révolution (Joël Pommerat metteur en scène d’un spectacle intitulé Ça Ira. Fin de Louis, Nicolas Klotz, scénariste, Pierre Schoeller, Marcel Bozonnet) Les quatre artistes insistent sur la question du peuple et de son "invisibilité", réelle ou supposée dans le débat politique. Les questions qu’ils se posent sont au cœur des représentations actuelles de la Révolution française et du "retour de la Révolution" depuis 2011. Dans un autre article, le philosophe Michael Fossel rappelle le lien historique entre la notion de Révolution et la gauche en France. Enfin, dans une interview Sophie Wahnich rappelle que ce retour est antérieur aux révolutions arabes et revient sur les raisons de ce retour dans le débat public.

La révolution des communs Actuel

Reportage de Rue89 autour du retour des "communs", avec l'exemple des prud'homies de pêcheurs. Extraits :

Dans la prud’homie de Sanary-sur-Mer, les pêcheurs s’autorégulent et luttent contre le productivisme. Une autre vision du travail, de la propriété et des relations sociales. Et le fondement d’une révolution ? (...) Lorsque je me suis intéressé « aux communs », ce principe revigoré par le numérique et dont certains pensent qu’il peut servir de nouveau logiciel à la gauche, on m’a conseillé d’aller voir ces micro-sociétés d’artisans-pêcheurs.
Ces derniers élisent des prud’hommes ( « hommes sages, avisés, d’expérience ») chargés d’organiser la pêche sur leur territoire : les longueurs de filets, le nombre d’hameçons autorisés, la répartition des zones les plus poissonneuses, les espèces que l’on peut cibler...
Les « gangsters » qui ne se soumettent pas à la discipline sont jugés par leurs pairs.

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La « Terreur », de Robespierre à Daech, en passant par Podemos Actuel

Par Florence Gauthier, Historienne

Un nouvel accès d’un prurit « terrorisant » frappe depuis quelques temps ! Il a été réactivé récemment par Pedro J. Ramirez, ancien directeur du journal El Mundo, de Madrid, qui a publié un pavé de près de 1000 pages, intitulé en espagnol : El primer naufragio, 2013, traduit en français sous le titre provocateur suivant : Le Coup d’état. Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie, Paris Vendémiaire, 2014. Et le 10 juin 2015, dans le journal ''Ouest-France'', le sociologue Michel Wieviorka s’en prend à son tour à Robespierre, pour le comparer… à Daech !
Il faut noter que Pedro J. Ramirez a tenu à induire une comparaison avec Pablo Iglesias, fondateur du parti Podemos, non dans son livre, dans lequel il n’en dit mot, mais dans les interviews qu’il donne au sujet de son livre : il compare alors Iglesias et Robespierre, exprimant ses positions politiques personnelles (1).

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Mathias et la Révolution Actuel

« Mathias traverse Paris, il a un rendez-vous important, il rencontre beaucoup de gens. Sans arrêt Mathias pense à la Révolution, il en parle à tout le monde. Les autres aussi y pensent, en parlent. Il y a des rumeurs d’émeute. »
Mathias et la Révolution est un roman de Leslie Kaplan en cours d’écriture à paraître aux Éditions P.O.L. Une adaptation est présentée au Théâtre du Nord, à Lille, du 15 au 20 juin 2015.

Voir la présentation du spectacle et l'entretien avec Leslie Kaplan sur France Culture

La Révolution française et l'histoire du monde Actuel

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS/Université de Lyon

A propos de Jean-Numa Ducange, La Révolution française et l’histoire du monde. Deux siècles de débats historiques et politiques 1815-1991, Paris, Armand Colin, 2014, 302 pages.

