Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Limits of the Atlantic Republican Tradition   En ligne

A lire en ligne, le numéro de Republics of Letters autour de John Pocock et du républicanisme atlantique. On regrettera que la séparation des traditions jusnaturalistes et républicaines, qui est la principale limite des thèses de John Pocock, ne soit pas abordée.
Articles de John Pocock (The Atlantic Republican Tradition: The Republic of the Seven Provinces), Margaret Jacob (Was the Eighteenth-Century Republican Essentially Anticapitalist?), Jacob Soll (J. G. A. Pocock’s Atlantic Republicanism Thesis Revisited: The Case of John Adams’s Tacitism), Matthew Kadane (Anti-Trinitarianism and the Republican Tradition in Enlightenment Britain), Matthew Crow (Jefferson, Pocock, and the Temporality of Law in a Republic), Catherine Secretan (“True Freedom” and the Dutch Tradition of Republicanism), Luc Foisneau (Governing a Republic: Rousseau’s General Will and the Problem of Government) et Thomas Maissen (Why Did the Swiss Miss the Machiavellian Moment? History, Myth, Imperial and Constitutional Law in the Early Modern Swiss Confederation).

Lire ces articles dans Republics of Letters

L'homme économique   En ligne

Dans L'homme économique. Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard, 2007) Christian Laval étudie la genèse des valeurs néolibérales aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Extrait de la quatrième de couverture : "Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d’existence des êtres et des biens. Il n’est pourtant que la pointe émergée d’une conception anthropologique globale qu’au fil des siècles l’Occident a élaborée. Celle-ci pose que l’univers social est régi par la préférence que chacun s’accorde à lui-même, par l’intérêt qui l’anime à entretenir les relations avec autrui, voire l’utilité qu’il représente pour tous. La définition de l’homme comme "machine à calculer" s’étend bien au-delà de la sphère étroite de l’économie, elle fonde une conception complète, cohérente, de l’homme intéressé, ambitionnant même un temps de régir jusqu’aux formes correctes de la pensée, à l’expression juste du langage, à l’épanouissement droit des corps."

Voir la vidéo d'un entretien avec Christian Laval et lire une recension de son ouvrage dans Mouvements

La traite des Noirs vue du pont du navire négrier   En ligne

Marcus Rediker The Slave Ship

L’historien américain Marcus Rediker nous offre dans son dernier livre The Slave Ship. A Human History, disponible en collection de poche chez Penguin (2007), une magistrale histoire de la traite des Noirs au XVIIIe siècle dans laquelle ce ne sont pas tant les chiffres, les analyses de l’impact démographique ou des conséquences économiques de la déportation des esclaves qui importent, mais plutôt les éléments d’une étude sociale et culturelle de la traite vue au niveau du pont du navire négrier. Cette histoire from below, déjà fréquentée par Marcus Rediker dans ses ouvrages précédents sur les pirates ou sur l'Atlantique révolutionnaire, se situe dans la grande tradition historiographique des Christopher Hill, Edward Palmer Thompson et Peter Linebaugh. Le but de Rediker est d’étudier le navire négrier en tant que phénomène socioculturel global, non seulement du point de vue des esclaves, mais aussi des marins, des capitaines, des forces du capital engagés dans la traite, etc. Il y décrit les rapports individuels, sociaux, la construction des identités de "race", de genre, mais aussi les modes de survie, de collaboration entre esclaves, entre marins et parfois, entre marins et esclaves.

Sans chercher à accumuler les descriptions atroces, Rediker redonne à la traite sa dimension mortifère et proprement "terrorisante". Il montre comment la violence et la terreur exercées contre les captifs, mais aussi à l’égard des matelots font partie du système de domination et d’accumulation primitive capitalistes en construction.

