Révolution Française

A propos du postmodernisme et de Fredric Jameson - En ligne

"Pour le monde anglophone, l’ouvrage de Fredric Jameson, Postmodernism or the Cultural Logic of Late Capitalism, est venu proposer la première mise en perspective du moment historique de prolifération postmoderniste en en recherchant la « logique » centrifuge plutôt qu’en proposant une prise de parti en son sein. À ce titre, les traductions par Florence Nevrolty de Le Postmodernisme ou La logique culturelle du capitalisme tardif, aux éditions de l’ENSBA, et de La Totalité comme complot , par Nicolas Vieillescazes, aux éditions Les Prairies ordinaires, constituent un événement éditorial qu’il ne faut pas craindre de décrire comme majeur en ce qu’elles mettent enfin à disposition du lectorat francophone la pièce maîtresse de toute l’histoire théorique et intellectuelle récente du monde anglophone dans son interaction avec la philosophie continentale (allemande et française). /../ Mais plus profondément, et quelque peu secrètement semble-t-il, Jameson s’avère être un lecteur et un héritier particulièrement fidèle de la pensée de l’utopie déployée notamment dans Le Principe espérance, l’oeuvre gigantesque du plus visionnaire des marxistes, Ernst Bloch. /../ Jameson propose, en fin de compte, une théorie et une pédagogie matérialistes historiques de l’espace du capital globalisé. Dans cette perspective, l’espace n’est plus le simple contenant de processus temporels, historiques, dignes d’être théorisés. Il doit au contraire être lui-même pensé comme produit dans des conditions et selon des rapports de forces historiquement déterminés.".

Extraits de la recension dans la nouvelle Revue internationale des livres et des idées sous la plume de Thierry Labica

De l'action féminine en période de révolte(s) et de révolution(s) - En ligne

par Catherine Daussy, Université de Lille 3 et Anne Verjus, CNRS, Université de Lyon

Nous prendrons les révoltes et révolutions comme un terrain pour aborder l'action féminine à une époque qui, en Europe occidentale et en Amérique du Nord, se caractérise à la fois par "une violence contre l'autorité politique" et un "changement très important dans l'ordre humain". Ce qui nous amène à nous interroger sur l'éventuelle spécificité, en soi et aux yeux des contemporains, d'une action dite féminine dans un contexte de révoltes (y a-t-il une révolte féminine, une révolte de femmes, une révolte -malgré l'anachronisme - de "féministes", des femmes dans les révoltes, etc.) et de révolutions (y a-t-il une participation des femmes à la politique révolutionnaire, et si non, ont-elles une situation politique autre que participative ?) En d'autres termes, où sont les femmes, que font-elles, que sont-elles, que veulent-elles et que veut-on qu'elles soient ?

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Aristocratie de l'épiderme - En ligne

Enregistrement de l'émission Rembobinage du mardi 29 janvier 2008, sur Aligre FM, au cours de laquelle Jérémie Foa recevait Florence Gauthier pour son ouvrage, L'Aristocratie de l'épiderme. Le combat de la Société des Citoyens de Couleur 1789-1791, Paris, CNRS, 2007. Lire l'introduction de l'ouvrage

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Egaliberté - En ligne

Par Etienne Balibar, Université Paris X-Nanterre, University of California, Irvine

Ce texte qui développe un exposé présenté en 1989, devenu un classique, est publié sur le site du Centre International d'Etude de la Philosophie Française Contemporaine.

Je voudrais proposer quelques formulations qui nous aident à nous orienter parmi les présupposés d'une discussion caractéristique des années 80. A la fois matière de spécialistes et enjeu de stratégies dans l'opinion publique, cette discussion est marquée par la substitution tendancielle du thème des rapports entre l'"éthique" et le "politique" au thème des rapports entre le politique et le "social", et peut-être plus profondément par la réinscription du second dans le premier. Elle voit - à "droite" mais aussi à "gauche" - la question de la révolution céder la place à celle de la citoyenneté. A moins que, plus profondément, ce qui est en jeu ne soit une reformulation de la question de la révolution en termes de citoyenneté, donc de civisme et de civilité, soit qu'on évoque un renouveau de la citoyenneté (dépassant la reconnaissance des droits individuels), soit qu'on avance l'idée d'une "nouvelle citoyenneté".

