Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Le "croissant méditerranéen" dans la géopolitique du Directoire   Etudes

par Marc Belissa, CHISCO - Paris X Nanterre

Ce texte reprend une communication prononcée lors de la journée d’études de l’IHRF sur la Méditerranée pendant la période révolutionnaire en mai 2005. Une partie a été intégrée dans "Repenser l'ordre européen, 1795-1802. De la société des rois aux droits des nations", Paris, Kimé, 2006. Le texte présenté ici est plus développé que le chapitre correspondant dans ce dernier ouvrage.

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Nouvelle parution numérique : Histoire du matérialisme et de son importance à notre époque   Outils

Par Friedrich-Albert Lange

Tome I. Histoire du matérialisme jusqu’à Kant.

Dans les classiques des sciences sociales, signalons une édition électronique réalisée à partir du texte traduit de l’allemand sur la deuxième édition par B. Pommerol. Paris: Schleicher Frères, 1910, 528 pp. (première édition: 1877)

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La « Tricoteuse » : formation d’un mythe contre-révolutionnaire   Mots

Par Dominique Godineau, CERHIO UMR 6258 Université de Rennes II

"Tricoteuses : C'est ainsi qu'on appela les femmes d'origine populaire qui suivaient en tricotant les séances de là Convention et apostrophaient les députés depuis les tribunes. Elles se trouvaient aussi sur le chemin menant à l'échafaud et participaient aux "messes rouges", trempant leurs mouchoirs dans le sang des victimes. La plus célèbre des tricoteuses est Aspasie Carlemigelli qui foula aux pieds le cadavre du député Féraud, massacré le 20 mai 1795..." (1).

"Tricoteuses : Durant la Terreur, elles s'installent, quelques unes sans doute avec leur tricot, au pied de la guillotine pour voir tomber les têtes. D'où la légende des Tricoteuses de Robespierre » (2).

"la tricoteuse" : "image fantasmatique de la femme sur laquelle la Révolution évacuait une partie de la sauvagerie dont elle se savait porteuse"..."celle qui au pied de l'échafaud se délecte avec une complète insensibilité au sanglant spectacle qui lui est offert" (3).

« Tricoteuses : terme désignant les femmes qui s’assemblent devant la guillotine ou suivent la charrette /des condamnés/ en tricotant » (4).

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Robespierre contre le décret dit du marc d'argent   Commentaires

Par Yannick Bosc, GHRIS-Université de Rouen

Maximilien Robespierre, « Sur la nécessité de révoquer les décrets qui attachent l'exercice des droits du citoyen à la contribution du marc d'argent ou d'un nombre déterminé de journées d'ouvrier », avril 1791. Extraits et proposition de commentaire de ce célèbre discours qui est une bonne introduction à la pensée politique de Robespierre.

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Egaliberté   En ligne

Par Etienne Balibar, Université Paris X-Nanterre, University of California, Irvine

Ce texte qui développe un exposé présenté en 1989, devenu un classique, est publié sur le site du Centre International d'Etude de la Philosophie Française Contemporaine.

Je voudrais proposer quelques formulations qui nous aident à nous orienter parmi les présupposés d'une discussion caractéristique des années 80. A la fois matière de spécialistes et enjeu de stratégies dans l'opinion publique, cette discussion est marquée par la substitution tendancielle du thème des rapports entre l'"éthique" et le "politique" au thème des rapports entre le politique et le "social", et peut-être plus profondément par la réinscription du second dans le premier. Elle voit - à "droite" mais aussi à "gauche" - la question de la révolution céder la place à celle de la citoyenneté. A moins que, plus profondément, ce qui est en jeu ne soit une reformulation de la question de la révolution en termes de citoyenneté, donc de civisme et de civilité, soit qu'on évoque un renouveau de la citoyenneté (dépassant la reconnaissance des droits individuels), soit qu'on avance l'idée d'une "nouvelle citoyenneté".

C'est pourquoi il n'est pas étonnant qu'un thème central des débats en cours - toute coïncidence de dates et d'anniversaires mise à part - concerne la nature, le déroulement et la portée historique de la Révolution française, et plus particulièrement de son texte "fondateur" : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, dont on questionne à nouveau la signification et le type d'universalité.

