Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Un discours de Danton à la Convention le 31 mai 1793   Textes

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, Université de Lyon, CNRS/ENS-LSH

Lors de la très longue séance à la Convention du 31 mai 1793, Danton prononce, au cours de la matinée et parmi les premiers intervenants, un discours « sous le rapport politique » fort de sa légitimité acquise en tant que rapporteur du Comité de Salut Public trois jours plus tôt, le 28 mai. Alors que Thuriot « réclame la cassation de la commission extraordinaire des douze » mise en place sous la pression du côté droit, et qui a arrêté, puis relâché des magistrats du peuple, en particulier Hébert, Vergniaud s’y oppose en demandant l’ajournement de cette proposition. Danton intervient alors sur ce sujet précis, en soutien de Thuriot, selon une argumentation précise, organisée par séquences, dont nous allons analyser d’abord succinctement la disposition rhétorique, avant de publier le discours lui-même.

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Témoins oculaires en révolution : Marseille, le 5 Vendémiaire an III   Textes

Lorsque le Tribunal Criminel des Bouches-du-Rhône instruit la procédure contre les citoyens arrêtés au cours du l’émeute du 5 vendémiaire an III à Marseille, il fait appel à des témoins oculaires dont nous reproduisons les témoignages en les classant selon les séquences de l’événement, tel qu'il est analysé par ailleurs.

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Les préjugés détruits   Textes

Par Joseph Marie Lequinio

(extrait)

A travers un discours fortement critique et empreint de pessimisme sur la nature humaine, l’ouvrage de Lequinio, Les préjugés détruits constitue un véritable traité de civilité révolutionnaire où sont abordés les sujets les plus divers : la gloire, l’honneur, la guerre, la mort, la création, etc. Nous y trouvons également un jugement négatif sur tout ce qui est extérieur à l’homme, au nom de la nécessaire identité morale. Par contraste, il s’agit aussi de mettre l’accent sur les multiples valeurs qui reposent sur le principe de l’égalité et de la justice entre tous. Publié en novembre 1792, mais rédigé en grande partie avant la chute de la royauté, le 10 août 1792, cet ouvrage philosophique a fait l’objet d’une seconde édition, datée du 1er janvier 1793, qui sert habituellement de texte de référence. Nous proposons la transcription de l’un des chapitres de cette édition, De la mort, en relation avec notre étude sur le même thème.

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Adresse d’un Sans-Culotte de la section 13 de Marseille   Textes

LE PEUPLE EST SOUVERAIN. PERSONNE NE PEUT LUI RAVIR SA SOUVERAINETE ; IL NE PEUT PAS MÊME Y RENONCER.

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Un texte inédit de Condorcet sur la République (1791)   Textes

La "trop célèbre polémique", selon la juste expression de Raymonde Monnier dans son étude du débat autour de la République, entre Sieyès avec Paine, reproduite dans le Moniteur en juillet 1791, est souvent commentée par les historiens. A l'inverse, l'intervention de Condorcet dans ce débat, par une réponse à Sieyès, est peu connue, dans la mesure où elle est restée manuscrite. Nous la publions présentement, en la présentant dans le contexte des échanges entre Sieyès et Condorcet en 1791.

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Discours de citoyennes marseillaises manifestant « le Courage vraiment républicain qui les anime » (1793)   Textes

Dans la série L des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, nous trouvons le manuscrit d'un discours prononcé par une citoyenne à la séance de la section 5 de Marseille le 7 août 1793, au nom de l'ensemble des citoyennes de la section, alors que Marseille "fédéraliste" est sous la menace d’un intervention de l’armée de la Convention. Nous reproduisons ce discours pour mieux souligner le caractère exemplaire du patriotisme des citoyennes marseillaises engagées dans le mouvement sectionnaire pendant le printemps et l’été 1793.