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La haine de Marat : Onfray ou l’affabulation   En ligne

Par Guillaume Mazeau, IHRF-Paris 1

En 2009, Michel Onfray a publié une apologie de Charlotte Corday. Plutôt bien accueillie par les médias, cette histoire est pourtant historiquement médiocre et politiquement scandaleuse. Depuis Adam Lux (1765-1793), ce Mayençais guillotiné pour avoir publié un chant d’amour en l’honneur de la belle Corday, la liste de ceux dont «l’ange de l’assassinat» a fait perdre la tête ne cesse de s’allonger. S’il participe d’un retour de flamme plus général pour Corday, le coming out de Michel Onfray ne peut que surprendre et inquiéter, surtout lorsque celui-ci reçoit la bénédiction de la critique la plus installée. Car cet éloge cache un brûlot mal inspiré, jamais fondé, truffé d’erreurs, ponctué d’attaques haineuses, arbitraires – et pour tout dire, populistes. Onfray veut montrer que Charlotte Corday peut inspirer tous ceux qui, lassés d’une gauche de ressentiment impuissante et rongée par les haines et les envies, demeurent fidèles à l’action, à la morale et à la vertu.

Lire le texte sur marat-jean-paul.org

Médéric Moreau de Saint Méry contre Julien Raimond (1789-1791)   En ligne

Par Florence Gauthier, ICT, Université Paris Diderot-Paris 7

Julien Raimond, comme Moreau de Saint Méry, ont été peu étudiés, mais déjà des préjugés ont campé nos deux protagonistes. Pour l’éternité ? Nous ne le souhaitons pas et allons tenter d’éclairer la biographie et la rencontre de ces deux personnages. Au passage, nous découvrirons la source de quelques-uns de ces préjugés.

Que dit-on de Julien Raimond ? Né en 1744 à Bainet, dans la province du Sud de Saint-Domingue, il mourut en 1801. Luc Nemours lui a consacré une brève étude, publiée en 1951, dans laquelle il le présente comme le chef des gens de couleur de Saint-Domingue. Dans son beau travail consacré à la catégorie des libres de couleur dans les colonies françaises de la Caraïbe de 1635 à 1833, Yvan Debbasch présente Julien Raimond comme un défenseur des libres de couleur. John Garrigus, dans une étude de 1990, estime lui aussi que Raimond s’est occupé de défendre les droits de sa couleur. Enfin, Pierre Pluchon, un historien qui ne cache pas ses préjugés racistes, dresse un portrait doublement péjoratif de Julien Raimond, l’un des chefs mulâtres libres qui fut, avec son gendre Pascal, un affairiste à la conduite trouble.

Lire la suite dans Le Canard Républicain

Michel Onfray, Marat et la Révolution française   En ligne

Texte de Vincent Folliot, "La Révolution française pour les Nuls : Michel Onfray, philosophe, écrivain", publié le 5 juillet 2009 dans L'Oeil Critique.

Michel Onfray cultive une liberté de pensée et d’action. Le voilà donc qui s’échine, dans un court travail de 80 pages, à aborder le thème difficile de la Révolution française et à y délivrer une pensée qui, me semble-t-il, ne peut rivaliser avec un quelconque manuel de seconde. Bref, Michel Onfray s’esquinte dans le champ de l’histoire et ça tombe bien. « La religion du poignard – Eloge de Charlotte Corday ». Voilà le titre.

Lire l'article de Vincent Folliot dans L'Oeil Critique

Dominación, derecho, propiedad y economía política popular   En ligne

Un ejercicio de historia de los conceptos

Par Antoni Domènech, Université de Barcelone

Como yo no creo en las grandes filosofías de la historia al uso, es decir en esas grandes generalizaciones, la mayor virtud de las cuales, como dijo Marx en ocasión tan memorable como olvidada por muchos marxistas, es que son suprahistóricas; como descreo de esas generalizaciones, más o menos brillantes pero casi siempre desapoderadas, me ha parecido bueno desarrollar modestamente esta intervención con unas breves observaciones sobre la historia de esos mismos conceptos: “dominación”, “derecho”, “economía política”, “economía política popular”.