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Les ambiguïtés du peuple   Annonces

par Gérard Bras, Professeur de Khâgne, ancien Directeur de programme au Collège International de Philosophie

les ambiguités du peuple

Introduction de l'ouvrage, Les ambiguïtés du peuple, Nantes, Editions Plein Feux, 2008.

« Peuple: nom collectif difficile à définir, parce qu'on s'en forme des idées différentes dans les divers lieux, dans les divers temps et selon la nature des événements » (Encyclopédie, article 'Peuple").

« Par le terme de peuple (populus), on entend la masse des hommes réunis en une contrée, pour autant qu'ils constituent un tout. Cette masse, ou les éléments de cette masse à qui une origine commune permet de se reconnaître comme unie en une totalité civile, s'appelle nation (gens); la partie qui s'exclut de ces lois (l'élément indiscipliné de ce peuple) s'appelle la plèbe (vulgus); quand elle se coalise contre les lois, c'est la révolte (agere per turbas): conduite que la déchoît de sa qualité de citoyen » (Kant, Anthropologie d'une point de vue pragmatique, Traduction M. Foucault, Paris, Vrin, 1970).

« Mirabeau: On a cru m’opposer le plus terrible dilemme en me disant que le mot peuple signifie nécessairement ou trop ou trop peu, que si on l’explique dans le même sens que le latin populus, il signifie nation (…), que si on l’entend en un sens plus restreint comme le latin plebs, alors il suppose des ordres, des différences d’ordre et que c’est là ce que nous voulons prévenir. On a même été jusqu’à craindre que ce mot ne signifiât ce que les Latins appelaient vulgus, ce que les aristocrates tant nobles que roturiers appellent insolemment la canaille. A cet argument, je n’ai que ceci à répondre. C’est qu’il est infiniment heureux que notre langue dans sa stérilité nous ait fourni un mot que les autres langues n’auraient pas donné dans leur abondance (…) un mot qui ne puisse nous être contesté et qui dans son exquise simplicité nous rende cher à nos commettants sans effrayer ceux dont nous avons à combattre la hauteur et les prétentions, un mot qui se prête à tout et qui, modeste aujourd’hui, puisse grandir notre existence à mesure que les circonstances le rendront nécessaire, à mesure que, par leur obstination, par leur faute, les classes privilégiées nous forceront à prendre en main la défense des droits nationaux et de la liberté du peuple » (1).

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Mably, le républicanisme, la Pologne   Annonces

Mably

Gabriel Bonnot de MABLY, Du gouvernement et des Lois de la Pologne, suivi de De la situation politique de la Pologne en 1776 et de Le Banquet des Politiques, Paris, Kimé, 2008. Introduction et notes de Marc Belissa Paris X Nanterre

L'extrait présenté ici est le premier chapitre de la première partie du Gouvernement et des Lois de la Pologne de Mably. Il est suivi de la table des matières de l'ouvrage.

De la situation actuelle de la Pologne. Ses intérêts, ses besoins. De la méthode avec laquelle les confédérés de Bar doivent procéder à la réforme des lois. De l’établissement d’une puissance législative.

NOUS nous entretenons souvent, monsieur le comte, des malheurs qui affligent votre patrie, nous en recherchons les causes, votre amour du bien public voudrait trouver quelque remède utile à vos concitoyens ; et puisque vous le désirez, j’aurai l’honneur de vous faire part de mes réflexions. Je souhaiterais qu’elles pussent être de quelque utilité à une nation que les vices de son gouvernement ont pu rendre malheureuse ; mais qui, craignant la servitude, et aimant la liberté, est peut-être encore capable de renoncer à ses préjugés, et de réparer ses fautes. Si vous me disiez de vos compatriotes ce que Tite-Live disait des Romains de son temps : Nec vitia nostra, nec remedia pati possumus (1) ; il faudrait vous résoudre à voir périr votre république. L’amour de la liberté, l’amour de la patrie, le mépris de la mort, le courage et la patience, vos confédérations sur lesquelles vous fondez de si grandes espérances : rien de tout cela ne vous empêchera de succomber. Une longue expérience nous apprend que la vertu des hommes est malheureusement renfermée dans des bornes très étroites (2) . On se lasse à force de revers, des espérances toujours trompées s’évanouissent enfin, les âmes s’affaissent ; et plus les Polonais auront fait d’efforts pour conserver leur indépendance, plus leurs ennemis, qui en auront triomphé avec peine, sentiront la nécessité de les accabler sous un joug rigoureux.