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L'Echo de la Fabrique: portrait de Maurice Vichard, vainqueur de la Bastille devenu prolétaire   Textes

 première page de l'Echo

L'Echo de la Fabrique, journal ouvrier de Lyon entre 1831 et 1834, est consultable dans son intégralité sur le Web (voir la présentation), sous la responsabilité de Ludovic Frobert, chercheur CNRS (ENS-LSH, Lyon). A l'occasion de la rencontre scientifique autour de ce journal des canuts lyonnais, nous proposons un extrait du N°21 (18 mars 1832), qui décrit l'itinéraire de Maurice Vichard, un volontaire de la Bastille et soldat de la république devenu le type même du prolétaire. Cet article a été écrit par Marius Chastaing, l'un des principaux rédacteurs de ce journal: il marque la continuité politique entre le mouvement populaire de la Révolution française et le mouvement ouvrier naissant, sous l'action de "la classe prolétaire".




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Maignet et l'établissement du gouvernement révolutionnaire   Textes

INSTRUCTION du Représentant du Peuple Français envoyé dans les départements des Bouches du Rhône et du Vaucluse, SUR LE GOUVERNEMENT REVOLUTIONNAIRE

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Marat, observateur critique des Jacobins marseillais en 1793   Textes

Marat publie, dans le Journal de la République française à la date du 20 février 1793, un texte émanant de la section 21 de Marseille, dont il souligne les sentiments civiques, tout en s’opposant à la mesure préconisée par les sectionnaires marseillais : compte tenu d’une forte opposition girondine aux Montagnards, ces patriotes proposent de proclamer que la mission de la Convention est finie, ce qui provoquerait l’élection d’une nouvelle Convention. Marat critique donc cette adresse, tout en l’attribuant (de façon fictive) à plusieurs auteurs, jacobins bien sûr. Après avoir précisé dans quel contexte se met en place cette adresse et ce qu'il en est plus précisément de sa localisation initiale, donc de son auteur, nous reproduisons l'adresse de la section 21, accompagnée des Observations de l'Ami du Peuple.

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Exposé historique des écrits de Sieyes.   Textes

Présentation et notes par Pierre-Yves Quiviger, Nosophi (GES), Université de Paris I

Voici le faible portrait d’un publiciste célèbre, ébauché par une main timide, avec des couleurs recueillis sur la palette de ce même écrivain. Cet ouvrage n’est pas le fruit des circonstances actuelles ; mais entraîné par l’intérêt qu’elles présentent, on allait le rendre public, lorsque les journaux nous apprirent, qu’une autre plume venait d’ériger à Sieyes un semblable monument. Tout nous annonçait, de la part de l’Auteur, des intentions bonnes, un but honnête ; nous le jugions sur la conscience de nos propres sentimens. Néanmoins, à peine son livre avait-il vu le jour, qu’aussitôt une espèce d’anathême parut vouloir l’anéantir. Il est donc quelquefois plus dangereux de louer que de médire, puisque l’histoire porte ici la peine, qui ne devrait être réservée qu’à la calomnie.

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Marat : qu'est-ce qu'un ordre juste ?   Textes

Dans cet extrait du Plan de législation criminelle (1780), Jean-Paul Marat recherche ce que doit être une législation juste, en quoi consiste le respect de la loi, et conclut en soulignant qu'un ordre social n'est pas un ordre policier.

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Les récits de la pompe funèbre de Marat le 16 juillet 1793   Textes

La quasi-totalité de la presse parisienne rend compte du déroulement de la pompe funèbre de Marat qui se déroule du 16 juillet 1793 à 18h au 17 juillet à 2h du matin. Mais, de fait, seuls trois récits servent de modèles à l'ensemble de la presse : Le « Détail de la pompe funèbre qui a eu lieu hier, 16 juillet, pour les obsèques de Marat » ("Le Scrutateur Universel" du 17 juillet) ; « Paris le 17 juillet... Hier, on fit les obsèques de Marat... » ("Courrier de l 'Egalité" du 18 juillet) ; « Commune de Paris du 17 juillet – Rapport des obsèques de Marat du 16 juillet au soir » ("Feuille de Salut public" du 19 Juillet). Ce sont ces trois récits que nous reproduisons présentement.