La recherche sur l’actualité de la Révolution française au regard de la transmission de son héritage connaît un net regain d’intérêt chez les politistes et les historiens. En témoigne l’ouvrage collectif dirigé par Sophie Wahnich,Histoire d’un trésor perdu. Transmettre la Révolution française, paru en 2013 (Paris, Les Prairies ordinaires), qui interroge ce qu’il en est aujourd’hui du potentiel créateur de la Révolution française, s’articulant ainsi aux préoccupations présentes sur la citoyenneté. L’historien Jean-Numa Ducange intervient dans ce collectif pour y présenter la part de la transmission socialiste de la Révolution française. Présentement, il intègre ses recherches personnelles sur les historiographies socialistes de la Révolution française dans une exploration beaucoup plus vaste des travaux et des débats parmi les historiens, mais aussi dans le milieu des hommes politiques, avec une attention particulière à la portée politique du fait révolutionnaire dans leurs pays respectifs. A ce titre, il mobilise, avec une parfaite maîtrise scientifique, l’abondante littérature secondaire en plusieurs langues. Il peut ainsi proposer une vaste synthèse de la réception française, et plus largement internationale, de la Révolution française. Notre compte-rendu insiste sur les enjeux de cette approche globale, en particulier dans l’étape finale, sans entrer dans le détail des analyses.

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Saint-Just : Sur la Police générale Actuel

Publication d'une traduction anglaise du rapport de Saint-Just Sur la Police générale, pour le 220e anniversaire de sa mort

La revue sud-africaine de sciences politiques Theoria. A Journal of Social and Political Theory a fait paraître en décembre 2014 (vol. 61, n°141) un numéro sur « La Police et la Théorie critique ». Il met en exergue cette citation de Saint-Just : « Il n’est point de gouvernement qui puisse maintenir les droits des citoyens sans une police sévère ; mais la différence d’un régime libre à un régime tyrannique est que, dans le premier, la police est exercée sur la minorité, opposée au bien général, et sur les abus ou négligences de l’autorité ; au lieu que, dans le second, la police de l’état s’exerce contre les malheureux, livrés à l’injustice et à l’impunité du pouvoir.» Dans l’éditorial Jérémie Barthas pointe les enjeux démocratiques d'une « haute police » consacrée à la surveillance des élites au pouvoir ; il suggère que « la redéfinition du concept et de la fonction de la police » proposée par Saint-Just dans son Rapport sur la Police générale pourrait servir à « renforcer l’outillage théorique de la Théorie critique du pouvoir policier ».

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Qui a peur de l’Incorruptible ? Pablo Iglesias et la Révolution française Actuel

Par Olivier Tonneau, Homerton College, Cambridge

Cet article est paru en anglais dans le journal The Guardian du 18 février 2015.

Pablo Iglesias, le dirigeant du parti espagnol Podemos, est un homme traqué par l’Histoire – et particulièrement par l’histoire de la Révolution française. Ses références à la guillotine font en effet couler beaucoup d’encre dans les médias espagnols. En juin 2012, en réaction aux coupes budgétaires imposées par le gouvernement, Pablo Iglesias tweetait : « Des coupes, d’accord… mais avec la guillotine » . Un an plus tard, il publiait une tribune intitulée « Une Guillotine à la Puerta Del Sol » . La même année, dans une interview télévisée, Iglesias demandait : « Savez-vous quel acte symbolise l’avènement historique de la démocratie ? C’est l’exécution d’un roi, Louis XVI, décapité par la guillotine. »

« Les Espagnols se seraient épargnés bien des horreurs s’ils avaient fait usage de l’outil de la justice démocratique » déplorait Iglesias, avant de citer Robespierre : « Punir les oppresseurs de l'humanité, c'est clémence ; leur pardonner, c'est barbarie. » Il ne se passe pas une semaine sans qu’il soit fait référence à ces propos dans le débat public. La semaine passée, Eduardo Garcia Serrano, fondateur du journal de centre-droit El Mundo, surnommait ironiquement Iglesias « El incorruptible Senor X ».