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« Privées par notre sexe du droit honorable de donner notre suffrage... ».   Synthèses

Le vote des femmes pendant la Revolution française

Par Dominique Godineau, CERHIO UMR 6258 Université de Rennes II

On sait que la Révolution française refusa les droits politiques aux femmes. Pourquoi la démocratie naissante exclut elle ainsi les femmes ? Question fondamentale (et immense !)... mais qui n'est pas celle qui nous préoccupera directement ici (1). Il me semble en effet intéressant, dans le cadre d'une réflexion d'ensemble sur l'articulation entre femmes et démocratie en France, d'examiner plus en détail le suffrage féminin pendant la Révolution. Intéressant parce que, sans posséder le droit, des femmes ont pourtant voté pendant la Révolution. Gestes souvent oubliés qui méritent attention : quels sens donner à ces votes ? Ne redéfiniraient ils pas un rapport autre à la citoyenneté ? Et c'est là le second intérêt de l'étude : le droit de vote est, de nos jours, considéré comme le droit politique par excellence, le référent de la citoyenneté, mais en était il de même à une date où la démocratie était en train de se construire, à une date où les notions, les définitions étaient par conséquent moins figées ? Autrement dit, examiner la lutte des femmes pour leur reconnaissance politique, pour leur inclusion dans la démocratie naissante, à travers la seule réclamation du droit de suffrage, n'est ce pas faire fausse route, ou tout au moins amputer notre compréhension du passé ?

Je voudrais ici tenter d'apporter des éléments de réponse à ces questions en présentant différents aspects du vote féminin et de sa réclamation pendant la Révolution. Mais, avant de commencer, il est nécessaire pour mon propos de souligner que l'on peut aborder la question du suffrage sous plusieurs angles. Le vote peut d'abord être considéré comme un moyen d'expression destiné à faire entendre sa voix, et donc exister dans l'espace public, s'y inscrire. Il est aussi un pouvoir décisionnel permettant de participer au choix de la politique de son pays en élisant ses représentants, ou en répondant à des référendums : en émettant son vœu, selon l'étymologie même du mot. Enfin il peut être appréhendé comme un droit : attribut de la citoyenneté, symbole de la souveraineté, il marque I'appartenance au peuple souverain.

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Dictionnaire Montesquieu   Outils

Le Dictionnaire Montesquieu propose 200 articles sous la plume de nombreux auteurs. Il se veut d’abord un outil de travail destiné à tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre de Montesquieu, à sa pensée et à sa réception tout particulièrement aux 18ème et 19ème siècles, et qui souhaitent mieux la connaître. L’article Révolution française est rédigé par Jean Bart.

Philosophie allemande et Révolution Française   Dossiers

Un espace de traductibilité politique

« L’observation contenue dans La Sainte Famille /Marx/ – que le langage politique français équivaut au langage de la philosophie classique allemande – a été exprimée ‘poétiquement’ par Carducci dans cette formule : ‘ Ils décapitèrent Emmanuel Kant, Dieu – Maximilien Robespierre, le roi ‘ », (Gramsci, Cahiers de prison,11, § 49)

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Dictature : les vicissitudes d'un mot. France et Italie (XVIII et XIX siècles)   Mots

Par Cesare Vetter, Université de Trieste

Version longue en italien

Dans le lexique contemporain les mots dictateur / dictature et leurs dérivés adjectifs et adverbiaux ont une connotation négative. Dans tous les registres et dans beaucoup de langues. Dans le langage commun parlé, dans la communication politique, culturelle, télévisée et journalistique (mais souvent aussi dans la production historiographique) dictature et ses dérivés sont utilisés comme des synonymes de despotisme et tyrannie, pour supprimer toute légitimité aux personnes, aux événements, aux propositions. Ils évoquent des réactions de refus, ils véhiculent le dégoût.