C'est pourquoi il n'est pas étonnant qu'un thème central des débats en cours - toute coïncidence de dates et d'anniversaires mise à part - concerne la nature, le déroulement et la portée historique de la Révolution française, et plus particulièrement de son texte "fondateur" : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, dont on questionne à nouveau la signification et le type d'universalité.

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Après moi, le déluge. Sieyès et le futur de la représentation en 1789. - En ligne

Dans son dernier ouvrage, Before the Deluge : Public Debt, Inequality, and the Origins of the French Revolution (Princeton University Press, 2007, voir le site de l'éditeur), Michael Sonenscher s’intéresse à la vision du futur des penseurs du 18ème siècle, en connexion avec la pensée politique de la Révolution française. Il accorde, dans l'introduction, une grande place à Sieyès et à son idée de gouvernement représentatif, alors qu’il avait publié antérieurement un recueil de Political Writings (Hackett Publishing Company, 2003) de ce penseur dont H-France a rendu compte sous la plume de Paul Cheney.

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Thomas Paine, l'allocation universelle et le principe de révolution - En ligne

Par Yannick Bosc, IUFM Rouen-GHRIS Université de Rouen

Alors qu'il a suscité les passions de son vivant, Thomas Paine est de nos jours une figure consensuelle de l'historiographie de la Révolution française, une sorte d'ornement libéral à la périphérie des événements. Acteur de l'indépendance américaine, député français à la Convention nationale et banni d'Angleterre pour avoir écrit Droits de l'homme , il incarne le républicain - entendu le plus souvent dans le sens restreint d'anti-monarchiste - et la « modernité » c'est-à-dire, grosso modo , le libéralisme économique . Les historiens utilisent généralement ses écrits pour caractériser la pensée politique girondine. Or il existe un autre Thomas Paine sur lequel l'historiographie française n'insiste guère.

Lire la suite en pdf sur le site du séminaire Marx XXIe siècle : l'esprit et la lettre

Commemorating the Dead in Revolutionary France - En ligne

par Joseph Clarke, Trinity College, Dublin

 couverture fu livre de Clarke

"From attending a memorial mass or commemorative parade to raising a Panthéon or purchasing a cheap political souvenir, the Revolutionary experience of commemoration was a remarkably diverse one, and this diversity raises a whole range of questions, questions concerning the rôle remembrance played in Revolutionary politics, but also questions as to the place of the dead in eighteenth-century French culture. Some of these questions seem obvious, but more only emerged as the sheer complexity of Revolutionary remembrance became apparent in the archives. Nevertheless, the questions that concern me most can be summarised simply enough. What did commemoration mean to the men and women who attended ceremonies, raised monuments and purchased busts and souvenirs in memory of the Revolution's dead ? What traditions did these people draw upon when they came to remember their dead, and how did these evolve to meet the ever-changing demands of Revolutionary politics or change according to the social and cultural circumstances of those who did the remembering ?

In both Paris and the provinces, the variety of forms commemoration assumed was matched only by the diversity of the men it honoured, and this diversity presents its own problems. Honouring an individual with a national reputation like Mirabeau or even an international standing like Voltaire was obviously a quite different experience from attending an artisan's funeral in a Paris church or planting a tree in memory of an undistinguished soldier in a village in the Vaucluse, but how exactly did this difference affect the meaning of these rites? This difference, the difference between celebrating a politician or a philosophe renowned for their accomplishments but unknown as an individual and remembering a local hero, perhaps even a family member or a friend, raises what is, perhaps, the most elusive question of all. In a period when political considerations can so easily appear to overwhelm all other concerns, what private ends did the Revolution's rites of memory serve ? What consolation did commemoration bring to those the dead left behind, and what conflicts did this relationship between the public and the private dimensions of remembrance give rise to ?"

Extrait de l'introduction, disponible sur le site de l'éditeur, de l'ouvrage de Joseph Clarke, Commemorating the Dead in Revolutionary France. Revolution and Remenbrance, 1789-1799, Cambridge University Press, 2007.

Violence et ordre social : la Révolution française et les Lumières - En ligne

H-France nous propose d'abord un forum sur le livre récent de Jean-Clément Martin, Violence et Révolution: Essai sur la naissance d’un mythe national (Paris: Éditions du Seuil, 2006), avec des interventions critiques sur la démarche "déconstructive" de cet ouvrage par Lynn Hunt (University of California Los Angeles) David Andress (University of Portsmouth) Sophie Wahnich, (CNRS, Paris, Laios-EHESS), D.M.G. Sutherland (University of Maryland), et une réponse de l'auteur de cet ouvrage. Puis, à propos de l'ouvrage de Diana Donald and Frank O’Gorman, Eds., Ordering the World in the Eighteenth Century. (London: Palgrave Macmillan, 2006), Jacques Guilhaumou (CNRS, Lyon) aborde de manière critique, toujours sur H-France, une série d'études récentes autour des formes d'ordonnancement du monde en Angleterre et en France - de la politique jusqu'aux savoirs et aux formes ésthétiques -, qui s'inscrivent dans une contestation plutôt frontale du modèle "classique" de la rationalité des Lumières.

Boullée et Ledoux : l'architecture visionnaire de la Révolution. - En ligne

L'exposition virtuelle de la BNF sur Etienne Louis Boullée comprend une abondante iconographie. Cet architecte s'impose comme théoricien et pédagogue durant la Révolution. L'exposition présente ses dessins, conservés à la Bibliothèque nationale de France, et le texte intégral de son Essai sur l'art. E-L Boullée est ce que l'on a coutume d'appeler un « architecte visionnaire » : il dessine beaucoup, conçoit de nombreux projets, mais ne construit pour ainsi dire pas. Peut-être en raison, tout simplement de la trop grande ambition de ses projets.

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Condorcet, Sieyès, Saint-Simon et Comte. Retour sur une anamorphose - En ligne

par Jean-Louis Morgenthaler

"La tradition sociologique attribue à Auguste Comte la paternité du terme de « sociologie ». De récents travaux en linguistique, en histoire, et en philosophie, ont mis en évidence que c’est, en fait, Sieyès qui a, le premier, inventé ce néologisme et lui a donné un contenu (1). En réalité, Saint-Simon et Auguste Comte sont partis d’une lecture déconstructive de l’œuvre la plus connue de Condorcet, « l’Esquisse pour un tableau historique des progrès de l’esprit humain », en lui donnant une interprétation historiciste. Pourtant, celle-ci ne tient guère si on étudie plus complètement l’œuvre de Condorcet. Condorcet est un pionnier des théories de la décision et du choix rationnel, à l’opposé de la lecture pré-positiviste trop généralement admise. Condorcet avait, sur l’ensemble de son œuvre, une vision de la société plus proche de celle de Tocqueville que de celle de Saint-Simon.

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Tocqueville e la storia (non scritta) della rivoluzione francese - En ligne

Par Regina Pozzi, Università di Pisa

Après avoir publié L'Ancien Régime et la Révolution en 1856 et jusqu'à sa mort en 1859, Tocqueville travaille à une histoire de la Révolution dont restent de nombreux travaux préparatoires. Un examen attentif de ces matériaux montre que, parmi les obstacles que l'auteur rencontra sur son chemin, et qui l'empêchèrent de terminer son ouvrage, nous pouvons attribuer un rôle capital à ses hésitations d'ordre interprétatif quant à la nature même de la Révolution. Car dans le volume de 1856, il avait beau jeu à distinguer deux phases dans son histoire, une révolution de la liberté en 89, ensuite une révolution de l'égalité porteuse de néfastes conséquences, dont il n'avait pas daté avec précision la naissance, tout en affirmant qu'elle l'avait vite emporté sur la première. Par contre en poursuivant son travail il s'éloigne de plus en plus de cette interprétation héritée des historiens libéraux et il tend à attribuer une date très précoce à la révolution égalitaire, dont il découvre les prémisses dans la culture politique prérévolutionnaire même. Cette nouvelle clef de lecture entre toutefois en contradiction avec son projet politique d'alliance de l'égalité et de la liberté, tel qu'il l'avait soutenu dans La Démocratie en Amérique et dans sa carrière de député sous la Monarchie de Juillet; et c'est pourquoi Tocqueville oscille entre deux schémas interprétatifs sans pouvoir trouver un fil suivi pour son récit (résumé de l'auteure).

Lire l’article dans la revue électronique Cromohs, article que l’auteure a publié par ailleurs dans Storia della storiografia, 41, 2002, puis repris dans son ouvrage récent Tocqueville e i dilemmi della democrazia (Pisa, Plus, 2006).

Le texte occitan et francoprovençal du grand Sud-Est pendant la Révolution française - En ligne

René Merle nous propose de redécouvrir cet important corpus dialectal, sauvé par les érudits ou dormant dans les archives, mais que "le renaissantisme d'oc, et particulièrement provençal, a mis longtemps à distance, tant ces textes entraient mal dans ses cadres idéologiques prégnants", précise-t-il. Il justifie alors la nécessaire réoccupation par le chercheur de ce champ longtemps méconnu de l'écriture révolutionnaire en idiome non-français par le fait que ces textes proclament langue d'un Peuple - ici un peuple défini par l'usage de la langue occitane et du francoprovençal - une parole éclatée, et donc souvent méprisée. Parole néanmoins utilisée en manifestation emblématique, ou en communication qui se veut efficace : communication « descendante » le plus souvent. Il précise aussi que "la période révolutionnaire interpelle d'autant plus à cet égard que la responsabilité, individuelle et collective, des méridionaux, y a été plus grandes" d'un événement à l'autre. Et d'ajouter en préalable à sa présentation d'ensemble de ce corpus et de son interprétation: "Notre angle méthodologique est l'inventaire et la mise en perspective chronologiques des textes, en tenant compte dans la restitution de critères discriminants : textes publiés et textes demeurés manuscrits, textes à zones de diffusion réduite, ou large, textes enclos dans un propos français, et textes publiés isolément."

René Merle présente également deux réflexions synthétiques sur le même sujet, l'une sur Les différences et les ressemblances dans l'utilisation de ces textes, l'autre sur Citoyenneté et idiome natal, la dialectique identitaire pendant la Révolution.

Repeinture : des derniers moments de Michel Lepeletier de Jacques-Louis David - En ligne

David et Lepeletier

"Luc Scaccianoce s’est donné pour but depuis bientôt un an (en fait après avoir acheté le catalogue de l’exposition de David, organisé par le musée Jaquemart), un travail particulier, celui de repeindre (de préférence à restaurer ou ressusciter ou copier) le tableau que J-L David consacra Aux Derniers moments de Michel Lepeletier. La qualité des reproductions incluses dans le catalogue l’incita à concrétiser un dessein qu’il avait à l’esprit depuis bien longtemps. Luc Scaccianoce avait déjà eu l’occasion de parler succinctement de la toile dans un ouvrage général. Il s’est donc servi de sa position de chercheur pour rassembler un petit groupe d’amis intéressés par le projet et ce, dans le but de rédiger un ouvrage sur Les Derniers moments de Michel Lepeletier."

Lire plus avant à propos du projet d'ensemble, c'est-à-dire du thème de l'étude elle-même, de l'importance de l'oeuvre, des références iconographiques, de la bibliographie, de l'héritage et des repeintures I et II sur le site de l'artiste repeintre et sculpteur

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Kautsky et la Révolution française - En ligne

Par Jean-Numa Ducange, GRHIS-Université de Rouen

Le rapport qu'entretiennent les marxistes avec la Révolution française a fait l'objet de nombreuses analyses. La place de la Révolution française dans l'oeuvre de Karl Marx et Friedrich Engels est connue. Quant à l'Histoire socialiste de la Révolution française de Jean Jaurès, elle a été étudiée et constitue une référence de l'approche "classique" de la Révolution française. En revanche l'oeuvre de Karl Kautsky, qui a écrit plusieurs contributions sur le sujet, est presque inconnue, surtout en France. Il convient de revenir sur cette oeuvre qui est intéressante non seulement par son ampleur, mais aussi par ses prises de position par rapport à la Révolution française, qui diffèrent radicalement d'autres auteurs se réclamant du marxisme.

Lire la suite en pdf sur le site Marx au XXIème siècle : l'esprit & la lettre. Version papier et développée dans la revue Siècles.

Condorcet, l'instruction publique et la cité - En ligne

par Catherine Kintzler, Université de Lille III

Dans cette étude, il est question de la fonction philosophique du concept d'instruction publique au plus près de l'expérience de la Révolution française, et tout particulièrement de l'oeuvre de Condorcet. On doit en effet à Condorcet, dans le sillage de ses travaux de « mathématique sociale », les argumentations les plus décisives contre la peine de mort, contre l’esclavage et la traite des Noirs, contre l’exclusion des femmes du droit de vote, ainsi qu’une théorie générale du suffrage et de ses paradoxes. Mais on lui doit aussi la théorie la plus complète de l’école républicaine. Pour la première fois, l’idée philosophique de l’institution scolaire est pensée dans sa relation avec la souveraineté populaire.

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