Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

La Révolution française selon Assassin's Creed   Actuel

Alors que nous écrivons ces lignes, on annonce à grand renfort de publicité la parution prochaine du cinquième opus du jeu vidéo Assassin’s Creed. Le titre en est Unity (en français "Unis pour la liberté") et le cadre du jeu se place cette fois-ci (après les Croisades, la Florence de la Renaissance, les pirates du XVIIIe siècle, etc.) dans le Paris révolutionnaire. Le trailer de jeu solo mis en ligne en juin 2014 donne froid dans le dos ! On se croirait chez Taine revisité par le Anthony Mann du Reign of Terror (The Black Book) !

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Thomas Paine, le républicanisme, le droit à l'existence et la critique du libéralisme économique   Synthèses

 Colloque Thomas Paine dans la Révolution française 2014

Par Yannick Bosc, GRHIS-Normandie Université

Texte préparatoire à la Deuxième conférence internationale Thomas Paine, Thomas Paine dans la Révolution française, Université Paris Ouest Nanterre, vendredi 26 septembre 2014, (CHISCO-Paris Ouest Nanterre, Université Paris Lumière, Thomas Paine Studies Iona College, Thomas Paine National Historical Association).

En 1797, Thomas Paine publie Agrarian Justice, un ouvrage qu'il dédie « à la législature et au directoire exécutif de la République française » et dont il précise qu'il a pour fonction de « révolutionner l'état de civilisation ». Ce texte important, qui a été redécouvert à la fin des années 1980 à la faveur des débats autour du livre de John Rawls, A theory of justice (1971), est à l'origine du principe d'allocation universelle ou revenu de base (basic income). Paine estime qu'une société ne peut être considérée comme civilisée que si les êtres humains qui la compose ont à leur disposition de quoi vivre dignement. Il prévoit donc la création d'un fonds national, alimenté par une perception sur les héritages, dont on prélèvera une somme d'argent qui sera donnée à toute personne arrivant à l'âge adulte ou entrant dans la vieillesse, riches et pauvres indistinctement selon le principe d'universalité. Ce plan, précise Paine, permettra de soulager sur le champ « les aveugles, les boiteux, les vieillards indigents, il fournira à la génération naissante le moyen d'empêcher la reproduction de ces classes malheureuses »(1). Ces mesures ne reposent pas sur la charité, mais sont établies au nom des principes républicains, principalement de la liberté. Paine définit cette dernière comme égalité des droits personnels (2). C'est lorsqu'il y a égalité des droits personnels , donc lorsque la liberté est garantie que, selon Paine, existe une république.

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Hobbes de la langue à la parole politique (1640-1651)   Etudes

Par Félix Mangano, doctorant CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté le 14 février 2014 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Il est difficile de ne pas avoir déjà entendu parler de Hobbes. Né à Westport le 5 avril 1588 et mort à l’âge vénérable de 91 ans à Hardwyck Hall le 4 décembre 1679, cet auteur anglais, traducteur et commentateur d’Euripide et de Thucydide, devenu philosophe politique sur le tard, nous est surtout connu aujourd’hui grâce à son célèbre Leviathan. Secrétaire de Francis Bacon, précepteur à sa sortie d’Oxford dès 1608 du fils et du petit-fils de William Cavendish, baron d’Hardwick et deuxième Earl du Devonshire, ainsi que du baronnet Sir Gervase Clifton, Hobbes devient rapidement un homme rompu à la politique et aux hautes sphères de la monarchie anglaise. C’est aussi un homme qui voyage avec ses élèves. Il accomplit ainsi à travers l’Europe deux « Grands Tours », en 1614-1615 puis en 1634-1636, pendant lesquels il se rend notamment en Italie et en France, où il séjourne quelques mois. C’est lors de son second voyage qu’il rencontre de grandes personnalités de l’époque, comme Galilée, et qu’il se lie avec l’érudit français Marin Mersenne qui l’initie à la philosophie. Hobbes est jusqu’à cette rencontre essentiellement préoccupé par les lettres classiques et les mathématiques.

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La Commune de Paris et la production de guerre, 1793-1794   Etudes

Par Aurélien Larné, doctorant CHISCO-Paris Ouest Nanterre

Ce texte a été présenté le 13 décembre 2013 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.

Le 28 juillet 1793, l’armée autrichienne occupait le nord de la France et y rétablit l’Ancien Régime. La guerre contre les monarchies européennes avait été entreprise par l’Assemblée législative, sous l’impulsion des Brissotins contre lesquels s’étaient opposés une partie des membres de la Société des Amis de la Liberté et de l’Egalité (Robespierre, Billaud-Varenne, Marat). Elle avait ensuite été poursuivie par la Convention girondine contre l’avis de certains Montagnards. Par ailleurs, la multiplication des recrutements d’hommes pour les armées avait entraîné la Vendée dans la guerre civile. À la fin du mois de mars 1793, la guerre de conquête avait tourné à la débâcle et le décret du 13 avril matérialisa la transformation de cette guerre de conquête en guerre défensive. À partir du mois de juin, pour la Convention montagnarde, la victoire de la guerre défensive devint l’objectif unique (1) .

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Vertu et politique : les pratiques des législateurs (1789-2014)   Annonces

Colloque international organisé par le Club des amis de l’Incorruptible (Assemblée nationale), la Société des études robespierristes et le programme ANR Actapol, sous la direction de Alain Tourret, Michel Biard, Philippe Bourdin, Hervé Leuwers, Paris – Assemblée nationale – Salle Victor Hugo, Jeudi 18, vendredi 19 et samedi 20 septembre 2014.

Par une tradition qui remonte à l’Antiquité, le XVIIIe siècle s’est largement interrogé sur la nature, la nécessité politique et les formes de la vertu publique ; est-elle une spécificité du régime démocratique, ou doit-elle s’imposer à tout régime ? Doit-elle être une exception, ou doit-elle s’imposer partout ? Les protagonistes de la Révolution reprennent le questionnement et, dans leur construction d’un nouveau régime politique, ils envisagent d’emblée, dès 1789, la vertu publique comme une nécessité. La naissance de la république à l’automne 1792 confirme et renforce cette conviction ; l’entrée dans un régime d’exception, en 1793, ne la fait pas disparaître. Qui ne connaît le célèbre discours de Robespierre associant la vertu et la terreur, la première impuissante sans la seconde, la seconde funeste sans la première ? La vertu est au cœur même de l’attente politique des années 1790, même pendant cette période, aux limites incertaines, que l’historiographie nomme le plus souvent « la terreur ».

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Henri Guillemin et la Révolution française : le moment Robespierre   Annonces

Colloque Henri Guillemin et Robespierre

Henri Guillemin et la Révolution française : le moment Robespierre, actes du colloque organisé le 26 octobre 2013 par l'association Présence d'Henri Guillemin, Utovie/h.g, Bats, 2014. Préface d’Édouard Mangin et table des matières :

Au-delà de parachever le travail fourni pour que cet événement ait lieu, l’édition des actes du colloque « Henri Guillemin et la Révolution Française – le moment Robespierre », qui se déroula le 26 octobre 2013 à L’Institut Catholique de Paris (ICP), procure pour les organisateurs un double plaisir, ou plutôt, un plaisir à double détente, teinté à la fois de nostalgie et de désir de reconduire ce qui est toujours un peu une aventure. La première émotion provient des textes eux-mêmes. Relire les interventions, c’est assurément les redécouvrir à froid et en savourer leur profondeur, leur portée et leurs subtilités, sur un thème peu courant et surtout plein d’enjeux, où les opinions se diffractent pour de multiples raisons, parmi lesquelles la méconnaissance des faits ou le parti pris idéologique. La Révolution française – le moment Robespierre est en effet un sujet suffisamment riche et complexe pour ne pas l’enfermer, serait-ce dans la plus belle des chapelles, ou le plus imposant des temples. A cet égard, la diversité des intervenants peut être perçue comme un reflet de la démarche non conventionnelle d’Henri Guillemin, constituée à la fois de recherches historiques scrupuleuses, et d’affirmations sans ambages, de convictions puissantes et intimes nées d’extraordinaires intuitions sur le sens de l’Histoire et les lois humaines ; rassemblant à la fois le déploiement logique des faits propre à l’historien, et l’appel aux forces de l’imaginaire de l’écrivain.

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Historiographie de Robespierre   Séminaire

Séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du jeudi 23 mai 2013.
Marc Belissa (Université Paris Ouest Nanterre-La Défense) : Historiographie de Robespierre.

Avec le soutien du CHISCO-Université Paris Ouest Nanterre-La Défense.
Merci à Agnès Wendling pour le montage et à Olivier Lombroso pour ses conseils techniques.

Peuples en Révolution d'aujourd'hui à 1789   Annonces

Peuples en Révolution d'aujourd'hui à 1789

Cyril Belmonte et Christine Peyrard (dir.), Peuples en Révolution d'aujourd'hui à 1789, Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2014, 236 pages. Présentation de Cyril Belmonte et Christine Peyrard :

Ce livre est issu du colloque international qui s’est tenu dans la salle Duby de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme à Aix-en-Provence les 12 et 13 juin 2012. Les révoltes et révolutions populaires au cours de l’année 2011 dans le monde arabe ont donné aux travaux conduits dans le groupe de recherches de l’UMR Telemme, « Lumières et Révolution française », une acuité certaine. Ainsi, ce colloque sur la thématique : « Peuples en Révolution » a pris un relief singulier.
Car les historiens de la Révolution française ne pouvaient guère rester insensibles aux événements contemporains, tant la mobilisation des hommes et des femmes de Tunisie, d’Egypte ou d’ailleurs dans les manifestations de rue et dans l’occupation de l’espace public pour promouvoir leurs revendications sociales et politiques, rappelle les pratiques politiques de la France en 1789 et pendant la décennie révolutionnaire. Les combats contre la tyrannie et un ordre social inégalitaire montrent non seulement la vitalité des principes universels de liberté et d’égalité dans des contextes socio politiques spécifiques, mais encore la vivacité des revendications démocratiques dans le monde actuel.
Cette rencontre scientifique a ainsi offert l’occasion de s’interroger sur un certain nombre de thèmes majeurs qui ont construit l’histoire de la Révolution et de la démocratie française à partir de la rupture de 1789. En effet, les chutes actuelles de pouvoirs politiques, comme les remises en cause d’autres régimes, ainsi que le bouleversement des forces au plan international qu’elles induisent, montrent tout l’intérêt d’une réflexion historique. Au-delà de la surprise suscitée par de tels événements dans le monde méditerranéen, la place de l’Histoire dans l’analyse politique, sociale et culturelle des temps présents a pu être valorisée.

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Débaptiser la place Robespierre à Marseille ?   Annonces

Lettre ouverte à Guy Tessier, président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole

Comme le relate le journal La Marseillaise dans son édition du 5 mai 2014, Guy Tessier, maire UMP et président de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, entend faire aboutir le projet de débaptiser la place Robespierre dans le 9e arrondissement de Marseille. Nous avons décidé de rédiger une lettre ouverte pour expliquer notre opposition à ce projet.

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Appel à contribution : appliquer les lois (1789-1815)   Annonces

Appel à contribution pour la journée d'études doctorale Appliquer la loi : acteurs, modalités et limites de l'exécution de la loi (1789-1815), 5 décembre 2014, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Cette journée d’études s'inscrit dans le prolongement des travaux menés au sein de l’IHRF, dans le cadre de l’ANR RevLoi. La numérisation de la collection Baudouin a en effet permis l’organisation de plusieurs manifestations scientifiques autour des processus de fabrication et de diffusion de la loi en Révolution (1). Elle tient compte également des chantiers ouverts par les récents colloques Voter et élire (2), sur les Comités de surveillance (3), et la notion de République (4). Cette journée d’études se propose d’examiner, en aval de l’adoption de la loi, les différentes déclinaisons de son exécution, entre 1789 et 1815. Il s’agira de mettre en évidence les acteurs institutionnels et politiques chargés de son exécution, les moyens qui sont mis à disposition des agents de l’Exécutif ainsi que les procédés qui sont mis en œuvre par ces agents pour la faire appliquer. Que devient en effet la loi une fois qu’elle est votée ? Une loi adoptée est-elle nécessairement exécutée et est-elle toujours exécutée à la lettre ? En somme, que fait-on, concrètement, de la loi dans la pratique ?

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Catéchismes révolutionnaires : typologies, langages et méthodologies   Etudes

Par Marco Marin, Université de Trieste
Ce texte a été présenté le 15 novembre 2013 au cours du séminaire l'Esprit des Lumières et de la Révolution.Traduction de Valeria De Marco (1).

J'aborderai la question des catéchismes révolutionnaires par leur définition et j’expliquerai les raisons qui m’ont portées à étudier ce genre de littérature. Après avoir évoqué les caractères généraux de ces publications pendant la Révolution, je présenterai les catéchismes politiques depuis le XVIIe siècle, ce qui permettra de saisir les différentes typologies de l’époque révolutionnaire en les inscrivant dans la longue durée. La distinction entre les sources de l’époque monarchique et celles de la République sera d'abord traitée quantitativement puis, par le biais de la « linguistique des corpora », je montrerai, à titre d’exemple, comment au temps de la République, le mot-clé « nation » et remplacé par d’autres lexies (2). Enfin, j'établirai un bilan de l'histoire des catéchismes pendant la Révolution et conclurai en évoquant les catéchismes séculiers au XIXe et au XXe siècle.