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French consuls in the United States and the first period of French-American relations (1778-1792)   Etudes

par Marc BELISSA, CHISCO-Paris X Nanterre

Ce texte est la version remaniée et traduite en anglais d'une communication au colloque de Lorient sur "La Fonction consulaire à l'époque moderne", J. Ulbert et G. Le Bouedec (dir.), Presses Universitaires de Rennes, 2006. Le thème des relations franco-américaines vues par le biais des sources consulaires a été développé dans Aux origines d'une alliance improbable. Le réseau consulaire français aux États-Unis, 1778-1815, Bruxelles, Peter Lang, 2006.

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Le principe d'immanence   Annonces

par Pierre-Yves Quiviger, NoSoPhi, Université de Paris I

immanence sieyes quiviger

Extrait de l'introduction de l'ouvrage de Pierre-Yves Quiviger, sur Le principe d'immanence. Métaphysique et droit administratif chez Sieyès, Paris, collection "Travaux de philosophie", Paris, Champion, 2008, 480 pages.

Il s’agit d’aborder Sieyès sous l’angle du libéralisme, mais en essayant de comprendre comment les éléments qui ont pu donner lieu aux interprétations, soit marxiste soit schmittienne, peuvent prendre un sens dans le cadre d’un libéralisme singulier. Ce libéralisme singulier dont Sieyès me semble relever, le livre de Lucien Jaume, L’individu effacé, permet de mieux le cerner – c’est celui que Lucien Jaume décrit comme un « libéralisme étatique ». Comment vérifier cette intuition, qui permet de comprendre philosophiquement le sens de la création du Conseil d’État dans l’ensemble de la réflexion sieyèsienne ? En cherchant dans l’œuvre de Sieyès les signes d’une préoccupation conjointe pour les institutions juridico-administratives et la liberté individuelle, pour l’autorité légitime de la Nation et le respect de la sphère privée du citoyen. Paul Bastid pressentait cette conjonction singulière, mais les textes pour l’établir lui faisaient défaut. Il n’a pu avoir accès suffisamment tôt à l’incroyable matière inédite que constituent les Archives privées de Sieyès. Ces manuscrits sont encore très largement inédits (et très incomplets), et il y a encore plusieurs milliers de pages qui attendent une transcription. J’y ai puisé une grande partie de mes citations, en cherchant toujours à privilégier au maximum les passages qui ont fait l’objet d’une édition dans les volumes dirigés par Christine Fauré (Des manuscrits de Sieyès, chez Honoré Champion) afin de permettre au lecteur de se reporter commodément au texte complet.

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Lequinio et la narration philosophique de la mort pendant la Révolution française.   Etudes

par Jacques Guilhaumou, CNRS/UMR "Triangle", ENS-LSH Lyon

Dans son ouvrage sur La mort et l’Occident (1), Michel Vovelle attire notre attention sur « le partage laïc » instauré pendant la Révolution française face à l’idée de la mort. Il singularise ainsi le trajet parcouru des matérialistes, et tout particulièrement le député breton Lequinio à d’autres jacobins, tel que Robespierre, qui invoquent plus largement les droits de l'homme en la matière, et tout particulièrement le droit à l’immortalité. Ainsi, au titre d’un tel droit de l’homme, une nouvelle sensibilité « s’exprime dans les grandes liturgies de la fête funèbre ou de l’apothéose des héros morts » précise-t-il (2). Nous pouvons dire plus avant que les événements révolutionnaires qui mettent en scène la mort nous introduisent à une nouvelle philosophie.

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Les préjugés détruits   Textes

Par Joseph Marie Lequinio

(extrait)

A travers un discours fortement critique et empreint de pessimisme sur la nature humaine, l’ouvrage de Lequinio, Les préjugés détruits constitue un véritable traité de civilité révolutionnaire où sont abordés les sujets les plus divers : la gloire, l’honneur, la guerre, la mort, la création, etc. Nous y trouvons également un jugement négatif sur tout ce qui est extérieur à l’homme, au nom de la nécessaire identité morale. Par contraste, il s’agit aussi de mettre l’accent sur les multiples valeurs qui reposent sur le principe de l’égalité et de la justice entre tous. Publié en novembre 1792, mais rédigé en grande partie avant la chute de la royauté, le 10 août 1792, cet ouvrage philosophique a fait l’objet d’une seconde édition, datée du 1er janvier 1793, qui sert habituellement de texte de référence. Nous proposons la transcription de l’un des chapitres de cette édition, De la mort, en relation avec notre étude sur le même thème.

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