Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Médéric Moreau de Saint Méry contre Julien Raimond (1789-1791)   En ligne

Par Florence Gauthier, ICT, Université Paris Diderot-Paris 7

Julien Raimond, comme Moreau de Saint Méry, ont été peu étudiés, mais déjà des préjugés ont campé nos deux protagonistes. Pour l’éternité ? Nous ne le souhaitons pas et allons tenter d’éclairer la biographie et la rencontre de ces deux personnages. Au passage, nous découvrirons la source de quelques-uns de ces préjugés.

Que dit-on de Julien Raimond ? Né en 1744 à Bainet, dans la province du Sud de Saint-Domingue, il mourut en 1801. Luc Nemours lui a consacré une brève étude, publiée en 1951, dans laquelle il le présente comme le chef des gens de couleur de Saint-Domingue. Dans son beau travail consacré à la catégorie des libres de couleur dans les colonies françaises de la Caraïbe de 1635 à 1833, Yvan Debbasch présente Julien Raimond comme un défenseur des libres de couleur. John Garrigus, dans une étude de 1990, estime lui aussi que Raimond s’est occupé de défendre les droits de sa couleur. Enfin, Pierre Pluchon, un historien qui ne cache pas ses préjugés racistes, dresse un portrait doublement péjoratif de Julien Raimond, l’un des chefs mulâtres libres qui fut, avec son gendre Pascal, un affairiste à la conduite trouble.

Lire la suite dans Le Canard Républicain

Michel Onfray, Marat et la Révolution française   En ligne

Texte de Vincent Folliot, "La Révolution française pour les Nuls : Michel Onfray, philosophe, écrivain", publié le 5 juillet 2009 dans L'Oeil Critique.

Michel Onfray cultive une liberté de pensée et d’action. Le voilà donc qui s’échine, dans un court travail de 80 pages, à aborder le thème difficile de la Révolution française et à y délivrer une pensée qui, me semble-t-il, ne peut rivaliser avec un quelconque manuel de seconde. Bref, Michel Onfray s’esquinte dans le champ de l’histoire et ça tombe bien. « La religion du poignard – Eloge de Charlotte Corday ». Voilà le titre.

Lire l'article de Vincent Folliot dans L'Oeil Critique

Dominación, derecho, propiedad y economía política popular   En ligne

Un ejercicio de historia de los conceptos

Par Antoni Domènech, Université de Barcelone

Como yo no creo en las grandes filosofías de la historia al uso, es decir en esas grandes generalizaciones, la mayor virtud de las cuales, como dijo Marx en ocasión tan memorable como olvidada por muchos marxistas, es que son suprahistóricas; como descreo de esas generalizaciones, más o menos brillantes pero casi siempre desapoderadas, me ha parecido bueno desarrollar modestamente esta intervención con unas breves observaciones sobre la historia de esos mismos conceptos: “dominación”, “derecho”, “economía política”, “economía política popular”.

Los conceptos de “dominación” y de “derecho” tienen una larga historia, y en varios sentidos interesantes, andan inextricablemente unidos; el concepto de “economía política”, que irrumpió como un oxímoron en el XVIII y murió académicamente a comienzos del XX, una historia mucho más breve; y el concepto de “economía política popular”, todavía más efímera: apenas las tres décadas finales del XVIII.

Lire le texte publié dans SinPermiso.info du 29 novembre 2009

Milton, la dignité et la résistance à l'oppression   En ligne

Par Christopher Hamel, Université de Rouen, NoSoPhi-Université Paris 1

Ce texte a été publié sous le titre « "People (...) Should Stand Like Men and Demand Their Rights and Liberties" : le motif de la dignité dans le droit de résistance chez Milton » dans la revue Etudes Epistémè (15-2009). Selon Christopher Hamel, qui s'inscrit dans les problématiques du républicanisme et du droit naturel, "il ne saurait y avoir de véritable opposition entre contractualisme et républicanisme chez Milton. En particulier, il y a dans l’idée de dignité, mobilisée dans The Tenure of Kings and Magistrates et dans d’autres de ses écrits politiques pour justifier le droit de résistance au pouvoir arbitraire, une réconciliation de la pensée du droit naturel moderne et de la pensée républicaine classique."

Lire l'article dans Etudes Epistémè

Pour une ontologie historique du discours robespierriste   En ligne

Robespierre et la formation de l'esprit politique au cours des années 1780

Par Jacques Guilhaumou UMR "Triangle", ENS/LSH, Université de Lyon.