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Les biens communs : un mouvement de communards Actuel

Le cinquième numéro de Les Possibles, la revue scientifique d'ATTAC, est consacré aux définitions, usages et enjeux de la notion de communs. Textes de Fabienne Orsi, Christian Laval et Pierre Dardot, Benjamin Coriat, Jacques Cossart, Jean-Marie Harribey, Hervé Le Crosnier, Catherine Baron, Marcella Olivera, Jean-Luc Touly. Extrait de l'article de Benjamin Coriat qui, avec Fabienne Orsi, insiste sur la "reconquête du droit de propriété" (Orsi) et fait le lien avec les luttes paysannes des XVIIe et XVIIIe siècles contre la propriété exclusive portée par le capitalisme naissant, luttes pour le droit à l'existence qui sont au cœur de la Révolution française :

Là est la puissance du commun, il apporte une réponse à l’extension sans freins de l’idéologie propriétaire et de sa crise, typiques de l’offensive néolibérale, en portant le fer en son cœur même : les droits de propriété. Le commun, comme le « libre », chacun à leur manière mais souvent de manière complémentaire, apportent des formules capables de subvertir le droit de propriété conçu et appliqué comme exclusif, pour en faire du droit partagé, du droit distribué, et quelquefois du droit « communal », au sens d’un droit appartenant à une communauté et dont chacun des membres a (différents aspects) de la « jouissance. »
Ainsi, les communs d’aujourd’hui (dans les sociétés occidentales, essentiellement de nature informationnelle…) sont les héritiers des luttes contre les enclosures physiques du passé. Ils sont le produit direct des combats menés contre les enclosures de la pensée et de la création, constitués par des « droits de propriété intellectuelle » nouveaux ou l’expansion et le durcissement de ceux qui préexistaient déjà. Au demeurant, depuis son origine, le mouvement des communs est consubstantiel à sa relation et à son affrontement avec l’érection de droits de propriété exclusifs visant à les abolir.

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Assassin's Creed et la Révolution française (suite) Actuel

Polémique autour du dernier opus du jeu vidéo Assassin's Creed, qui se déroule pendant la Révolution française, dont nous notions en août dernier la propension à multiplier les clichés thermidoriens et contre-révolutionnaires. Sur son blog, Alexis Corbière, du Parti de Gauche, dénonce la "propagande réactionnaire" véhiculée par la bande annonce et répond aux remarques suscitées pour ce premier billet. Voir également les explications d'Antoine Vimal du Monteil, un des producteurs du jeu, qui dit assumer les anachronismes (qui ne sont pas l'objet de la polémique) mais n'évoque pas les choix idéologiques de cette fiction.

Le lien entre Marseille et Robespierre est maintenu Actuel

Discours de Mikaël BALMONT lors de la conférence de presse du Collectif Robespierre qui s'est tenue le samedi 18 octobre 2014 sur la place Robespierre de Mazargues à Marseille :

Le Collectif de Défense de la place Robespierre a souhaité organiser cette conférence de presse pour remercier le millier de signataires de la pétition que nous avions initiée pour défendre le nom de cette place : Robespierre. Parmi ces milliers de signataires, nous tenions tout particulièrement à remercier les centaines de mazarguais qui se sont mobilisés à nos côtés.
Les attaques des élus de droite à l'encontre des acquis et des idéaux de la Révolution Française ne datent pas d'hier : déjà en 1999, le Maire de secteur, l'UMP Guy Teissier, a voulu débaptiser la place Robespierre, il a voulu réécrire l'Histoire en salissant la mémoire de cette figure de la Révolution Française. Et déjà, en 1999, des mazarguais et des marseillais, citoyens et élus, soutenus par des historiens tels que Michel Vovelle s'étaient élevés contre cette manipulation. La Mairie de droite avait alors renoncé face à la conviction du peuple marseillais qui savait bien ce qu'il devait à Robespierre. En effet, il existe un lien particulier entre Robespierre et Marseille que je tiens à rappeler.

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