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Alphonse Aulard, Jean Jaurès et l'historiographie républicaine de la terreur   Textes

Alphonse Aulard considère, dans le passage de son Histoire politique de la Révolution française reproduit ci-dessous, que l’on ne peut pas parler de « système de terreur » en l’an II, mais qu’il a bien existé un « régime de terreur », tout particulièrement au moment où « le mot de Terreur fut employé usuellement pour désigner un moyen de gouvernement », c’est-à-dire à partir de la mise à l’ordre du jour de la terreur le 5 septembre 1793. Ainsi « dans la politique gouvernementale, surtout dans les discours, la terreur fut bien à l'ordre du jour pendant quelque temps ».

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Robespierre, défenseur de Marseille en 1791   Textes

par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS-LSH Lyon

Lorsque les députés de Marseille précisent, dans une lettre à la Municipalité du 18 mars 1791, que « le patriotisme des Marseillais et leur noble dévouement n’ont jamais été méconnus dans l’assemblée nationale, et leurs concitoyens membres de cette assemblée n’ont laissé aucune occasion pour montrer quels étaient leurs principes », ils espèrent que « leur conduite sera un jour mieux appréciée ». A vrai dire, la Municipalité de Marseille, fort circonspecte sur leur action, préfère s’adresser à M. Robespierre, le 18 avril 1791, dans les termes suivants : « Vous avez déjà donné, Monsieur, à l’Assemblée patriotique de Marseille, des preuves d’un honorable attachement. La ville entière dont nous sommes les organes vous invite aujourd’hui à prendre sa défense. Sa cause est digne de vous, c’est celle du patriotisme luttant contre la calomnie, et de l’honneur repoussant la tâche dont on voudrait le flétrir ». Débordé de travail, Robespierre ne répond pas immédiatement à la Municipalité, qui lui écrit de nouveau le 27 mai, alors qu’il vient de lui envoyer une lettre qui n’est pas encore arrivée à bon port.La Municipalité de Marseille précise une fois de plus son attachement à la personnalité de Robespierre : « Elle se repose avec confiance sur les sentiments qui vous animent. Elle ne sera point sans défenseur tant que vous serez dans le sein de l’Assemblée nationale pour y soutenir la cause de la justice et de la liberté ; mais daignez lui donner une marque de votre attachement ; elle n’a pas besoin d’assurance, mais elle désire posséder dans ses archives une de vos lettres, qui soit le contrat de votre amitié, et le monument le plus précieux de son patriotisme. ».

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Le discours d’Hébert au Club des Jacobins le 21 juillet 1793   Textes

Par Jacques Guilhaumou, CNRS/UMR « Triangle. Action, discours, pensée politique et économique », ENS-LSH Lyon

Dans le cadre d’une recherche sur la formation et la propagation des mots d’ordre à Paris pendant l’été 1793, nous avons collecté l’ensemble des notes prises par les journalistes sur le plus important discours d’Hébert : son « foudroyant réquisitoire » contre le Général Custine le 21 juillet 1793 au club des Jacobins. Ainsi le Journal de la Montagne souligne « l’intérêt le plus vif » des Jacobins au cours d’une des plus belles séances de la société, « tous les membres de la société, tous les citoyens des tribunes se levant à la fois par un mouvement simultané, agitant leurs chapeaux et couvrant à trois reprises l’orateur de leur applaudissement ». A défaut de disposer d’un discours publié par les soins d’Hébert lui-même, comme le font nombre de dirigeants Jacobins, nous proposons une reconstitution de son discours du 21 juillet 1793 sur la base des principaux comptes-rendus disponibles dans la presse.

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