La publication récente d'un onzième volume des Œuvres de Robespierre, sous la responsabilité de Florence Gauthier, et qui porte en grande part sur ses interventions en tant qu'avocat, académicien, puis acteur de la campagne électorale aux États généraux dans les années 1780, permet de décrire l'ontologie historique du discours robespierriste. Il s'agit d'analyser la manière dont Robespierre se constitue lui-même comme sujet observant, participant puis agissant au tout début de la Révolution française. Robespierre apparaît ainsi partie prenante du travail de l'esprit politique qui prédomine chez les futurs législateurs, à l'exemple de Sieyès déjà étudié, durant cette période. Un travail basé sur un socle sociologique d'observation sociale qui précise sa participation active à l'élaboration de notions-concepts ouvrant la possibilité de nommer l'ordre politique, avant même que ce nouvel ordre s'inscrive en 1789 à l'horizon du droit naturel déclaré. Sa touche personnelle concerne l'accent mis sur le nécessaire rôle des femmes et l'incontournable prise en compte de la situation des malheureux, et plus largement des opprimés.

Lire cette étude parue dans Mots sur HAL-CNRS

Quand le nazisme déclarait la guerre à 1789   En ligne

Nazisme, fascisme et un peu moins ouvertement vichysme se veulent et s'affirment comme « l'anti-89 ». Il s'agit de rayer de l'histoire tout ce qui donne à la Révolution française sa grandeur, sa richesse à la fois pour les quelques années de son existence, mais encore pour les deux siècles qui l'ont suivie. La Résistance fut l'expression du non catégorique à cette prétention. Sans doute ne fut-elle pas tout entière une opposition au nazisme et au vichysme parce qu'elle s'affirmait héritière des valeurs nationales et démocratiques de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et des acquis dans tous les domaines de l'œuvre révolutionnaire de 1789-1793. Sans doute pourrait-on signaler des résistants, voire des mouvements entiers de la Résistance pour lesquels 89 ne fut pas une référence constante. Mais parce que tous sans exception combattaient pour l'indépendance totale de la nation française, sa grandeur et pour que le peuple ait droit souverainement à la parole, ils voulaient rétablir la France dans les droits conquis par 1789.

Lire la suite dans Le patriote résistant (juillet-août 2009), publication de la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes

Albert Mathiez, historien de la Révolution française. Le métier d'historien face aux manipulations de l'histoire   En ligne

Par Florence Gauthier, ICT-Université Paris 7-Denis Diderot

Albert Mathiez, le célèbre historien de la Révolution française, fondateur de la Société des études robespierristes, en novembre 1907, et de la revue Annales révolutionnaires en 1908, demeure néanmoins un penseur méconnu et encore insuffisamment étudié. Bien sûr, on remerciera James Friguglietti, ici présent, d’avoir publié la première, et fort utile, biographie d’Albert Mathiez, en 1974, mais la matière comme le temps écoulé, invitent à approfondir notre connaissance d’un des grands historiens du XXe siècle, qui rencontra, malgré sa mort prématurée, une audience internationale. Mon modeste apport se limitera à tenter de dégager les raisons du combat acharné que mena Mathiez pour faire admettre le droit de penser librement et l’indépendance de la recherche, en l’occurrence en histoire de la Révolution française. Le contexte historique de ce rude combat, celui de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe, était particulièrement lourd et plein de dangers.

Cette communication a été présentée au colloque du centenaire de la Société des études robespierristes (décembre 2007) et publiée dans les Annales historiques de la Révolution française n°353, 3-2008, p.95-112
Lire la suite en pdf sur le site des Editions Armand Colin

Understanding society: a better social ontology. The example of French Revolution   En ligne

Daniel Little, philosophe de l'Université du Michigan-Dearborn, nous propose une réflexion en matière d'ontologie sociale à propos de la Révolution française. D'un point de vue méthodologique, il écrit : "The social world is not a system of law-governed processes; it is instead a mix of different sorts of institutions, forms of human behavior, natural and environmental constraints, and contingent events. The entities that make up the social world at a given time and place have no particular ontological stability; they do not fall into 'natural kinds'; and there is no reason to expect deep similarity across a number of ostensibly similar institutions – states, for example, or labor unions. So the rule for the social world is heterogeneity, contingency, and plasticity". Il prend alors l'exemple de l'ontologie sociale propre à l'historien français Albert Soboul, dans le but d'arriver à une sorte d'inventaire des concepts ontologiques de la Révolution française dont il donne une liste non exhaustive: "events, individuals, structures, mentalities, processes, conditions, patterns, and technologies".

Voir Ontology of the French Revolution.

Making Sense of Thomas Paine   En ligne

A l'occasion du bicentenaire de la mort de Thomas Paine, le numéro 4 de la revue en ligne Common Place (juillet 2009) lui consacre un dossier : textes de J. M. Opal ("Common Sense and Imperial Atrocity"), Matteo Battistini ("Radical Revisions") et Nathalie Caron ("Debating Freedom of Speech and Conscience").

A Revolution in Fiction: the Navigation of Feeling   En ligne

A Revolution in Fiction is designed as a collaborative weblog to encourage exchanges among literature, history, art history, and the human sciences across the ages, and more particulary during the French Revolution.

Revolution Now: We hope to explore and publicize new findings about French revolutionary art, literature, and culture, and to inspire more research on the little-known, transitional period between the ancien régime and modernity (1780-1830).