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Le Sens Commun. Histoire d'une idée politique   Annonces

Sophia Rosenfeld, Le Sens Commun. Histoire d'une idée politique

Introduction de l'ouvrage de Sophia Rosenfeld, Le Sens Commun. Histoire d'une idée politique, Rennes, PUR, 2013. Il s'agit de la traduction de Common Sense. A Political History dont Jacques Guilhaumou avait rendu compte sur notre site lors de sa parution originale en 2011.

« Ce qui est familier n’est pas pour cela connu. »
G.W.F. Hegel, Phénoménologie de l’esprit

Ce qui est chaud peut brûler. Deux plus deux font quatre. Voir, c’est croire. Le bleu n’est pas le noir. Chassez le naturel, il revient au galop. Si j’écris ces mots, j’existe.

Il y a bien des raisons de ne pas écrire un livre sur le sens commun, surtout s’il se trouve que l’on est historien. Le sens commun, par définition, est d’abord imperméable à l’histoire. Dans son acception courante, le sens commun est l’expression que nous utilisons parfois pour parler de la faculté humaine fondamentale qui permet de formuler des jugements élémentaires sur des questions quotidiennes, fondées sur notre expérience du monde réel (par exemple, si vous vous servez de votre bon sens, vous devriez comprendre les principes affirmés plus haut !). Mais nous définissons aussi le sens commun comme les conclusions largement partagées et apparemment évidentes tirées de cette faculté, les truismes auxquels toute personne sensée acquiesce sans débat et même sans discussion, dont les principes relatifs aux quantités, aux différences et aux notions de prudence, de cause et d’effet. Quoi qu’il en soit, le sens commun est censé définir ce qui appartient en propre et en commun à tous les humains, où que ce soit dans le temps et dans l’espace (1).

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Mise en ligne de la collection Baudouin   Outils

Le projet ANR Rev-Loi et l'IHRF mettent à la disposition des chercheurs la célèbre collection Baudouin contenant les 20 047 décrets révolutionnaires des années 1789-1795 avec un moteur de recherche d’une grande précision. Il doit permettre aux historiens, aux historiens modernistes, aux juristes, aux historiens du droit, à tous les citoyens de découvrir les textes qui sont encore le socle de notre droit.
L'Institut d'Histoire de la Révolution française organise à ce sujet une journée de formation le 7 mai.
Le projet se poursuit en collaboration avec les Archives nationales afin de préparer la seconde vague de numérisation des lois entre 1795 et 1799.

La question constituante   Séminaire

Séance du séminaire L'Esprit des Lumières et de la Révolution du jeudi 23 mai 2013.
Yannick Bosc (Université de Rouen) : La question constituante.

Avec le soutien du CHISCO-Université Paris Ouest Nanterre-La Défense.
Merci à Agnès Wendling pour le montage et à Olivier Lombroso pour ses conseils techniques.

Le souci des plus pauvres. Dufourny, la Révolution française et la démocratie   Annonces

Michèle Grenot, Le souci des plus pauvres. Dufourny, la Révolution française et la démocratie

Introduction de l"ouvrage de Michèle Grenot, Le souci des plus pauvres. Dufourny, la Révolution française et la démocratie, Editions Quart monde - Presses Universitaires de Rennes, 2014.

Ce présent ouvrage retrace le parcours d’un homme dont le souci des plus pauvres le conduit à défendre avec ardeur leur accès aux droits politiques, la démocratie. Cet ouvrage n’est pas une biographie à proprement parler, dont la seule visée serait de raconter la vie de Dufourny, cet homme né en 1738, mort en 1796. Il se propose, à travers le récit d’en suivre l’enjeu politique. Ce n’est pas un livre d’idées mais un livre d’histoire au plus près des archives, sur une période où les événements se bousculent, nous bousculent. La Révolution de 1789 est souvent considérée comme le moment fondateur de notre démocratie avec l’abolition de la société divisée en ordres, la formation de notre première Assemblée nationale, l’établissement de notre première constitution, basée sur la Déclaration des droits de l’homme. Moment capital de notre histoire : de sujet soumis au roi, le français s’honore du titre de citoyen. Citoyen ? Que recouvre alors cette notion qui prend soudain tant d’importance, quand un grand nombre de personnes en sont exclues, non seulement les femmes mais aussi ceux exclus à cause de leur pauvreté ? C’est alors que le régime appelé plus tard « censitaire » (le fait de pouvoir acquitter un certain montant d’impôts pour avoir des droits politiques) est institué, aboli suite à l’insurrection du 10 août 1792 et rétabli à nouveau en 1795 et pour longtemps. Dès avril 1789, dans son fameux Cahier du Quatrième Ordre, Dufourny s’indigne et argumente contre l’exclusion des pauvres des droits politiques.

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