Los conceptos de “dominación” y de “derecho” tienen una larga historia, y en varios sentidos interesantes, andan inextricablemente unidos; el concepto de “economía política”, que irrumpió como un oxímoron en el XVIII y murió académicamente a comienzos del XX, una historia mucho más breve; y el concepto de “economía política popular”, todavía más efímera: apenas las tres décadas finales del XVIII.

Lire le texte publié dans SinPermiso.info du 29 novembre 2009

Milton, la dignité et la résistance à l'oppression   En ligne

Par Christopher Hamel, Université de Rouen, NoSoPhi-Université Paris 1

Ce texte a été publié sous le titre « "People (...) Should Stand Like Men and Demand Their Rights and Liberties" : le motif de la dignité dans le droit de résistance chez Milton » dans la revue Etudes Epistémè (15-2009). Selon Christopher Hamel, qui s'inscrit dans les problématiques du républicanisme et du droit naturel, "il ne saurait y avoir de véritable opposition entre contractualisme et républicanisme chez Milton. En particulier, il y a dans l’idée de dignité, mobilisée dans The Tenure of Kings and Magistrates et dans d’autres de ses écrits politiques pour justifier le droit de résistance au pouvoir arbitraire, une réconciliation de la pensée du droit naturel moderne et de la pensée républicaine classique."

Lire l'article dans Etudes Epistémè

Pour une ontologie historique du discours robespierriste   En ligne

Robespierre et la formation de l'esprit politique au cours des années 1780

Par Jacques Guilhaumou UMR "Triangle", ENS/LSH, Université de Lyon.

La publication récente d'un onzième volume des Œuvres de Robespierre, sous la responsabilité de Florence Gauthier, et qui porte en grande part sur ses interventions en tant qu'avocat, académicien, puis acteur de la campagne électorale aux États généraux dans les années 1780, permet de décrire l'ontologie historique du discours robespierriste. Il s'agit d'analyser la manière dont Robespierre se constitue lui-même comme sujet observant, participant puis agissant au tout début de la Révolution française. Robespierre apparaît ainsi partie prenante du travail de l'esprit politique qui prédomine chez les futurs législateurs, à l'exemple de Sieyès déjà étudié, durant cette période. Un travail basé sur un socle sociologique d'observation sociale qui précise sa participation active à l'élaboration de notions-concepts ouvrant la possibilité de nommer l'ordre politique, avant même que ce nouvel ordre s'inscrive en 1789 à l'horizon du droit naturel déclaré. Sa touche personnelle concerne l'accent mis sur le nécessaire rôle des femmes et l'incontournable prise en compte de la situation des malheureux, et plus largement des opprimés.

Lire cette étude parue dans Mots sur HAL-CNRS

Quand le nazisme déclarait la guerre à 1789   En ligne

Nazisme, fascisme et un peu moins ouvertement vichysme se veulent et s'affirment comme « l'anti-89 ». Il s'agit de rayer de l'histoire tout ce qui donne à la Révolution française sa grandeur, sa richesse à la fois pour les quelques années de son existence, mais encore pour les deux siècles qui l'ont suivie. La Résistance fut l'expression du non catégorique à cette prétention. Sans doute ne fut-elle pas tout entière une opposition au nazisme et au vichysme parce qu'elle s'affirmait héritière des valeurs nationales et démocratiques de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et des acquis dans tous les domaines de l'œuvre révolutionnaire de 1789-1793. Sans doute pourrait-on signaler des résistants, voire des mouvements entiers de la Résistance pour lesquels 89 ne fut pas une référence constante. Mais parce que tous sans exception combattaient pour l'indépendance totale de la nation française, sa grandeur et pour que le peuple ait droit souverainement à la parole, ils voulaient rétablir la France dans les droits conquis par 1789.

Lire la suite dans Le patriote résistant (juillet-août 2009), publication de la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes

Albert Mathiez, historien de la Révolution française. Le métier d'historien face aux manipulations de l'histoire   En ligne

Par Florence Gauthier, ICT-Université Paris 7-Denis Diderot

Albert Mathiez, le célèbre historien de la Révolution française, fondateur de la Société des études robespierristes, en novembre 1907, et de la revue Annales révolutionnaires en 1908, demeure néanmoins un penseur méconnu et encore insuffisamment étudié. Bien sûr, on remerciera James Friguglietti, ici présent, d’avoir publié la première, et fort utile, biographie d’Albert Mathiez, en 1974, mais la matière comme le temps écoulé, invitent à approfondir notre connaissance d’un des grands historiens du XXe siècle, qui rencontra, malgré sa mort prématurée, une audience internationale. Mon modeste apport se limitera à tenter de dégager les raisons du combat acharné que mena Mathiez pour faire admettre le droit de penser librement et l’indépendance de la recherche, en l’occurrence en histoire de la Révolution française. Le contexte historique de ce rude combat, celui de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe, était particulièrement lourd et plein de dangers.

Cette communication a été présentée au colloque du centenaire de la Société des études robespierristes (décembre 2007) et publiée dans les Annales historiques de la Révolution française n°353, 3-2008, p.95-112
Lire la suite en pdf sur le site des Editions Armand Colin

Understanding society: a better social ontology. The example of French Revolution   En ligne

Daniel Little, philosophe de l'Université du Michigan-Dearborn, nous propose une réflexion en matière d'ontologie sociale à propos de la Révolution française. D'un point de vue méthodologique, il écrit : "The social world is not a system of law-governed processes; it is instead a mix of different sorts of institutions, forms of human behavior, natural and environmental constraints, and contingent events. The entities that make up the social world at a given time and place have no particular ontological stability; they do not fall into 'natural kinds'; and there is no reason to expect deep similarity across a number of ostensibly similar institutions – states, for example, or labor unions. So the rule for the social world is heterogeneity, contingency, and plasticity". Il prend alors l'exemple de l'ontologie sociale propre à l'historien français Albert Soboul, dans le but d'arriver à une sorte d'inventaire des concepts ontologiques de la Révolution française dont il donne une liste non exhaustive: "events, individuals, structures, mentalities, processes, conditions, patterns, and technologies".

Voir Ontology of the French Revolution.

Making Sense of Thomas Paine   En ligne

A l'occasion du bicentenaire de la mort de Thomas Paine, le numéro 4 de la revue en ligne Common Place (juillet 2009) lui consacre un dossier : textes de J. M. Opal ("Common Sense and Imperial Atrocity"), Matteo Battistini ("Radical Revisions") et Nathalie Caron ("Debating Freedom of Speech and Conscience").

A Revolution in Fiction: the Navigation of Feeling   En ligne

A Revolution in Fiction is designed as a collaborative weblog to encourage exchanges among literature, history, art history, and the human sciences across the ages, and more particulary during the French Revolution.

Revolution Now: We hope to explore and publicize new findings about French revolutionary art, literature, and culture, and to inspire more research on the little-known, transitional period between the ancien régime and modernity (1780-1830).

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How neoliberals falsify the West’s political history   En ligne

Article de Michael Hudson, "The Language of Looting", publié dans Counter Punch le 23 février 2009 et dans Sin Permiso le 1er mars 2009

"Today’s clash of civilization is not really with the Orient; it is with our own past, with the Enlightenment itself and its evolution into classical political economy and Progressive Era social reforms aimed at freeing society from the surviving trammels of European feudalism. What we are seeing is propaganda designed to deceive, to distract attention from economic reality so as to promote the property and financial interests from whose predatory grasp classical economists set out to free the world. What is being attempted is nothing less than an attempt to destroy the intellectual and moral edifice of what took Western civilization eight centuries to develop, from the 12th century Schoolmen discussing Just Price through 19th and 20th century classical economic value theory."

Lire le texte en anglais dans Counter Punch ou en espagnol dans Sin Permiso

 

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