Lire la suite

How neoliberals falsify the West’s political history   En ligne

Article de Michael Hudson, "The Language of Looting", publié dans Counter Punch le 23 février 2009 et dans Sin Permiso le 1er mars 2009

"Today’s clash of civilization is not really with the Orient; it is with our own past, with the Enlightenment itself and its evolution into classical political economy and Progressive Era social reforms aimed at freeing society from the surviving trammels of European feudalism. What we are seeing is propaganda designed to deceive, to distract attention from economic reality so as to promote the property and financial interests from whose predatory grasp classical economists set out to free the world. What is being attempted is nothing less than an attempt to destroy the intellectual and moral edifice of what took Western civilization eight centuries to develop, from the 12th century Schoolmen discussing Just Price through 19th and 20th century classical economic value theory."

Lire le texte en anglais dans Counter Punch ou en espagnol dans Sin Permiso

Albert Mathiez, Les Grandes journées de la Constituante   En ligne

Par Florence Gauthier, ICT-Université Paris Diderot-Paris 7

Un précieux petit livre d’un des meilleurs historiens de la Révolution française, déjà ancien et pourtant nullement dépassé pour sa méthode. L’objectif de Mathiez était de faire connaître les faits historiques au grand public, sous une forme attrayante et peu volumineuse. Son travail est une mise en scène de fragments de sources, de courts passages d’autres historiens qui ont particulièrement bien analysé ou bien raconté un fait et de quelques images de l’époque bien sûr. La mise en scène consiste à rendre clairs ce qui a conduit à ces « grandes journées », comme on les appela alors, et à relier entre eux ces morceaux choisis. Ainsi apparaît une histoire brève et en même temps détaillée et très vivante de six moments sélectionnés parmi d’autres, puisqu’il fallait se limiter, et significatifs de l’histoire de la première assemblée constituante de la Révolution en France, de 1789 à 1’achèvement de la première constitution, celle de 1791.

Lire la suite sur le site de l'Association pour une Constituante

Subversion politique et sémantique chez Thomas Paine   En ligne

"Lexique de la révolution, révolution du lexique : subversion politique et sémantique chez Thomas Paine", texte de Carine Lounissi (ERIAC-Université de Rouen) publié dans la revue Cercles, n°7, en 2003.

Lire en ligne en pdf

Les guerres de la Révolution française : exportation de la liberté ou guerres de conquêtes ?   En ligne

Par Marc Belissa, CHISCO-Université Paris X-Nanterre

Conférence prononcée dans le cadre des conférences du Centre d'Etudes d'Histoire de la Défense ayant pour thème "l'exportation armée des idées et des systèmes" et publiée dans les Cahiers du CEHD, n° 34, décembre 2008.

Dans son grand discours du 2 janvier 1792 contre la guerre projetée par les amis de Brissot et les Girondins, Robespierre déclarait : "La déclaration des droits n’est point la lumière du soleil qui éclaire au même instant tous les hommes ; ce n’est point la foudre qui frappe en même temps tous les trônes." Il ajoutait : " La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique, est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme des ennemis." Ainsi, pour Robespierre, l’idée que l’on puisse « exporter » les principes au bout des baïonnettes était en soi « extravagante ». Pourtant, cette idée que la Révolution française a, dès l’origine, cherché à imposer ses principes au-dehors est un lieu commun d’une grande partie de l’historiographie, et l’image glorieuse des soldats de l’an II voulant libérer le monde par les armes a encore quelque écho dans les représentations de l’événement.

Lire la suite en pdf

La langue politique et la Révolution française : histoire de courte durée, et de longue durée.   En ligne

Un hommage à Renée Balibar

Chercheur au CNRS, Jacques Guilhaumou étudie le processus de création d'une « langue nouvelle » de « la science politique » au cours de la Révolution française. Après un premier ouvrage de synthèse en 1989 sur La langue politique et la Révolution française, désormais disponible en édition numérique sur le site des Classiques des sciences sociales par les soins de Marcelle Bergeron et Jean-Marie Tremblay, l’entreprise collective du Dictionnaire des usages sociopolitiques, 1770-1815 en huit volumes a permis la confrontation des nouvelles études sur les langages politiques de la Révolution française aux avancées historiographiques, avec une attention particulière à la manière dont s'y déploient, - entre usages réflexifs des acteurs et concepts des historiens -, désignants socio-politiques, notions pratiques et notions concepts. Repositionnant de telles catégories discursives dans les moments de la révolution permanente, il propose plus récemment (2005) un nouveau bilan et une mise à jour bibliographique dans un article, titré de même « La langue politique et la Révolution française » et disponible sur le même site dans une édition numérique de la version auteur. Cette récente synthèse est également replacée dans une histoire de la langue politique en France sur la longue durée sous le titre Les Signes du Politique: Language and Sociability in France from the Fourteenth to the Nineteenth Century. Voir aussi la vidéo de sa conférence de 90 minutes sur le même sujet.

 

Licence Creative Commons
Révolution Française.net est sous Licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification