<?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1" ?>
<feed xmlns="http://purl.org/atom/ns#" version="0.3"
	  xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	  xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	  xml:lang="fr">

  <title>Révolution Française</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/"/>
  <tagline type="text/plain" mode="escaped"></tagline>
  
  <modified>2012-05-17T14:21:43+02:00</modified>
  <generator version="1.2.1" url="http://www.dotclear.net/">DotClear</generator>
  
  <sy:updatePeriod>daily</sy:updatePeriod>
  <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
  <sy:updateBase>2012-05-17T14:21:43+02:00</sy:updateBase>
  
<entry xml:lang="fr">
  <title>L'Arbre de la Liberté</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/05/17/483-arbre-de-la-liberte-maxence-denis" />
  <issued>2012-05-17T14:21:43+02:00</issued>
  <modified>2012-05-17T14:21:43+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/05/17/483-arbre-de-la-liberte-maxence-denis</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>En ligne</dc:subject>
  <summary>Film documentaire de Maxence Denis (2004)


Présentation : De l'Ayiti des Indiens jusqu'à la guerre de libération qui conduisit à l'indépendance d'Haïti, ce documentaire nous parle des différents combats qu'ont menés des hommes sur cette terre afin de l'en délivrer du joug de la servitude.
De...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Film documentaire de Maxence Denis (2004)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Présentation&amp;nbsp;: De l'Ayiti des Indiens jusqu'à la guerre de libération qui conduisit à l'indépendance d'Haïti, ce documentaire nous parle des différents combats qu'ont menés des hommes sur cette terre afin de l'en délivrer du joug de la servitude.
De Caonabo à Toussaint Louverture, par-delà des luttes de races ou de couleurs, ces hommes se sont battus pour la Liberté et l'Égalité universelles...&lt;br /&gt;
Intervenants&amp;nbsp;: Jacqueline Scott Lemoine (écrivain, comédienne),Odette Roy Fombrun (historienne),Florence Gauthier (historienne),Ferdinand Abissi (instituteur),Jacques de Cauna (historien),Christianne Taubira (député de la Guyanne),Jean-Louis Donnadieu (historien),Pierre Buteau (historien)
Musique&amp;nbsp;: Micheline Laudun Denis, Adjabel, Raoul Denis jr.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=Y5BTYLwo0f0&quot;&gt;Voir le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Mythologies contemporaines : Révolution française et cultures populaires dans le monde aujourd’hui</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/05/10/480-mythologies-contemporaines-revolution-francaise-et-cultures-populaires-dans-le-monde-aujourdhui-par-serge-bianchi" />
  <issued>2012-05-10T17:30:07+02:00</issued>
  <modified>2012-05-10T17:30:07+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/05/10/480-mythologies-contemporaines-revolution-francaise-et-cultures-populaires-dans-le-monde-aujourdhui-par-serge-bianchi</id>
  <author><name>Marc Belissa</name></author>
  <dc:subject>Recensions</dc:subject>
  <summary>par Serge Bianchi, Université de Rennes II


Du mercredi 21 mars au vendredi 23 mars s’est tenu, entre le musée de la Révolution française de Vizille et l’Université Stendhal de Grenoble, un colloque « international et interdisciplinaire » au titre aussi ambitieux que fascinant :
"Mythologies contemporaines : Révolution française et cultures populaires dans le monde aujourd’hui".
Les objectifs des organisateurs, Martial Poirson (1) et Alain Chevalier (2), relèvent d’un pari novateur et assumé qui ne va pas de soi, avant la tenue de cette manifestation. Il s’agit, selon eux, de conduire une « histoire sociale et culturelle de l’imaginaire révolutionnaire contemporain », en analysant dans les « cultures étrangères et aires géographiques les plus diverses », les « réappropriations et détournements » des mythes de la Révolution française par les « cultures populaires » et « leurs relais médiatiques de masse ».</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;par Serge Bianchi, Université de Rennes II&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du mercredi 21 mars au vendredi 23 mars s&amp;#8217;est tenu, entre le musée de la Révolution française de Vizille et l&amp;#8217;Université Stendhal de Grenoble, un colloque «&amp;nbsp;international et interdisciplinaire&amp;nbsp;» au titre aussi ambitieux que fascinant&amp;nbsp;:
&quot;Mythologies contemporaines&amp;nbsp;: Révolution française et cultures populaires dans le monde aujourd&amp;#8217;hui&quot;.&lt;br /&gt;
Les objectifs des organisateurs, Martial Poirson (1) et Alain Chevalier (2), relèvent d&amp;#8217;un pari novateur et assumé qui ne va pas de soi, avant la tenue de cette manifestation. Il s&amp;#8217;agit, selon eux, de conduire une «&amp;nbsp;histoire sociale et culturelle de l&amp;#8217;imaginaire révolutionnaire contemporain&amp;nbsp;», en analysant dans les «&amp;nbsp;cultures étrangères et aires géographiques les plus diverses&amp;nbsp;», les «&amp;nbsp;réappropriations et détournements&amp;nbsp;» des mythes de la Révolution française par les «&amp;nbsp;cultures populaires&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;leurs relais médiatiques de masse&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des historiens, des sociologues, des littéraires, des historiens de l&amp;#8217;art sont convoqués, comme témoins des représentations contemporaines d&amp;#8217;une Révolution affranchie des références et du devoir d&amp;#8217;histoire scientifique de colloques traditionnels, telles que ces représentations se manifestent dans les écrits, les supports, les objets de consommation d&amp;#8217;une culture de masse au quotidien, d&amp;#8217;une «&amp;nbsp;opinion commune stéréotypée&amp;nbsp;», d&amp;#8217;une «&amp;nbsp;conscience collective&amp;nbsp;» diffuse, de phénomènes de mode sans commune mesure avec les expressions d&amp;#8217;une «&amp;nbsp;culture savante&amp;nbsp;» de cette Révolution.
De ce choc inédit entre deux cultures, des sélections mémorielles et instrumentalisées autour des mythes révolutionnaires, les organisateurs espèrent mettre en lumière des enjeux idéologiques et économiques majeurs de notre époque et fonder la légitimité scientifique de l&amp;#8217;analyse d&amp;#8217;imaginaires collectifs, quelles que soient les «&amp;nbsp;idées fausses&amp;nbsp;» que ceux-ci véhiculent en s&amp;#8217;affranchissant de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;histoire officielle&amp;nbsp;». On peut imaginer d&amp;#8217;emblée les tensions et les clivages susceptibles d&amp;#8217;être générés par ces relectures «&amp;nbsp;populaires&amp;nbsp;» d&amp;#8217;une Révolution qui «&amp;nbsp;a fécondé l&amp;#8217;Histoire&amp;nbsp;» (3) chez ses historiens «&amp;nbsp;classiques&amp;nbsp;». Le moins que l&amp;#8217;on puisse écrire, au terme de ces journées studieuses, est que le choc espéré a bien eu lieu, et que le pari initial a suscité des révélations et des débats passionnés, d&amp;#8217;une acuité intellectuelle impressionnante.
L&amp;#8217;auteur de ces lignes propose un essai de synthèse «&amp;nbsp;à chaud&amp;nbsp;», qui ne rendra compte que partiellement de la richesse et de la qualité d&amp;#8217;une trentaine de communications, dont la publication est prévue dans moins d&amp;#8217;un an, comme accompagnement de l&amp;#8217;exposition sur le même thème au musée de Vizille, à l&amp;#8217;été 2013.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une Révolution française détournée, fantasmée, stéréotypée&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entrant, par touches successives, dans les «&amp;nbsp;cultures populaires&amp;nbsp;» et leurs médiations, les historiens professionnels risquent de sortir désorientés, frustrés et accablés d&amp;#8217;un constat implacable, que l&amp;#8217;on peut résumer par deux conclusions. D&amp;#8217;une part, la Révolution française devient tellement perçue comme une époque de violence et de «&amp;nbsp;Terreur&amp;nbsp;» qu&amp;#8217;elle finit par se confondre avec son «&amp;nbsp;livre noir&amp;nbsp;». De l&amp;#8217;autre, elle revet une dimension de plus en plus manichéenne, opposant la «&amp;nbsp;populace-bourreaux&amp;nbsp;» aux «&amp;nbsp;aristocrates-victimes&amp;nbsp;», dont «&amp;nbsp;l&amp;#8217;icône&amp;nbsp;» inconstable serait Marie-Antoinette, vedette de l&amp;#8217;écran, de la littérature et des produits dérivés. Jamais, autant que depuis les années 2000, les distorsions entre l&amp;#8217;univers reférentiel et contextualisé des historiens et celui des médias de masse des pays «&amp;nbsp;libéraux&amp;nbsp;» n&amp;#8217;auront été aussi spectaculaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Michel Delon, étudiant deux romans «&amp;nbsp;populaires&amp;nbsp;» de Daniel Picouly (1999, &lt;em&gt;L&amp;#8217;enfant léopard&lt;/em&gt;, prix Renaudot) et de Chantal Thomas (2002, &lt;em&gt;Les adieux à la reine&lt;/em&gt;, prix Femina), avait pourtant préparé les esprits. La compassion pour la reine assassinée, pour son enfant-métis dans le polar noir de Picouly, surgie des images Mokarex de son enfance, n&amp;#8217;a d&amp;#8217;autres similitudes avec «&amp;nbsp;la reine du peuple&amp;nbsp;» de Chantal Thomas, et ses derniers jours à Versailles que l&amp;#8217;empathie du lectorat avec un personnage victime du cataclysme, de l&amp;#8217;apocalypse révolutionnaire, symbole malgré elle d&amp;#8217;une civilisation condamnée par les révolutionnaires de 1789. Ce rapprochement n&amp;#8217;était nullement fortuit. Un panorama poussé des romans historiques contemporains (4) et des romans historiques policiers (5), vus de France, montre une révision du «&amp;nbsp;moment Révolution&amp;nbsp;» dans l&amp;#8217;imaginaire des auteurs et des lecteurs des années 2000. Il n&amp;#8217;y a plus de place pour les visions progressistes et positives d&amp;#8217;une Révolution dont les acquis et l&amp;#8217;utopie vitale (les droits de l&amp;#8217;homme, la démocratie entre autres) sont évacués au bénéfice d&amp;#8217;une période où les individus sont broyés dans une tourmente assimilée à «&amp;nbsp;terreur de masse, massacres, génocide et fanatisme&amp;nbsp;». L&amp;#8217;enfant-martyr du Temple, les «&amp;nbsp;mariages forcés&amp;nbsp;» de Nantes, les affres de la Conciergerie, la revanche des Merveilleuses, ces fictions matinées d&amp;#8217;histoire plongent dans les attentes d&amp;#8217;un public dont la relecture de la Révolution passe par des stéréotypes condamnant les «&amp;nbsp;bourreaux&amp;nbsp;», la populace, les «&amp;nbsp;onze&amp;nbsp;» (du Comité de salut public&amp;nbsp;», les «&amp;nbsp;tricoteuses&amp;nbsp;» et l&amp;#8217;univers de la guillotine. La mémoire romanesque n&amp;#8217;a conservé des fondamentaux du XIXe siècle (Dickens, Hugo, Dumas, Balzac, Taine) que la vision de la foule «&amp;nbsp;tripale&amp;nbsp;», dans la plus pure tradition d&amp;#8217;une légende noire qui condamne les «&amp;nbsp;terroristes&amp;nbsp;» et encense les «&amp;nbsp;victimes&amp;nbsp;», ne laissant aucun espace pour de possibles héros de la geste révolutionnaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La preuve en est apportée, s&amp;#8217;il le fallait encore, par l&amp;#8217;incroyable popularité de Marie-Antoinette, et ce retournement spectaculaire des représentations, de la reine coupable des journées d&amp;#8217;octobre 1789, de Madame Veto, de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;autrichienne&amp;nbsp;», l&amp;#8217;ennemie du peuple «&amp;nbsp;sans-culotte&amp;nbsp;» à la figure de fiction construite dans les films, les romans et la «&amp;nbsp;pop-culture du XXIe siècle&amp;nbsp;». Le chemin parcouru entre le film-culte de Sofia Coppola (2006) et &lt;em&gt;Les adieux à la reine&lt;/em&gt; de Benoît Jacquot (2012) révèle des basculements dans l&amp;#8217;inconscient collectif dont le déferlement des produits dérivés de la reine dans le monde anglo-saxon (les USA essentiellement) démonte certains mécanismes. Le point de départ est pourtant historique (le monde de la Cour, les affaires, les portraits, les journées, Stephan Zweig, Evelyne Lever) pour forger de nouveaux stéréotypes, entre sensualité, frivolité, luxe et victimisation. De la fiction on passe insensiblement à la marchandisation (6) de la reine sous forme d&amp;#8217;éventails, produits de beauté, argenterie, poupées, perruques, parfums, couleurs, macarons. D&amp;#8217;aucuns comparent l&amp;#8217;image de Marie-Antoinette à celle de Marylin Monroe, mais il s&amp;#8217;agit bien de médias de masse et de culture matérielle, identifiée à une «&amp;nbsp;révolution haïssable&amp;nbsp;», pour un large public qui a définitivement rompu avec les caricatures de «&amp;nbsp;Madame Déficit&amp;nbsp;» et de la «&amp;nbsp;veuve Capet&amp;nbsp;»&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D&amp;#8217;autres aspects, moins spectaculaires, des représentations mythologiques de la Révolution française, renvoient aux mêmes tendances lourdes, celles d&amp;#8217;un divorce entre ce qui fut considéré en son temps comme la rupture fondant un monde nouveau autour des droits de l&amp;#8217;homme, de la démocratie et de la nation en armes et l&amp;#8217;époque de Terreur et de violence aveugle que cette Révolution incarnerait aujourd'hui pour un large public sensible aux médiations modernes et aux relectures contemporaines. Les contre-révolutions suscitent de nos jours des représentations qui sacrifient aux modes touristiques (7) et aux produits dérivés, en perdant le fond historique qui était le leur, il y a moins d&amp;#8217;un demi-siècle. L&amp;#8217;iconographie sacrificielle des «&amp;nbsp;bienheureux martyrs&amp;nbsp;» de la foi (prêtres, religieuses) continue de nourrir les rancoeurs de certains milieux catholiques à l&amp;#8217;égard d&amp;#8217;une révolution dont l&amp;#8217;aspect antichrétien et le «&amp;nbsp;vandalisme&amp;nbsp;» sont amplifiés (8).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au terme de ces analyses, toutes fondées sur des supports dont il serait illusoire de contester la légitimité et la diffusion, l&amp;#8217;historien «&amp;nbsp;classique&amp;nbsp;» se sent désemparé. Comment en est-on arrivé à ce degré d&amp;#8217;identification du «&amp;nbsp;peuple&amp;nbsp;» à la «&amp;nbsp;populace&amp;nbsp;», du monde des «&amp;nbsp;aristocrates&amp;nbsp;» et des privilégiés&amp;nbsp;» condamné par les doléances et les journées insurrectionnelles devenu celui des «&amp;nbsp;victimes&amp;nbsp;» de la Terreur aveugle que dénonçaient Dickens dans les années 1850 (&lt;em&gt;A Tale of Two Cities&lt;/em&gt;) ou Anthony Mann en 1949 (&lt;em&gt;The Black Book&lt;/em&gt;)&amp;nbsp;? Les modes néo-libérales venues d&amp;#8217;Outre Atlantique et les clichés des romans français suffiraient-ils à discréditer la Révolution française, à en évacuer tout contenu progressiste et positif, avec toutes les conséquences politiques, sociales et idéologiques qui en découleraient&amp;nbsp;? La puissance de contestation de l&amp;#8217;ordre établi aurait-elle déserté les antichambres de la Révolution pour s&amp;#8217;affirmer dans d&amp;#8217;autres révoltes, celles de l&amp;#8217;imaginaire de la piraterie (9), ou celle des réseaux sociaux de manifestants, «&amp;nbsp;Anonymous&amp;nbsp;», si éloignés des pratiques des institutions de la révolution de 1789&amp;nbsp;? L&amp;#8217;absence quasi-totale de la révolution dans l&amp;#8217;univers des jeux vidéo à caractère historique sonne-t-elle le glas de la signification de la Prise de la Bastille, de Valmy et de la geste des soldats de l&amp;#8217;an II (10)&amp;nbsp;? L&amp;#8217;offensive historiographique des rédacteurs du «&amp;nbsp;Livre noir de la Révolution française&amp;nbsp;» (2008) est-elle en mesure de mettre à l&amp;#8217;ordre du jour une loi mémorielle sur le «&amp;nbsp;génocide vendéen&amp;nbsp;» et étouffer les acquis que deux siècles d&amp;#8217;historiographie républicaine (de Michelet à Vovelle, de Jaurès à Soboul) avaient mis en lumière&amp;nbsp;? Le mérite du colloque a été de poser avec brutalité ces questions, et de susciter en retour des réponses, des explications et des amorces de «&amp;nbsp;résistances&amp;nbsp;» chez ceux qui pensent que la Révolution reste présente dans les cultures populaires, dans d&amp;#8217;autres milieux, d&amp;#8217;autres espaces et d&amp;#8217;autres utopies vitales.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une Révolution toujours présente et positivée&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vue du Japon, par exemple, les représentations de la Révolution française sont très différentes de celles qui dominent aux Etats-Unis. En témoigne l&amp;#8217;incroyable succès de &lt;em&gt;La Rose de Versailles&lt;/em&gt;, un manga de Riyoko Ikeda, publié en feuilleton en 1972-1973, à destination des jeunes filles de six à quinze ans, puis diffusé en France sur le petit écran à travers la version animée de &lt;em&gt;Lady Oscar&lt;/em&gt; dans les années 1980 (11). Inspiré initialement de la biographie de Marie-Antoinette par Stephan Zweig, l&amp;#8217;histoire déplace l&amp;#8217;intérêt vers le personnage d&amp;#8217;Oscar, fille «&amp;nbsp;travestie&amp;nbsp;» d&amp;#8217;un aristocrate, un moment chargée de la sécurité de la Reine. Mais le sugissement de la Révolution est l&amp;#8217;occasion pour Oscar de prendre conscience des injustices de sa caste à l&amp;#8217;égard du peuple, et de prendre fait et cause pour ce dernier, incarné par son ami roturier. Le manga, produit culturel de consommation de masse au Japon, est inspiré en partie de la culture savante (manuels scientifiques et scolaires) et de la connaissance de l&amp;#8217;iconographie de la Révolution (12), de ses tableaux historiques. Les nombreuses distinctions obtenues par Ikeda en France témoignent de la rencontre possible entre un récit positif de la Révolution française (la lutte contre les privilèges et les inégalités) et l&amp;#8217;imaginaire collectif d&amp;#8217;une partie importante de la jeunesse japonaise, alors que Marie Antoinette s&amp;#8217;efface devant Lady Oscar et la double prise de conscience de celle-ci, en tant que femme et que révoltée. Les produits dérivés de Lady Oscar ne revêtent plus la même signification, alors même que le film réalisé par Jacques Demy pour une société japonaise (1978), gomme en partie l&amp;#8217;engagement politique de Lady Oscar et l&amp;#8217;évocation directe de la révolution populaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les représentations théâtrales ou filmées de la Révolution sont probablement plus respectueuses du récit événementiel que les fictions romanesques. L&amp;#8217;insuccès des pièces jouées à la Comédie française entre 1831 et 1931, centrées sur des figures aussi «&amp;nbsp;tragiques&amp;nbsp;» que Théroigne de Méricourt (13) (par Sarah Bernhardt), Charlotte Corday ou Danton (14) ne peut occulter les tentatives de théâtre populaire de la révolution, de Romain Rolland à Ariane Mnouchkine (1789 et 1793 à la Cartoucherie de Vincennes), quand les acteurs se mêlaient au public pour expliquer les mobiles de leurs soulèvement. Le succès d&amp;#8217;estime d&amp;#8217;une pièce jouée en 2009-2010 (&lt;em&gt;Notre Terreur&lt;/em&gt;) où le huis clos du Comité de salut public expose les problèmes de la marche de la Révolution dans la période de tous les dangers prouve, s&amp;#8217;il le fallait encore, l&amp;#8217;acuité des engagements de ses acteurs et leurs résonances contemporaines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les valeurs et les symboles de la Révolution française conservent leurs vertus et leur pouvoir d&amp;#8217;exemple et de contagion, voire d&amp;#8217;invitation à la polémique dans certains films cultes, en particulier des années 1920-30, quand la &lt;em&gt;Marseillaise&lt;/em&gt; de Jean Renoir fait écho au &lt;em&gt;Napoléon&lt;/em&gt; d&amp;#8217;Abel Gance. Ce dernier chef-d&amp;#8217;&amp;#339;uvre est modifié pendant près d&amp;#8217;un demi-siècle entre la version muette de 1925, la version parlante de 1935 (avec les acteurs encore en vie), et les versions des années 1980 (15). On sent dans cette passion selon Gance, combien les «&amp;nbsp;dieux&amp;nbsp;» de la Révolution (Danton, Marat, Robespierre) représentent les voies contrariées du pouvoir des individus et des destins collectifs. La Marseillaise entonnée devant les députés par Rouget de Lisle a parcouru le monde, à l&amp;#8217;image du drapeau tricolore, portant dans ses accents et dans ses plis la liberté des peuples. Reprise par le Front populaire dans les années 1930, remise en cause par des gestes «&amp;nbsp;iconoclastes&amp;nbsp;» dans les années 1980 et par les contestataires du net (16), l&amp;#8217;hymne national comme le Chant du départ peut être revendiqué comme un marqueur de l&amp;#8217;appartenance à la communauté nationale ou réinterprété au gré de révoltes contemporaines. Le débat sur la violence de certaines paroles («&amp;nbsp;le sang impur&amp;nbsp;») qui deviennent vertueuses quand elles sont contextualisées (Valmy, la levée en masse contre l&amp;#8217;Europe des rois coalisés) n&amp;#8217;est pas près de s&amp;#8217;éteindre, quitte à opposer dans les stades des publics incontestablement populaires. Il paraît évident que la musique et la poésie contemporaines puisent largement dans les systèmes de référence, même biaisés, à la décennie révolutionnaire (17), ce qui ne peut surprendre quand on évoque la puissance émotive des chants et de l&amp;#8217;éloquence révolutionnaires, dans les années 1790. L&amp;#8217;histoire devient le levier de l&amp;#8217;évocation des problèmes sociaux actuels, des inégalités, des injustices, du refus des privilèges et du racisme&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L&amp;#8217;actualité de la Révolution française a resurgi avec force et émotion dans l&amp;#8217;analyse des liens entre ses idéaux et les contenus des révolutions arabes de 2011, qu&amp;#8217;il s'agisse de l&amp;#8217;Égypte ou de la Tunisie. Dans les deux cas on voit progressivement l&amp;#8217;usage du mot peuple supplanter celui de «&amp;nbsp;populace&amp;nbsp;» lors des grandes manifestations de la place Tarhir. Quand des millions de Cairotes rejoignent la contestation du régime autour des mots d&amp;#8217;ordre «&amp;nbsp;Dégage&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;le peuple veut la chute du régime&amp;nbsp;», les conseils de Voltaire s&amp;#8217;éloignent, et un mouvement de masse, sans «&amp;nbsp;héros charismatiques&amp;nbsp;» renoue avec les idéaux de 1792 pour renverser un régime défini comme tyrannique (18). La révolution tunisienne s&amp;#8217;écrit en termes de droits de l&amp;#8217;homme, de lutte pour la liberté et l&amp;#8217;égalité, d&amp;#8217;assimilation de principes hérités de la Révolution française, de sa langue et de sa culture, mais selon des priorités spécifiques. Les termes de citoyenneté, de dignité, d&amp;#8217;indépendance de la justice, de droit à l&amp;#8217;insurrection rassemblent, alors que les notions de laïcité et d&amp;#8217;occidentalisation divisent (19). Les «&amp;nbsp;printemps arabes&amp;nbsp;» de janvier 2011 restituent aux contenus de la Révolution française la valeur universaliste qui semblait proscrite, dans les romans et la culture matérielle de son pays d&amp;#8217;origine (la France) et des espaces culturels dominants (l&amp;#8217;Amérique du Nord (20)). L&amp;#8217;ambivalence de ces références est tragique dans l&amp;#8217;histoire de l&amp;#8217;indépendance de l&amp;#8217;Algérie (21), tant les chefs historiques (Messali Hadj et Ferhat Abbas) ont été marqués par l&amp;#8217;idéologie, la mythologie révolutionnaire, avant de condamner le politique colonialiste et impérialiste de l&amp;#8217;occupant français.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Loin d&amp;#8217;être un «&amp;nbsp;objet froid&amp;nbsp;», la perception de la Révolution est en continuelle adaptation aux mentalités et aux modes de pensée. Les portraits de révolutionnaires parus à l&amp;#8217;été 2009 dans les dernières pages du quotidien &lt;em&gt;l&amp;#8217;Humanité&lt;/em&gt; traduisent les relectures et les découvertes d&amp;#8217;auteurs pluralistes (22), dans l&amp;#8217;émergence de héros de l&amp;#8217;abolition de l&amp;#8217;esclavage (Delgrès, Sonthonax, Polverel, Toussaint-Louverture), de la Marianne noire, le drapeau rouge en main qui illustre l&amp;#8217;affiche de la fête du journal clôturant en septembre ces «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Portraits de la révolution&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Le niveau de telles pages s&amp;#8217;élève bien au dessus des noms d&amp;#8217;oiseaux inspirés des personnages de la révolution échangés dans les joutes parlementaires (23) entre les tenants de la droite «&amp;nbsp;libérale&amp;nbsp;» et ceux de la gauche «&amp;nbsp;égalitaire&amp;nbsp;» dans les années 2000, ce qui est logique pour des sensibilités et des clivages nés de la politisation des années 1790&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Marat et Charlotte Corday symbolisent deux visions de la Révolution qui continuent de s&amp;#8217;affronter par médiations interposées. D&amp;#8217;un côté, la figure charismatique du Marat assassiné de David (juillet 1793) resurgit de manière impromtue dans une toile d&amp;#8217;un peintre contestataire en 2008, représentant un contestataire dans une favela, nu dans une baignoire bordée de détritus, deux siècles après (24). Le culte du martyr de la liberté, célébré en l&amp;#8217;an II, panthéonisé un moment conserve sa force révolutionnaire, celle de l&amp;#8217;Ami du peuple. Mais de l&amp;#8217;autre, Charlotte Corday peut incarner la haine du tyran, le refus de la terreur et un sacrifice tragique, susceptible d&amp;#8217;accélerer le cours de l&amp;#8217;histoire. Ces mémoires antagonistes prouvent que la révolution continue à se jouer sur des espaces éclatés, au rythme des mutations et des révolutions contemporaines.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devoir d&amp;#8217;histoire et devoir de mémoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La découverte progressive des formes et des représentations de la Révolution française dans les cultures populaires contemporaines a été une véritable révélation pour nombre d&amp;#8217;historiens «&amp;nbsp;spécialistes&amp;nbsp;» participant à l&amp;#8217;ensemble du colloque. Elle les a conduit naturellement à envisager l&amp;#8217;ampleur de ces mutations et à tenter, dans la mesure du possible, d&amp;#8217;élaborer des réponses alternatives aux dérives les plus marquées et aux «&amp;nbsp;idées fausses&amp;nbsp;» les plus répandues.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première, à l&amp;#8217;évidence, est de reconquérir l&amp;#8217;espace de l&amp;#8217;enseignement, qui n&amp;#8217;a plus les moyens de peser sur les représentations et les cultures comme il le fit dans le passé, au temps des hussards noirs de la République, du Front Populaire ou des années 1950. Le divorce entre culture savante et culture populaire n&amp;#8217;est pas une fatalité. Le moment du bicentenaire de la Révolution, dans les écoles primaires, les collèges et les lycées a, par exemple, profondément marqué les équipes pluridisciplinaires des enseignants et les milliers d&amp;#8217;élèves qui ont commémoré 1789, en bonnets phrygiens et carmagnoles, sur fond d&amp;#8217;histoire locale, de relecture des droits de l&amp;#8217;homme en regard des luttes contemporaines, de redécouverte des temps forts, des valeurs et des symboles d&amp;#8217;une Révolution redevenue familière, entre septembre 1988 et juin 1989 (25). Adossée à un quasi consensus institutionnel et militant, la commémoration scolaire a influencé une génération 1989, ces jeunes enseignants-chercheurs qui s&amp;#8217;investissent, vingt ans après dans les colloques, les collèges et les universités.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des initiatives ayant pour objectif «&amp;nbsp;Enseigner la Révolution française&amp;nbsp;» se développent, autour de la Société des études robespierristes, de l&amp;#8217;Institut d&amp;#8217;histoire de la Révolution française (une centaine de participants à Ivry-sur-Seine en mars 2011), de l&amp;#8217;Association des Historiens et Géographes (le centenaire de 2010 à Grenoble), de collègues conscients d&amp;#8217;une crise de cet enseignement, révélée aux États généraux de l&amp;#8217;histoire et géographie de janvier 2012. À partir des classes de quatrième et de seconde, il s&amp;#8217;agit de renouer avec un ensemble de références, d&amp;#8217;exemples, de concepts, de valeurs susceptibles d&amp;#8217;ancrer à nouveau l&amp;#8217;histoire de la Révolution et de la Première République dans l&amp;#8217;enseignement et l&amp;#8217;éducation civique de masse. La tache est rendue ardue par l&amp;#8217;incohérence de certains programmes, le recul dramatique des enseignants-chercheurs qui permettaient le passage de l&amp;#8217;histoire universitaire et de ses acquis essentiels dans le milieu scolaire. Mais le devoir d&amp;#8217;histoire n&amp;#8217;est plus négociable. Il devrait déboucher à terme sur la rédaction de nouveaux manuels, sur une vigilance plus grande à l&amp;#8217;égard des médias qui influencent les cultures populaires, sur la réhabilitation d&amp;#8217;une histoire sociale et du politique qui a profondément régressé dans les dernières décennies. Le colloque de Vizille-Grenoble a eu l&amp;#8217;immense mérite de mesurer le chemin à parcourir et l&amp;#8217;ampleur d'une refondation scolaire indispensable. Certes, la lutte n&amp;#8217;est pas égale, entre l&amp;#8217;école de la Cinquième République et les médiations pesant aujourd&amp;#8217;hui sur l&amp;#8217;imaginaire collectif et les cultures populaires. Mais ne pas l&amp;#8217;engager serait une démission, un renoncement à des journées et des valeurs qui ont «&amp;nbsp;changé la face du monde&amp;nbsp;» et pesé sur le destin des nations.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le deuxième devoir est celui de l&amp;#8217;érudition, de la contextualisation des références à la Révolution française. La prise de conscience des falsifications de l&amp;#8217;histoire, des stéréotypes qui pèsent sur l&amp;#8217;imaginaire révolutionnaire contemporain doit déboucher sur des initiatives éditoriales ciblées, débordant du seul milieu universitaire, érigeant des ponts entre culture savante et cultures populaires. Elles devront s&amp;#8217;appuyer sur les réseaux des institutions et des associations républicaines se réclamant de l&amp;#8217;héritage et des valeurs de la Révolution, et qui avaient permis, dans les années 1900, 1930, 1950 et 1980 de les diffuser dans un public très large.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Enfin, s&amp;#8217;appuyant sur l&amp;#8217;influence de la Révolution française dans les processus de révolutions contemporaines et dans la conscience de peuples en lutte pour leurs droits politiques et sociaux, pratiquant le devoir «&amp;nbsp;sacré&amp;nbsp;» de l&amp;#8217;insurrection face aux gouvernements qui violent ces droits, il paraît indispensable d&amp;#8217;occuper les milieux et les médias qui ont consommé un divorce certain entre cultures populaires et patrimoine historique de la Révolution&amp;nbsp;: le théâtre populaire, comme au temps de l&amp;#8217;an II, de Romain Rolland, du TNP et de la Cartoucherie&amp;nbsp;; le roman populaire, à l&amp;#8217;image du &lt;em&gt;Quatre vingt treize&lt;/em&gt; de Victor Hugo en 1874 ou des &lt;em&gt;Dieux ont soif&lt;/em&gt; d'Anatole France en 1912&amp;nbsp;; le cinéma populaire de &lt;em&gt;Napoléon&lt;/em&gt; (1925-, de la &lt;em&gt;Marseillaise&lt;/em&gt; (1932), de &lt;em&gt;1788&lt;/em&gt; (1978), de &lt;em&gt;La Caméra explore le temps&lt;/em&gt; (1964). Même si les tendances du marché et la nature des médias influençant les représentations de l&amp;#8217;histoire dans le monde contemporain rendaient cette occupation et cette «&amp;nbsp;reconquête&amp;nbsp;» dérisoires, elles ne s&amp;#8217;en imposent pas moins aux historiens, aux littéraires, aus sociologues, aux historiens de l&amp;#8217;art comme un devoir d&amp;#8217;histoire, le plus «&amp;nbsp;desespéré&amp;nbsp;», mais le «&amp;nbsp;plus beau&amp;nbsp;»&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici quelques réflexions nées d&amp;#8217;un colloque qui a mobilisé pendant trois jours des enseignants et des chercheurs dont la rencontre et la synergie n&amp;#8217;étaient pas évidentes, au départ (26). Le cadre exceptionnel du musée-château de Vizille et la qualité de l&amp;#8217;accueil ont facilité la réception des communications et la passion des débats. Des moments culturels forts ont agrémenté la tenue du colloque, tels une visioconférence avec les collègues américains de San Antonio, la lecture d&amp;#8217;une pièce inédite &lt;em&gt;Le procès de Charlotte Corday&lt;/em&gt; (27) (opposant Corday à Fouquier-Tinville au nom des «&amp;nbsp;grands principes&amp;nbsp;»), et la projection à la Cinémathèque de Grenoble du 6e épisode des &lt;em&gt;Nuits révolutionnaires&lt;/em&gt;, quand le «&amp;nbsp;Hibou&amp;nbsp;» Restif de la Bretonne assiste aux massacres de septembre, pèse sur la loi du divorce et contemple sa déchéance paternelle au moment de l&amp;#8217;exécution du roi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La séparation des participants au colloque a été rendue plus sensible par l&amp;#8217;évocation de révolutions contemporaines (les «&amp;nbsp;printemps arabes&amp;nbsp;»), les réflexions collectives nées du choc des cultures et des représentations. Sortir d&amp;#8217;une telle rencontre conscients d&amp;#8217;enjeux devenus dramatiques, avec la volonté de peser sur la transmission dans les cultures populaires des références et des valeurs fondamentales de la Révolution française au miroir des luttes contemporaines, voilà de quoi saluer une manifestation qui honore ses organisateurs, légitimant au final leur pari et leurs efforts&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;(1) Maître de conférence en Lettres et Arts à l'Université Stendhal-Grenoble 3.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Directeur du Musée de la Révolution française de Vizille.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) Toutes les citations qui précèdent sont tirées de la présentation du colloque par les organisateurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(4) De Gérard Gengembre, professeur à l'Université de Caen et New York University et Nathalie Alzas, Université d'Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(5) Isabelle Durand-Le Guern, Université de Lorient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(6)  Communications de Guy Spielmann, Georgetown University et de Dorothée Polanz, Univesrsity of Maryland.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(7) Jean-Clément Martin, professeur à l'Université de Paris I.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(8) Paul Chopelin, Université Lyon 3.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(9) Sarah Harvey, Université de Paris 10.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(10) Joël Mak dit Mack, Lycée François Mansart.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(11) Tomoko Takase, Université Meiji, Christophe Cave, Université Grenoble 3 et Norio Mihara, Insa Lyon.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(12) Cyril Triolaire, Université Clermont-Ferrand 2.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(13) Jacqueline Razgonnikov, bibliothécaire à la Comédie-Française.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(14) Agathe Sanjouan, Bibliothèque Musée de la Comédie Française et Olivia Voisin, Université Paris 4.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(15) Jean-Claude Bonnet, Cnrs, Université Paris 4.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(16) Nathalie-Barbara Robisco, Lycée Paul Vincensini.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(17) Pascal Dupuy, Université de Rouen.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(18) Sadek Neaimi, Université de Mounofeyeh.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(19) Amel Ben Amor, Faculté de Sciences Humaines et Sociales de Tunis.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(20) Daniel Smith, University of Illinois at Chicago, en visioconférence depuis San Antonio.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(21) Pascale Pellerin, Cnrs.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(22) Stéphanie Loncle, Université de Caen.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(23) Michel Biard, professur Université de Rouen&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(24) Julia Douthwaite, University of Notre Dame, en visioconférece depuis San Antonio (Usa)&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(25) Serge Bianchi, professeur Université de Rennes 2.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(26) On doit souligner les apports des présidents et animateurs des dix sessions, Jean Sgard, Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Daniel Lançon,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Isabelle Paillart,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Yves Citton,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Chantal Massol,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Géraldine Guérin, MC2 Grenoble&amp;nbsp;; Gilles Bertrand,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Florent Gaudez,  Université Grenoble 2&amp;nbsp;; Isabelle Krzywkowski,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; François Genton,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Jean Serroy,  Université Grenoble 3&amp;nbsp;; Stéphanie Genand, Université de Rouen (visioconférence).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(27) Benoît Lepecq, comédien, auteur et Jeanne-Marie Garcia, comédienne.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>La place des droits dans le républicanisme de Philip Pettit</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/05/02/486-la-place-des-droits-dans-le-republicanisme-de-philip-pettit" />
  <issued>2012-05-02T17:11:25+02:00</issued>
  <modified>2012-05-02T17:11:25+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/05/02/486-la-place-des-droits-dans-le-republicanisme-de-philip-pettit</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>En ligne</dc:subject>
  <summary>Par Christopher Hamel, Centre de Théorie Politique-Université Libre de Bruxelles


Le républicanisme, contrairement au libéralisme, n’est pas fondé sur les droits. Parce qu’ils insistent sur l’importance de l’investissement des citoyens dans les affaires collectives et sur la...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Par Christopher Hamel, Centre de Théorie Politique-Université Libre de Bruxelles&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le républicanisme, contrairement au libéralisme, n&amp;#8217;est pas fondé sur les droits. Parce qu&amp;#8217;ils insistent sur l&amp;#8217;importance de l&amp;#8217;investissement des citoyens dans les affaires collectives et sur la nécessité de les former à la vertu civique pour maintenir les institutions libres, les républicains associent les droits à une sphère individuelle privée protégée des interférences de l&amp;#8217;État, et voient en eux plutôt des outils de justification des intérêts égoïstes que des ressources essentielles à la liberté commune. Défendre ses droits individuels apparaît même, aux yeux des républicains, comme une attitude fondamentalement corrompue&amp;nbsp;: les devoirs priment sur les droits.&lt;br /&gt;
Mais même lorsqu&amp;#8217;ils se détachent de cette représentation pocockienne du conflit entre droit et vertu et reconnaissent le caractère indépassable de l&amp;#8217;individualisme et du pluralisme constitutifs de la «&amp;nbsp;modernité libérale&amp;nbsp;», les républicains s&amp;#8217;accordent aujourd&amp;#8217;hui le plus souvent à attribuer une place secondaire aux droits&amp;nbsp;: parce qu&amp;#8217;ils raisonnent en termes conséquentialistes et non déontologiques, ils ne peuvent concevoir les droits que comme des effets de la délibération publique, et sont «&amp;nbsp;sceptiques&amp;nbsp;» quant à l&amp;#8217;idée que les droits puissent représenter des contraintes extérieures préexistant à l&amp;#8217;ordre social et dont le respect rendrait légitime ce dernier. Ce scepticisme s&amp;#8217;enracine dans une conception institutionnelle ou politique de la liberté, où celle-ci n&amp;#8217;existe que par la soumission de tous à l&amp;#8217;empire des lois et aux institutions protectrices. Les droits attachés à l&amp;#8217;individu indépendamment de toute appartenance politique apparaissent au pire comme des entités métaphysiques, au mieux comme de simples aspirations morales dénuées de toute force contraignante, et dont la fonction est tout au plus rhétorique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/la-place-des-droits-dans-le-republicanisme-1/&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt; sur &lt;em&gt;Implications philosophiques&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/la-place-des-droits-dans-le-republicanisme-2/&quot;&gt;Lire la seconde partie du texte&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.implications-philosophiques.org/category/semaines-thematiques/neo-republicanisme/&quot;&gt;Voir l'ensemble du dossier&lt;/a&gt; de la revue &lt;em&gt;Implications philosophiques&lt;/em&gt; consacré au néo-républicanisme.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Révolution française : refonder les problématiques du républicanisme</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/04/24/485-revolution-francaise-refonder-les-problematiques-du-republicanisme" />
  <issued>2012-04-24T01:19:15+02:00</issued>
  <modified>2012-04-24T01:19:15+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/04/24/485-revolution-francaise-refonder-les-problematiques-du-republicanisme</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>Etudes</dc:subject>
  <summary>par Yannick Bosc, GRHIS-Université de Rouen


Ce texte a été présenté lors de l'atelier Les héritages des républicanismes et la république comme utopie qui s'est tenu le 27 novembre 2010. 
Aborder le républicanisme pendant la Révolution française, dans une perspective politique contemporaine qui considère la république comme un horizon d'attente, suppose de mettre en évidence les filtres qui en prédéterminent la lecture et la compréhension.
La Révolution française a été l'objet d'usages historiques et politiques, souvent intenses, qui ont sédimenté et subsumé la complexité initiale. Ils résultent du poids de l'histoire de France et de ses mythologies, mais également des rapports complexes qu'ont entretenu le socialisme et la Révolution française, rapports qui en retour ont engendré le récit selon lequel cette période l'histoire constituerait peu ou prou un totalitarisme. Ces filtres, multiples, sont autant d'éléments d'oubli, ou de dévitalisation des principes d'une Première République qui est dès lors en déshérence : en France, on se penche plutôt sur le XIXe siècle qui semble être la ressource principale de l'idée républicaine ; par ailleurs, selon le paradigme de la « révolution bourgeoise », la Première République ne serait plus en phase avec les nécessités de l'histoire et aurait été dépassée par la perspective de la révolution prolétarienne ; enfin, si ce moment républicain est totalitaire, sa place n'est pas dans la modernité, dans notre actualité ou notre futur, mais du côté des monstres politiques, du stalinisme et du nazisme.
Je laisserai ici de côté le paradigme de la « révolution bourgeoise » dont Albert Mathiez a déjà souligné qu'il empêche de comprendre ce qu'il a nommé la « révolution sociale » de l'an II (1). Je me consacrerai à l'idéologie de la modernité en faisant un détour par « l'exception républicaine française ».</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;par Yannick Bosc, GRHIS-Université de Rouen&lt;/p&gt;

&lt;img style=&quot;margin: 0  10px 10px 0; float: left;&quot; src=&quot;/images/republicanisme_utopie.jpg&quot; alt=&quot;héritages des républicanismes et république comme utopie&quot; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ce texte a été présenté lors de l'atelier &lt;a href=&quot;/2010/11/20/408-les-heritages-des-republicanismes-et-la-republique-comme-utopie&quot;&gt;Les héritages des républicanismes et la république comme utopie&lt;/a&gt; qui s'est tenu le 27 novembre 2010. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder le républicanisme pendant la Révolution française, dans une perspective politique contemporaine qui considère la république comme un horizon d'attente, suppose de mettre en évidence les filtres qui en prédéterminent la lecture et la compréhension.
La Révolution française a été l'objet d'usages historiques et politiques, souvent intenses, qui ont sédimenté et subsumé la complexité initiale. Ils résultent du poids de l'histoire de France et de ses mythologies, mais également des rapports complexes qu'ont entretenu le socialisme et la Révolution française, rapports qui en retour ont engendré le récit selon lequel cette période l'histoire constituerait peu ou prou un totalitarisme. Ces filtres, multiples, sont autant d'éléments d'oubli, ou de dévitalisation des principes d'une Première République qui est dès lors en déshérence&amp;nbsp;: en France, on se penche plutôt sur le XIXe siècle qui semble être la ressource principale de l'idée républicaine&amp;nbsp;; par ailleurs, selon le paradigme de la «&amp;nbsp;révolution bourgeoise&amp;nbsp;», la Première République ne serait plus en phase avec les nécessités de l'histoire et aurait été dépassée par la perspective de la révolution prolétarienne&amp;nbsp;; enfin, si ce moment républicain est totalitaire, sa place n'est pas dans la modernité, dans notre actualité ou notre futur, mais du côté des monstres politiques, du stalinisme et du nazisme.
Je laisserai ici de côté le paradigme de la «&amp;nbsp;révolution bourgeoise&amp;nbsp;» dont Albert Mathiez a déjà souligné qu'il empêche de comprendre ce qu'il a nommé la «&amp;nbsp;révolution sociale&amp;nbsp;» de l'an II (1). Je me consacrerai à l'idéologie de la modernité en faisant un détour par «&amp;nbsp;l'exception républicaine française&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une «&amp;nbsp;exception française&amp;nbsp;» ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le livre de Philip Pettit, &lt;em&gt;Républicanisme. Une théorie de la liberté et du gouvernement&lt;/em&gt;, qui est devenu l'une des principales références en matière de républicanisme, est symptomatique d'une Révolution française marginalisée. L'objectif de cet ouvrage de philosophie analytique est de réactualiser le langage du républicanisme afin d'élaborer «&amp;nbsp;une philosophie néorépublicaine qui entend défendre une conception du gouvernement distincte de celles propres aux perspectives libérales et populistes.&amp;nbsp;» (2) Philip Pettit précise que la perspective libérale s'inscrit dans la conception de la &lt;em&gt;liberté négative&lt;/em&gt; et la populiste de la &lt;em&gt;liberté positive&lt;/em&gt;. La philosophie néorépublicaine qu'il appelle de ses v&amp;#339;ux renvoie à la &lt;em&gt;liberté comme non-domination&lt;/em&gt;. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Révolution française est presque totalement absente du livre de Pettit si l'on excepte de brèves et vagues allusions à Sieyès et quelques lignes distanciées dans la préface de l'édition française par lesquelles Pettit souligne principalement l'étrangeté de son propos pour le lecteur français&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;je crois déjà entendre le lecteur français se récrier cependant&amp;nbsp;: comment peut-on être républicain sinon dans les termes posés en France par la Révolution&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»(3) La quatrième page de couverture de l'édition française conclut en considérant que l'ouvrage de Pettit «&amp;nbsp;contraint les «&amp;nbsp;Républicains&amp;nbsp;» français à sortir de l'Hexagone pour se confronter à une tradition dont il n'est pas assuré qu'ils soient les meilleurs héritiers&amp;nbsp;». Tout semble être contenu dans ces guillemets qui désignent un républicanisme français dont la caractéristique principale serait d'être un &lt;em&gt;régime politique&lt;/em&gt; et non pas une &lt;em&gt;conception de la liberté&lt;/em&gt;. Dès lors, il se détournerait des traditions républicaines auxquelles se réfère Philip Pettit qui s'appuie sur les travaux de Quentin Skinner (4), des traditions qui remontent aux cités grecques et s'expriment en particulier dans l'Italie de la Renaissance et l'Angleterre du XVIIe siècle, des traditions qui ont en commun une conception de la liberté.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous retrouvons des considérations de même nature dans l'ouvrage que Jean-Fabien Sitpz a consacré à &lt;em&gt;La liberté politique&lt;/em&gt; (5) en 1995. Jean-Fabien Spitz, traducteur de Pettit, fait également l'impasse sur la Révolution française en s'arrêtant à Rousseau et en reprenant son étude au XIXe siècle avec Tocqueville et Constant. Il en donne une raison dès la première note du livre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En France, la tradition républicaine issue de Machiavel, dont Rousseau et Montesquieu sont pourtant, chacun à leur manière, parmi les témoins les plus éclatants, demeure largement sous le boisseau à cause de la connotation exclusivement anti-monarchique de l'idée de République&amp;nbsp;».
Spitz se réfère ici «&amp;nbsp;en particulier&amp;nbsp;» (6) aux actes du colloque de 1992 pour le bicentenaire de la république française, dirigé par Michel Vovelle et intitulé &lt;em&gt;Révolution et République&amp;nbsp;: l'exception française&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans sa brève préface, justifiant la notion d' «&amp;nbsp;exception française&amp;nbsp;» qui caractériserait la République en France, Michel Vovelle considère qu' «&amp;nbsp;entre 1792 et 1794 l'idée s'est imposée aux acteurs éminents ou modestes de l'aventure collective, que République et Révolution étaient indissociables&amp;nbsp;». Mais il poursuit en soulignant que cette «&amp;nbsp;évidence n'allait pas de soi d'entrée de jeu&amp;nbsp;» , c'est-à-dire avant 1792&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;ce n'est point rouvrir un débat académique que de s'interroger sur les conditions mêmes dans lesquelles s'est opérée la rencontre entre République et Révolution française&amp;nbsp;: événement nécessaire ou contingent, fruit de l'échec de la monarchie constitutionnelle et de la voie réformiste par la faute des acteurs eux-mêmes&amp;nbsp;?&amp;nbsp;». Ce que Michel Vovelle nomme république correspond non pas à une conception de la liberté (comme Pettit ou Skinner définissent la république) mais au rejet de la monarchie&amp;nbsp;: la république croise ainsi la Révolution en 1792 lorsque la monarchie est abolie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L'enquête rétrospective amène à analyser comment l'idée de République s'est imposée entre 1789 et 1792 au regard des références lointaines aux républiques antiques, plus proches mais peu séduisantes, aux républiques oligarchiques de Venise ou des Provinces Unies, le régime républicain n'apparaît pas à quelques exceptions près, comme un but évident, à l'origine, à ceux mêmes qui se battent pour engager la Révolution dans une voie démocratique.&amp;nbsp;» (7)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans ce récit, la république est donc essentiellement définie par un anti-monarchisme qui en France s'incarne dans la démocratie en croisant la Révolution, la république acquérant alors un sens nouveau. En particularisant la République française &amp;#8211; dans l'universalité même de ses valeurs &amp;#8211; , en l'enfermant dans sa singularité et son apparente hégémonie, cette historiographie héritière des schémas du XIXe siècle, a coupé la Première République d'autres traditions républicaines. Contrairement à ces dernières, parce qu'elle serait réduite à une «&amp;nbsp;connotation exclusivement anti-monarchique&amp;nbsp;», la Première République ne pourrait donc prétendre faire partie de ce que Jean-Fabien Spitz désigne comme un «&amp;nbsp;vaste réservoir d'idées et de conceptions qui peuvent servir de remèdes aux maux des sociétés contemporaines.&amp;nbsp;» (8)&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'idéologie de la modernité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;A la différence de l'historiographie dominante en France, l'histoire anglo-saxonne de la Révolution française, qui s'appuie sur les travaux de John Pocock (9), s'est davantage et plus précocement intéressée aux problématiques d'un républicanisme ne se réduisant pas à être l'opposé de la monarchie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Actuellement, la principale figure de cette histoire du républicanisme et de la Révolution française est Keith M. Baker. Il est proche des interprétations de François Furet dont il a été le collègue à Chicago dans les années 1980. François Furet a écrit la préface de l'édition française de son ouvrage le plus connu, &lt;em&gt;Condorcet, Raison et politique&lt;/em&gt; (1975), traduit en 1988 au moment du Bicentenaire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un article publié en 2001 qui synthétise ses idées sur le républicanisme au XVIIIe siècle (10), Keitk Baker estime que la Terreur est le cancer du «&amp;nbsp;républicanisme classique&amp;nbsp;» (c'est-à-dire le républicanisme des Anciens) dont les «&amp;nbsp;métastases&amp;nbsp;» ont proliféré au cours du XVIIIe siècle, engendrant Marat, Robespierre et Saint-Just qui incarnent chacun un des aspects de la pathologie&amp;nbsp;: Marat la suspicion généralisée, Robespierre la vertu moralisante, Saint-Just la révolution messianique.(11)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Keith Baker propose une variante du schéma interprétatif libéral qui dissocie les Anciens et les Modernes. Il reprend donc Benjamin Constant (12) et, au delà, la typologie d'Isaiah Berlin sur les &lt;em&gt;Deux concepts de liberté&lt;/em&gt; (1958) qui oppose la&lt;em&gt; liberté négative&lt;/em&gt; et la &lt;em&gt;liberté positive&lt;/em&gt;. La &lt;em&gt;liberté négative&lt;/em&gt; désigne la liberté définie comme une absence d'entrave. Elle caractériserait la liberté des Modernes et fonderait les droits individuels. A l'inverse, la &lt;em&gt;liberté positive&lt;/em&gt; prescrit la manière dont il faut agir pour être libre. Elle distinguerait la liberté des Anciens qui se réalisait dans et par la cité et s'exprimait à travers la vertu politique. Cette vertu, sur laquelle s'est forgée la culture politique républicaine, est ici considérée comme une entrave aux droits individuels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les libéraux accusent la tradition républicaine d'être à l'origine du totalitarisme puisque l'admiration pour les républiques de l'antiquité a selon eux conduit la Révolution française à la Terreur (13). En 1952, l'ouvrage de Jacob Talmon &lt;em&gt;The Origins of Totalitarian Democracy&lt;/em&gt; est le premier à associer démocratie et totalitarisme. Dans son étude sur &lt;em&gt;Les anti-lumières&lt;/em&gt;, Zeev Sternhell souligne que les publications de Jacob Talmon et Isaiah Berlin participent alors de la guerre froide, «&amp;nbsp;un monde où plane la menace bolchevique aisément conçue comme une version moderne du jacobinisme honni&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;(...) en reprenant les grandes lignes de la pensée d'un Burke et d'un Taine, Berlin, comme Arendt et Talmon, touche bien la sensibilité de l'intelligentsia libérale de l'époque à laquelle l'école totalitaire fournissait une explication attrayante et facile des malheurs de la guerre froide». (14)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ces auteurs s'inscrivent alors dans un travail de reconquête de l'idéologie libérale. Le libéralisme économique a en effet perdu son hégémonie en occident à la suite de la crise de 1929 et des politiques redistributives qu'elle a générées, en particulier après guerre. Politiquement, cette stratégie aboutit aux élections de Margaret Tchatcher en 1979 et de Ronald Reagan en 1981. Dans cette perspective, au moment du Bicentenaire de la Révolution française, la Fondation Olin, liée à la droite reaganienne, a attribué 470 000 dollars à François Furet «&amp;nbsp;pour mener à bien sa mission de démarxisation de la Révolution française et de liquidation définitive du danger communiste.&amp;nbsp;»(15) En réactivant le républicanisme, Philip Pettit cherche à sortir de l'opposition des deux concepts de liberté et donc à remettre en cause cette typologie manichéenne de guerre froide qui a engendré, selon ses termes, «&amp;nbsp;un théâtre des héros et des anti-héros&amp;nbsp;». Au contraire, Keith Baker se situe dans ce théâtre où les héros viennent du panthéon libéral (Hobbes, Bentham, Constant, Tocqueville) et les anti-héros se recrutent du côté de Rousseau, Kant, Marx, des jacobins et des communistes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Keith M.Baker ne reproduit pas &lt;em&gt;in extenso&lt;/em&gt; le schéma d'Isaiah Berlin ou de Jacob Talmon mais l'adapte&amp;nbsp;:  «&amp;nbsp;la Terreur, écrit-il, ne dérive pas seulement de l'erreur qui a consisté à préférer la liberté des Anciens à celle des Modernes, le républicanisme classique au discours des Lumières. Elle dérive de la manière explosive par laquelle la Révolution française a combiné les deux.&amp;nbsp;»(16) En effet, les acteurs de la Révolution française, et singulièrement les Montagnards, tiennent simultanément le discours de la vertu du républicanisme classique et celui de l'universalité des Lumières. Ils se situent donc au sein d'un processus mondial de transformation conçu comme un progrès à l'échelle de l'humanité. Lorsqu'une crise politique apparaît, elle sort dès lors des limites d'un conflit localisé à la cité, comme c'était le cas chez les Anciens, pour se projeter dans le «&amp;nbsp;danger infini et le risque sans fin&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: on ne peut clore la révolution, conclut Baker, que lorsque tous ses ennemis seront détruits à l' échelle de l'humanité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Baker attribue à Rousseau et à Mably &amp;#8211; qu'il identifie, suivant le schéma de Benjamin Constant &amp;#8211; l'origine de cette «&amp;nbsp;combinaison explosive&amp;nbsp;» des Lumières et du républicanisme classique. Et pour que cette matrice soit cohérente dans son récit, il élude les références que Mably fait à Locke. Par exemple, &lt;em&gt;Des Droits et des devoirs du citoyen&lt;/em&gt; (1758) n'est pas présenté comme une défense de Locke mais comme une critique des théories du droit naturel qui sont réduites pour l'occasion à Grotius, Wolf et Pufendorf , des auteurs que Mably critique effectivement, comme il critique Hobbes, en s'appuyant justement sur les principes du droit naturel développés par Locke.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Locke est absent de tout ce texte de Baker car il est &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; exclu d'une scénographie consacrée aux anti-héros. L'objet de cette étude ne concerne en effet que les transformations du républicanisme classique au XVIIIe siècle. Baker décrit donc les tribulations de la vertu et non les aventures du droit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Locke est une référence qui ne peut être ici mobilisée que du côté des Modernes, et d'un type de républicanisme, qualifié de «&amp;nbsp;moderne&amp;nbsp;», que Baker définit comme «&amp;nbsp;celui qui s'exprime dans la langue des droits, de la raison, de la représentation&amp;nbsp;; celui qui déploie le discours rationnel de la modernité et du progrès social&amp;nbsp;». A la différence du républicanisme des Anciens, le républicanisme des Modernes qui émerge au XVIIIe siècle et se place du côté des héros, favoriserait l'individu contre le groupe et aurait saisi les nouveaux enjeux politiques qu'a engendré «&amp;nbsp;la société commerciale&amp;nbsp;», autrement dit de l'économie capitaliste. Le républicanisme des Modernes serait principalement représenté par Thomas Paine et Condorcet et, au delà, par les physiocrates et la mouvance girondine à laquelle ces deux acteurs de la Révolution française sont associés. Avec les Girondins, et à la différence des Montagnards, ils incarneraient donc les valeurs des droits de l'homme et une certaine radicalité républicaine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;William Doyle qui s'inscrit dans le même schéma interprétatif que Baker est un de ceux qui ont développé ce thème de la radicalité de la mouvance girondine. Il estime que les «&amp;nbsp;vrais révolutionnaires&amp;nbsp;» sont les girondins, c'est-à-dire les «&amp;nbsp;idéalistes&amp;nbsp;», par opposition aux «&amp;nbsp;pragmatiques&amp;nbsp;» de la Montagne&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;tout l'instinct radical et républicain de Paine, écrit Doyle, était avec ceux qui croyaient que, même en temps de guerre la nation française pouvait être gouvernée plus en accord avec les droits de l'homme&amp;nbsp;» que sous la pression du peuple, que sous la pression des auteurs des massacres de septembre.(17)&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un réservoir d'idées pour nos sociétés contemporaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Ce serait donc exclusivement à l'intérieur de ce républicanisme des Modernes &amp;#8211; qui peut être constitué de tendances mais qui exclut la Montagne, on l'a compris &amp;#8211; qu'il serait pertinent de chercher ce «&amp;nbsp;vaste réservoir d'idées&amp;nbsp;», comme le désigne Jean-Fabien Spitz, que l'on pourrait mobiliser de nos jours. C'est ce que propose Gareth Stedman Jones dans &lt;em&gt;La fin de la pauvreté&amp;nbsp;? Un débat historique&lt;/em&gt;.(18)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Stedman Jones reprend le découpage politique proposé par Baker et Doyle et estime que Paine et Condorcet sont emblématiques de la nouveauté qu'apporte la Révolution française en jetant les bases «&amp;nbsp;d'une république sociale véritable&amp;nbsp;» qui vise à éradiquer la pauvreté. Le républicanisme de Paine et Condorcet résiderait ainsi, suivant Jones, dans  «&amp;nbsp;un langage de la sécurité sociale conçue comme base de la citoyenneté&amp;nbsp;»(19) ou, dit autrement, dans une politique qui s'efforce de penser ensemble la liberté individuelle, le développement de la «&amp;nbsp;société commerciale&amp;nbsp;» et la protection sociale. Stedman Jones considère que cette conception politique qui permet de tenir ensemble droits sociaux et libertés individuelles est une ressource pour nos sociétés en crise. Ce livre, écrit-il, «&amp;nbsp;cherche à rendre visible certains des fils par lesquels le présent est relié au passé, et il jette pour cela un éclairage sur les premiers débats concernant la possibilité d&amp;#8217;un monde sans pauvreté à la fin du XVIIIe siècle. Ces débats n&amp;#8217;étaient pas la simple reprise du thème séculaire de l&amp;#8217;Utopie mais ils étaient inspirées par une question nouvelle&amp;nbsp;: le progrès scientifique et économique pourrait-il abolir la pauvreté telle qu&amp;#8217;on la concevait alors&amp;nbsp;? Certains des problèmes rencontrés à cette époque semblent étrangement contemporains. Bien des questions qui incarnent souvent les nouveautés de notre temps aux yeux des représentants politiques et des journalistes &amp;#8211; comme la mondialisation, la régulation financière, les réductions d&amp;#8217;effectifs ou l&amp;#8217;instabilité des marchés &amp;#8211; faisaient déjà l&amp;#8217;objet de débats récurrents au XVIIIe siècle&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme Stedman Jones, je pense que ces débats du XVIIIe siècle gardent aujourd'hui toute leur pertinence. Je pense également que Paine propose les bases «&amp;nbsp;d'une république sociale véritable&amp;nbsp;», pour reprendre les termes de Jones. En revanche associer Paine et Condorcet à cette «&amp;nbsp;république sociale véritable&amp;nbsp;» pose problème, comme est problématique leur association dans le schéma Bakerien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si Thomas Paine permet de cerner les contours d'une radicalité républicaine que l'on peut définir, en suivant Stedman Jones, comme une critique du libéralisme économique naissant, Condorcet, à l'inverse pose les jalons de l'idéologie productiviste et économiciste de la révolution industrielle et de l'ordre social libéral économique. (20)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Contrairement à Paine (21), Condorcet ne justifie pas la lutte contre la pauvreté à partir de l'idée selon laquelle l'appropriation a été un vol et qu'une république digne de ce nom, c'est-à-dire qui garantit la liberté entendue comme égalité des droits, doit réparer cette injustice. Chez Condorcet la lutte contre la pauvreté est exclusivement fondée sur l'épargne (22), c'est-à-dire selon ses termes sur un «&amp;nbsp;sacrifice&amp;nbsp;» (23) individuel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Condorcet estime qu'un propriétaire ne nuit pas au droit d'autrui s'il possède la liberté indéfinie de vendre et d'acheter, ce qui est cohérent avec l'idée (qu'il défend) selon laquelle la garantie de la liberté du propriétaire fonde la société. Elle ne l'est en revanche pas pour Paine pour qui la garantie du droit à l'existence constitue la société&amp;nbsp;: chez Paine, le droit à l'existence limite le droit qu'a le propriétaire de disposer à son gré de ses propriétés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Autrement dit, Paine doit être rattaché aux problématiques du droit à l'existence qui sont portées par le mouvement populaire mais également par les Montagnards, en particulier par Robespierre, et avant 1789 par les critiques des physiocrates, comme Mably (24). Leur conception commune de la société consiste à mettre en &amp;#339;uvre les principes du droit naturel moderne, tels qu'ils ont été déclarés en 1789 et en 1793, c'est-à-dire à organiser les sociétés selon l'idée que la liberté est définie comme &lt;em&gt;égalité des droits personnels&lt;/em&gt;. Dans une telle pensée de l'état social, &lt;em&gt;la liberté n'existe qu'en tant qu'elle est réciproque&lt;/em&gt;. Elle est conçue comme &lt;em&gt;non-domination&lt;/em&gt; c'est-à-dire que pour être libre il ne faut dominer personne et ne pas être soi-même dominé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Or, la liberté définie comme non-domination est la caractéristique essentielle de la tradition républicaine du XVIIe siècle anglais étudiée par Quentin Skinner et que Philip Pettit théorise afin de la refonder de nos jours. Cette liberté n'est pas seulement attachée à l'individu mais pensée dans le rapport à l'autre. En cela, elle se distingue fondamentalement de la liberté définie comme absence d'entrave (la liberté négative de Berlin), ou liberté comme non-interférence, selon laquelle je suis libre que si rien n'interfère avec ma liberté. C'est à cette idée de la liberté que doit être rattachée la liberté du propriétaire telle que la conçoit Condorcet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Keith Baker n'évoque jamais un républicanisme définit par la liberté comme non-domination puisque cela perturberait son système. Quant à Philip Pettit, il délaisse la tradition jusnaturaliste et s'inscrit en cela dans le théâtre des Anciens et des Modernes que par ailleurs il dénonce et selon lequel les principes du droit naturel serait en dehors de la tradition républicaine.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Le théâtre des Anciens et des Modernes rend certainement compte du point de vue des gagnants. Mais comme les schémas interprétatifs de l'exception française ou de la révolution bourgeoise il ne permet ni de restituer le projet de la Première République ni d'en saisir les enjeux pour aujourd'hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il me semble plus pertinent de saisir la Révolution française comme un moment de conflit entre, d'une part, un républicanisme que l'on appelle l'économie politique, qui cherche à s'émanciper des contraintes des principes du droit naturel et, d'autre part, un républicanisme dont l'objectif consiste au contraire à intégrer les contraintes des principes du droit naturel, ce que l'on pourrait appeler un républicanisme de droit naturel, ou suivant l'expression de Robespierre, une économie politique populaire.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(1) Yannick Bosc et Florence Gauthier, Introduction à la réédition de &lt;em&gt;La réaction thermidorienne&lt;/em&gt; d'Albert Mathiez, Paris, La Fabrique, 2010, p. 7-52. &lt;a href=&quot;/2006/05/13/38-critique-revolution-bourgeoise-droits-homme-citoyen&quot;&gt;Lire également&lt;/a&gt; sur &lt;em&gt;Révolution Française.net&lt;/em&gt;, mai 2006, le texte de Florence Gauthier, &quot;Critique du concept de &quot;révolution bourgeoise&quot; appliqué aux Révolutions des droits de l'homme et du citoyen du XVIIIe siècle&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Philip Pettit,&lt;em&gt; Républicanisme. Une théorie de la liberté et du gouvernement&lt;/em&gt;, (1997), trad. Paris, Gallimard, 2004, p.12.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) &lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(4) Voir en particulier Quentin Skinner, &lt;em&gt;La liberté avant le libéralisme&lt;/em&gt;, (1998), trad. Paris, Seuil, 2000.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(5) Jean-Fabien Spitz, &lt;em&gt;La liberté politique&lt;/em&gt;, Paris, PUF, 1995&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(6) &lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;., note 1 p.5&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(7) Michel Vovelle (dir.), &lt;em&gt;Révolution et République&amp;nbsp;: l'exception française&lt;/em&gt;, Paris, Kimé, 1994, p.9-10.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(8) Jean-Fabien Spitz, &lt;em&gt;op.cit&lt;/em&gt;., p.5.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(9) John Pocock, &lt;em&gt;The Machiavellian Moment: Florentine Political Thought and the Atlantic Republican Tradition&lt;/em&gt;, Princeton, 1975. trad. PUF, 1997.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(10) Keith M. Baker, «&amp;nbsp;Transformations of classical Republicanism in Eighteenth-Century France&amp;nbsp;», &lt;em&gt;The Journal of Modern History&lt;/em&gt; , 2001, vol 73, n°1, p. 32-53.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(11) Yannick Bosc, «&amp;nbsp;La Constitution de l'an III, un républicanisme classique&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», &lt;em&gt;Révolution Française.net&lt;/em&gt;, Septembre 2008, &lt;a href=&quot;/2008/09/06/258-constitution-an-iii-republicanisme-classique&quot;&gt;Lire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(12) Benjamin Constant, &lt;em&gt;De l'esprit de conquête et d'usurpation&lt;/em&gt; (1814), &lt;em&gt;De la liberté des anciens comparé à celle des modernes&lt;/em&gt; (1819).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(13) Jean-Fabien Spitz, &lt;em&gt;op.cit&lt;/em&gt;., note 3 p.6.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(14) Zeev Sternhell, &lt;em&gt;Les anti-lumières&lt;/em&gt;, Paris, Fayard, 2006, p.25&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(15) Selon la formulation de Robert Bonnaud, &lt;em&gt;Histoire et historiens depuis 68&lt;/em&gt;, Paris, Kimé, 1997, p.10.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(16) Keith M. Baker, art. cit., p.53.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(17) William Doyle, «&amp;nbsp;Thomas Paine and the Girondins&amp;nbsp;», repris dans William Doyle, &lt;em&gt;Officers, Nobles and Revolutionaries. Essays on eighteenth-century France&lt;/em&gt;, London, Hambledon Press, 1995, p.217.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(18) Gareth Stedman Jones, La fin de la pauvreté&amp;nbsp;? Un débat historique un ouvrage publié à Londres, (2004), trad. Maisons-Alfort, è®e, 2007. Pour une critique voir Yannick Bosc «&amp;nbsp;Paine et Condorcet pour refonder la solidarité&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», Pour en finir avec les riches (et les pauvres), Mouvements, n°64, octobre-décembre 2010, p.130-135, &lt;a href=&quot;http://www.mouvements.info/spip.php?article294&quot;&gt;Publié en ligne, ''Mouvements'', Juillet 2008&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(19) Gareth Stedman Jones, &lt;em&gt;op.cit&lt;/em&gt;., p.26.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(20) Yannick Bosc, «&amp;nbsp;Liberté et propriété. Sur l'économie politique et le républicanisme de Condorcet&amp;nbsp;», &lt;em&gt;Annales historiques de la Révolution française&lt;/em&gt;, n°366, octobre/décembre 2011, p.53-82.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(21) Voir &lt;em&gt;Agrarian Justice&lt;/em&gt; (1797). Dans cet ouvrage, Paine formule le principe d'allocation universelle. Voir Yannick Bosc, «&amp;nbsp;Thomas Paine, notre contemporain&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», &lt;em&gt;Historicités&lt;/em&gt;, Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia (dir.), Paris, La Découverte, p.151-167.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(22) David G. Troyanski, «&amp;nbsp;Condorcet et l'idée d'assurance vieillesse&amp;nbsp;: risque, dette sociale et générations&amp;nbsp;», &lt;em&gt;Condorcet , mathématicien, économiste, philosophe, homme politique&lt;/em&gt;, P. Crépel et Ch. Gilain (dir.), Paris, Minerve, 1989.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(23) L'extrait de L&lt;em&gt;'Esquisse du tableau historique des progrès de l'esprit humain&lt;/em&gt; qui est systématiquement cité, et que Stedman Jones emploie également, en donne la teneur&amp;nbsp;: on peut «&amp;nbsp;garantir à une personne âgée des moyens sûrs d'existence grâce à ses propres épargnes &lt;a href=&quot;...&quot;&gt;...&lt;/a&gt; augmentées de celles des individus qui, faisant le même sacrifice, meurent avant le moment d'avoir besoin d'en recueillir les fruits&amp;nbsp;». En 1905, Ferdinand Dreyfus soulignait déjà les limites d'un système qui «&amp;nbsp;comptait surtout sur la prévoyance pour restreindre le champ de l'assistance de l'Etat.&amp;nbsp;» Ferdinand Dreyfus, &lt;em&gt;L&amp;#8217;assistance sous la Législative et la Convention&lt;/em&gt;, Paris, 1905, p. 57.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(24) Florence Gauthier, «&amp;nbsp;De Mably à Robespierre. De la critique de l'économique à la critique du politique&amp;nbsp;», &lt;em&gt;La guerre du blé au XVIIIe siècle. La critique populaire contre le libéralisme économique au XVIIIe siècle&lt;/em&gt;, Florence Gauthier et Guy Ikni (dir), Montreuil, Editions de la Passion, 1988, p.111-144.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Yannick Bosc, &quot;Révolution française&amp;nbsp;: refonder les problématiques du républicanisme&quot;, &lt;em&gt;Révolution Française.net&lt;/em&gt;, Avril 2012, http://revolution-francaise.net/2012/04/24/485-revolution-francaise-refonder-les-problematiques-du-republicanisme&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>2012: un cahier de doléances, suite et fin</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/04/16/484-2012-un-cahier-de-doleances-suite-et-fin" />
  <issued>2012-04-16T17:50:49+02:00</issued>
  <modified>2012-04-16T17:50:49+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/04/16/484-2012-un-cahier-de-doleances-suite-et-fin</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>Actuel</dc:subject>
  <summary>Avant les présidentielles, voici les dernières doléances en vidéo sur Médiapart : Jardins fanés ; Le saccage de la formation des maîtres ; «La politique en mouvement» ; Fayçal, le poids des origines et du quartier.


Voir l'ensemble des doléances en 36 vidéos...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Avant les présidentielles, voici les dernières doléances en vidéo sur &lt;em&gt;Médiapart&lt;/em&gt;&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/content/doleance-32-jardins-fanes&quot;&gt;Jardins fanés&lt;/a&gt;&amp;nbsp;; &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/content/doleance-33-formations-maitres&quot;&gt;Le saccage de la formation des maîtres&lt;/a&gt;&amp;nbsp;; &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/content/doleance-34-la-politique-en-mouvement&quot;&gt;«La politique en mouvement»&lt;/a&gt;&amp;nbsp;; &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/content/doleance-30-faycal-le-poids-des-origines-et-du-quartier&quot;&gt;Fayçal, le poids des origines et du quartier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/content/2012-un-cahier-de-doleances-semaine-2&quot;&gt;Voir l'ensemble&lt;/a&gt; des doléances en 36 vidéos&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>La droite depuis 1789</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/04/02/482-la-droite-depuis-1789" />
  <issued>2012-04-02T13:09:45+02:00</issued>
  <modified>2012-04-02T13:09:45+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/04/02/482-la-droite-depuis-1789</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>En ligne</dc:subject>
  <summary>Sur Rue89, entretien avec l’anthropologue Emmanuel Terray, qui vient de publier Penser à droite aux éditions Galilée :


"En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Sur &lt;em&gt;Rue89&lt;/em&gt;, entretien avec l&amp;#8217;anthropologue Emmanuel Terray, qui vient de publier &lt;em&gt;Penser à droite&lt;/em&gt; aux éditions Galilée&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les «&amp;nbsp;courants&amp;nbsp;» et les traditions dans lesquels ils s&amp;#8217;inscrivent.
Il nous aide à comprendre pourquoi l&amp;#8217;immigration et l&amp;#8217;islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n&amp;#8217;aide pas les pauvres.
Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde «&amp;nbsp;de droite&amp;nbsp;» est aujourd&amp;#8217;hui hégémonique &amp;#8211; et que «&amp;nbsp;François Hollande est un bon reflet&amp;nbsp;» de cette domination.&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/03/31/emmanuel-terray-etre-de-droite-cest-avoir-peur-230692&quot;&gt;Lire l'entretien&lt;/a&gt; sur &lt;em&gt;Rue89&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Le patronat, la Terreur et Mélenchon</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/04/01/481-le-patronat-la-terreur-et-melenchon" />
  <issued>2012-04-01T23:51:27+02:00</issued>
  <modified>2012-04-01T23:51:27+02:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/04/01/481-le-patronat-la-terreur-et-melenchon</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>Actuel</dc:subject>
  <summary>Dépêche AFP, 1er avril 2012- La présidente du Medef, Laurence Parisot, a fustigé le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, estimant que le candidat du Front de gauche était plus "l'héritier d'une forme de Terreur" que celui "des plus belles valeurs de la Révolution".


"Le programme de Jean-Luc Mélenchon installerait une modalité de contrôle de l'économie comme on n'en a jamais vue", s'est inquiétée Mme Parisot au Grand-Rendez-vous Europe 1/I&gt;Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Dépêche AFP, 1er avril 2012- La présidente du Medef, Laurence Parisot, a fustigé le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, estimant que le candidat du Front de gauche était plus &quot;l'héritier d'une forme de Terreur&quot; que celui &quot;des plus belles valeurs de la Révolution&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Le programme de Jean-Luc Mélenchon installerait une modalité de contrôle de l'économie comme on n'en a jamais vue&quot;, s'est inquiétée Mme Parisot au Grand-Rendez-vous Europe 1/I&amp;gt;Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Jean-Luc Mélenchon aime laisser entendre qu'il est un vrai révolutionnaire. On aime bien la révolution, il y a des choses sympathiques dans celles de mai 1968 ou de 1789, mais il y a aussi des phases qui sont terribles et je trouve que Mélenchon est beaucoup plus l'héritier d'une forme de Terreur que l'héritier des plus belles valeurs de la Révolution&quot;, s'est-elle exclamé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mme Parisot a stigmatisé les &quot;ressorts&quot; utilisés selon elle par le candidat: &quot;à longueur de discours, M. Mélenchon adore opposer les uns aux autres&quot;, lui a-t-elle reproché. &quot;La démagogie flatte des choses détestables et les choses deviennent ensuite non contrôlables&quot;, a-t-elle mis en garde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;Au rassemblement qu'il a organisé à la Bastille, il y avait des gens qui avaient des piques et des visages dessus&quot;, a poursuivi la patronne du Medef, évoquant le récent meeting du candidat du Front de gauche à la Bastille. &quot;Est ce que ça veut dire qu'on aura des ministres communistes si François Hollande était élu ?&quot;, s'est interrogée la patronne du Medef, estimant que ce serait &quot;incroyablement ringard&quot; de retomber dans la &quot;nostalgie du début des années 80&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&quot;La crise nous a montré qu'il fallait faire évoluer le capitalisme. Avec le Medef, on s'investit à l'échelle internationale pour qu'il y ait une vraie régulation, qui n'existe pas aujourd'hui, ça c'est une approche moderne&quot;, a défendu Mme Parisot.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>La Révolution française et le monde - Séminaire Master Paris Ouest Nanterre 2012</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/03/17/478-la-revolution-francaise-et-le-monde-seminaire-paris-ouest-nanterre-2012" />
  <issued>2012-03-17T17:08:44+01:00</issued>
  <modified>2012-03-17T17:08:44+01:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/03/17/478-la-revolution-francaise-et-le-monde-seminaire-paris-ouest-nanterre-2012</id>
  <author><name>Marc Belissa</name></author>
  <dc:subject>Annonces</dc:subject>
  <summary>Jeudi 13h30-15h30, salle D 301 (bâtiment D, troisième étage)
Enseignant : Marc Belissa.


La Révolution française vue d'ailleurs


Après avoir abordé il y a deux ans la problématique des visions de l’Europe et du monde par les Lumières et les révolutionnaires français, nous renversons la perspective en nous intéressant aux visions de la Révolution française par les étrangers.


En effet, dès 1789, la Révolution dite française est vue comme une révolution européenne, voire mondiale dans la mesure où elle a des implications immédiates en Amérique et dans les Antilles. Les contemporains ont bien évidemment des représentations très différentes des mouvements révolutionnaires en cours en France selon leurs alignements politiques, religieux, sociaux ou "nationaux". Ces visions plurielles de la Révolution française se retrouvent dans l’historiographie étrangère de la Révolution. Hier comme aujourd’hui, on ne voit pas cette période de la même manière en Italie, en Angleterre ou aux Antilles. Cette perspective a l’avantage de nous sortir quelque peu d’une vision étroitement "française" de cet événement majeur de l’histoire de France, mais aussi du monde.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Jeudi 13h30-15h30, salle D 301 (bâtiment D, troisième étage)
Enseignant&amp;nbsp;: Marc Belissa.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Révolution française vue d'ailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après avoir abordé il y a deux ans la problématique des visions de l&amp;#8217;Europe et du monde par les Lumières et les révolutionnaires français, nous renversons la perspective en nous intéressant aux visions de la Révolution française par les étrangers.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En effet, dès 1789, la Révolution dite française est vue comme une révolution européenne, voire mondiale dans la mesure où elle a des implications immédiates en Amérique et dans les Antilles. Les contemporains ont bien évidemment des représentations très différentes des mouvements révolutionnaires en cours en France selon leurs alignements politiques, religieux, sociaux ou &quot;nationaux&quot;. Ces visions plurielles de la Révolution française se retrouvent dans l&amp;#8217;historiographie étrangère de la Révolution. Hier comme aujourd&amp;#8217;hui, on ne voit pas cette période de la même manière en Italie, en Angleterre ou aux Antilles. Cette perspective a l&amp;#8217;avantage de nous sortir quelque peu d&amp;#8217;une vision étroitement &quot;française&quot; de cet événement majeur de l&amp;#8217;histoire de France, mais aussi du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette problématique complétera celle qui a fait l&amp;#8217;objet du séminaire l&amp;#8217;année dernière et qui était largement consacrée à l&amp;#8217;historiographie actuelle de la Révolution en France. Les intervenants qui nous font le plaisir et l&amp;#8217;honneur de participer à notre séminaire présenteront leurs travaux sur les représentations (y compris historiographiques) de la Révolution française vues d&amp;#8217;Angleterre, de Suisse, d&amp;#8217;Amérique Latine, d&amp;#8217;Italie ou des États-Unis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 février&lt;/strong&gt;:  Introduction, historiographie de la Révolution française (1) Marc Belissa&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 février&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: Introduction, historiographie de la Révolution française (2) Marc Belissa&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8 mars&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &quot;Radicaux et loyalistes face à la Révolution en Grande-Bretagne&amp;nbsp;: un aperçu historiographique&quot;, Pascal Dupuy, université de Rouen&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 mars&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &quot;Regard helvétique sur la Grande Nation&amp;nbsp;: du souffle de la liberté au fer de l'oppression ?&quot; Antoine Broussy, doctorant Paris I&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;22 mars&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: L'influence de l'historiographie de la Révolution haïtienne sur celle de la Révolution française, Manuel Covo, doctorant EHESS&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 mars&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: La Révolution française vue des États-Unis (1), Allan Potofsky, université Paris VII&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 avril&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: La Révolution française vue des États-Unis (2), Marc Belissa&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 avril&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: La Révolution française vue d'Italie (1), &quot;Des dépêches des diplomates italiens en France aux lois anti-françaises en Italie&amp;nbsp;: la fabrique de la propagande contre-révolutionnaire &quot;, Virginie Martin, docteur, ATER Paris Ouest Nanterre&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 mai&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: La Révolution française vue d'Italie (2), &quot;Introduire la Révolution en contrebande: la perception de la Révolution française avant la Révolution napolitaine&quot;, Luca di Mauro, doctorant Paris I&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 mai&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: &quot;La circulation atlantique des expériences républicaines&amp;nbsp;: la naissance des républiques hispaniques et la référence au Directoire et au Consulat&quot;, Clement Thibaud, université de Nantes&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>« Robespierre, bourreau de la Vendée ? » : une splendide leçon d’anti-méthode historique</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/03/15/476-robespierre-bourreau-de-la-vendee-une-splendide-lecon-danti-methode-historique" />
  <issued>2012-03-15T23:41:13+01:00</issued>
  <modified>2012-03-15T23:41:13+01:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/03/15/476-robespierre-bourreau-de-la-vendee-une-splendide-lecon-danti-methode-historique</id>
  <author><name>Yannick Bosc</name></author>
  <dc:subject>Réplique</dc:subject>
  <summary>Par Marc Belissa, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense et Yannick Bosc, Université de Rouen


Alors que sévit une crise engendrée par la cupidité et le délitement des valeurs républicaines, la mobilisation de milliers de personnes pour l’achat des manuscrits de Robespierre au printemps 2011 a surpris. Elle a surpris à gauche ceux qui ont laissé l’héritage républicain en déshérence et à droite le ban et l’arrière-ban des dénonciateurs du « totalitarisme » robespierriste. Des décennies de « communication » n’ayant donc pas suffi il fallait dans l’urgence faire face au retour de « l’incorruptible ». En septembre dernier, la revue Historia a donc consacré un dossier à « Robespierre le psychopathe légaliste ». Le service public conscient de sa mission ne pouvant être en reste, France 3 a diffusé le mercredi 7 mars 2012 un documentaire « réalisé par Richard Vargas et raconté par Franck Ferrand » intitulé « Robespierre : bourreau de la Vendée ? ».</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Par Marc Belissa, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense et Yannick Bosc, Université de Rouen&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors que sévit une crise engendrée par la cupidité et le délitement des valeurs républicaines, la mobilisation de milliers de personnes pour l&amp;#8217;achat des manuscrits de Robespierre au printemps 2011 a surpris. Elle a surpris à gauche ceux qui ont laissé l&amp;#8217;héritage républicain en déshérence et à droite le ban et l&amp;#8217;arrière-ban des dénonciateurs du «&amp;nbsp;totalitarisme&amp;nbsp;» robespierriste. Des décennies de «&amp;nbsp;communication&amp;nbsp;» n&amp;#8217;ayant donc pas suffi il fallait dans l&amp;#8217;urgence faire face au retour de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;incorruptible&amp;nbsp;». En septembre dernier, &lt;a href=&quot;/2012/01/31/469-sur-robespierre-lettre-ouverte-a-la-redaction-d-historia&quot;&gt;la revue Historia a donc consacré un dossier&lt;/a&gt; à «&amp;nbsp;Robespierre le psychopathe légaliste&amp;nbsp;». Le service public conscient de sa mission ne pouvant être en reste, France 3 a diffusé le mercredi 7 mars 2012 un documentaire «&amp;nbsp;réalisé par Richard Vargas et raconté par Franck Ferrand&amp;nbsp;» intitulé «&amp;nbsp;Robespierre&amp;nbsp;: bourreau de la Vendée&amp;nbsp;?&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour l&amp;#8217;occasion, &lt;a href=&quot;http://programmes.france3.fr/ombre-d-un-doute/index.php?page=article&amp;amp;numsite=7490&amp;amp;id_rubrique=8063&amp;amp;id_article=31403&quot;&gt;le site internet de la chaîne&lt;/a&gt; a proposé une bibliographie généreusement composée de trois ouvrages. Elle donne le ton.
Ainsi parmi des dizaines de biographies disponibles le choix s&amp;#8217;est porté sur le &lt;em&gt;Robespierre&lt;/em&gt; de Jean Artarit, un psychiatre qui s&amp;#8217;égare sur le terrain de l&amp;#8217;histoire de la Révolution française. Comme l&amp;#8217;a souligné &lt;em&gt;Historia&lt;/em&gt;, Robespierre c&amp;#8217;est d&amp;#8217;abord une pathologie. Le visiteur du site est ensuite encouragé à lire Anne Bernet. Sur &lt;em&gt;Wikipédia&lt;/em&gt; elle est présentée comme une «&amp;nbsp;femme de lettres&amp;nbsp;» qui collabore à des revues «&amp;nbsp;proches des milieux royalistes&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;réhabilite l&amp;#8217;insurrection royaliste de Vendée&amp;nbsp;» et dont les livres «&amp;nbsp;sont empreints d&amp;#8217;un catholicisme traditionnel, voire royaliste pour certains&amp;nbsp;». Elle a contribué au dossier d&amp;#8217;&lt;em&gt;Historia&lt;/em&gt; par un article intitulé «&amp;nbsp;Comment il (Robespierre) a déshonoré la République&amp;nbsp;». Elle y affirme, sans preuve, que Robespierre est l' «&amp;nbsp;inspirateur&amp;nbsp;» des massacres en Vendée («&amp;nbsp;on parlerait aujourd&amp;#8217;hui d&amp;#8217;épuration ethnique&amp;nbsp;» précise-t-elle). Enfin, pour étancher sa soif de connaissance, le passionné est engagé à se plonger dans une source, &lt;em&gt;La Guerre de La Vendée et le système de dépopulation&lt;/em&gt; (1) de Gracchus Baboeuf (sic), publiée aux éditions du Cerf (éditeur du &lt;em&gt;Livre noir de la Révolution française&lt;/em&gt;), préfacée par Stéphane Courtois (qui a dirigé &lt;em&gt;Le livre noir du communisme&lt;/em&gt; et participé au précédent), introduite par Jean-Joël Brégeon (pourfendeur de la vision «&amp;nbsp;marxiste-léniniste&amp;nbsp;» de la Révolution française)(2) et Reynald Sécher (le promoteur depuis un quart de siècle de la reconnaissance du «&amp;nbsp;génocide vendéen&amp;nbsp;» comme «&amp;nbsp;crime contre l&amp;#8217;humanité&amp;nbsp;»).
Rappelons que ce texte de Babeuf, utilisé ici comme une pièce à conviction, reprend la propagande thermidorienne avec laquelle le &lt;em&gt;Tribun du peuple&lt;/em&gt; va très vite rompre, ce qui lui vaut d&amp;#8217;aller en prison. Quelques mois plus tard, il écrit à son ami Bodson&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;je confesse de bonne foi que je m&amp;#8217;en veux d&amp;#8217;avoir autrefois vu en noir et le Gouvernement révolutionnaire, et Robespierre, et Saint-Just&amp;nbsp;». Et il conclut&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;en relevant le robespierrisme, vous êtes sûrs de relever la démocratie&amp;nbsp;» (Lettre à Bodson du 10 ventôse an IV) (3). Évidemment, cela ne sert guère la thèse du dessein génocidaire que Courtois, Brégeon et Sécher voudraient attribuer à Robespierre.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le site de France 3 énumère ensuite les ouvrages qui sont présentés «&amp;nbsp;en plateau&amp;nbsp;» après le documentaire&amp;nbsp;: &lt;em&gt;La Vendée &amp;#8211; Vengé&amp;nbsp;: le génocide franco-français&lt;/em&gt;, de Reynald Secher (réédité chez Perrin) et &lt;em&gt;Vendée&amp;nbsp;: du génocide au mémoricide&amp;nbsp;: Mécanique d&amp;#8217;un crime légal contre l&amp;#8217;humanité&lt;/em&gt;, toujours de Reynald Secher (aux éditions du Cerf, spécialistes sur ce créneau). Pour faire bonne mesure les journalistes évoquent aussi, &lt;em&gt;Quatre-vingt-treize&lt;/em&gt; de Victor Hugo et deux livres de Jean-Clément Martin (&lt;em&gt;Blancs et Bleus dans la Vendée déchirée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Vendée et la Révolution. Accepter la mémoire pour écrire l&amp;#8217;histoire&lt;/em&gt;). Il était difficile d&amp;#8217;ignorer l&amp;#8217;ancien directeur de l&amp;#8217;Institut d&amp;#8217;Histoire de la Révolution française qui est le spécialiste de la mémoire vendéenne.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jean-Clément Martin est également présent dans le documentaire avec Jean Artarit, Stéphane Courtois et Reynald Secher. A leur côté, trois autres intervenants sont désignés comme «&amp;nbsp;historiens&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: Noël Stassinet (président du «&amp;nbsp;Souvenir Chouan de Bretagne&amp;nbsp;») dont il est beaucoup question sur les sites royalistes mais dont on ne trouve aucune trace de recherche historique à son actif&amp;nbsp;; Michel Chamard (l&amp;#8217;auteur du &lt;em&gt;Puy du Fou&amp;nbsp;; un rêve d&amp;#8217;enfant&lt;/em&gt;, ancien du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt; et directeur du Centre Vendéen de Recherches Historiques) que le président du conseil général de Vendée décrit, de manière sibylline, comme l&amp;#8217;incarnation de la «&amp;nbsp;tradition française&amp;nbsp;», passionné par son attachement à la Civilisation (grand C) qui «&amp;nbsp;a défendu les valeurs de liberté intellectuelle en 1968 à Nanterre&amp;nbsp;» (4)&amp;nbsp;; Antoine Boulant, lieutenant-colonel et historien de la gendarmerie dont la thèse a porté sur &lt;em&gt;Les agents secrets du ministre des Affaires étrangères envoyés dans les départements (1792-1794)&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le site &lt;em&gt;Chouans et Vendéens&lt;/em&gt; considère évidemment que «&amp;nbsp;ce programme affiche toutes les qualités de sérieux et d&amp;#8217;objectivité pour faire découvrir au grand public cette part occultée de la Révolution française.&amp;nbsp;» Avec un bémol cependant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;on regrettera l&amp;#8217;absence du «&amp;nbsp;Souvenir Vendéen&amp;nbsp;» qui a malheureusement décliné l&amp;#8217;invitation à cette émission à ne manquer sous aucun prétexte.&amp;nbsp;» (5) En revanche, le téléspectateur notera la présence de Dominique Lambert de La Douasnerie, «&amp;nbsp;fondateur et président à vie&amp;nbsp;» (la fonction est-elle héréditaire ?) de l' «&amp;nbsp;association Vendée militaire&amp;nbsp;», dont la présidente d&amp;#8217;honneur est la comtesse Christian de Quatrebarbes et le premier vice-président le baron de La Tousche d&amp;#8217;Avrigny. (6)
La télévision de service public &amp;#8211; qu&amp;#8217;elle en soit remerciée &amp;#8211; a ainsi tout mis en &amp;#339;uvre pour offrir une leçon d&amp;#8217;anti-méthode historique à montrer à tous les étudiants de licence. Ils ont là matière à réfléchir sur ce qu&amp;#8217;il ne faut pas faire, sur ce qui distingue l&amp;#8217;histoire fondée sur les méthodes scientifiques et l&amp;#8217;histoire qui se contente de mettre en scène un discours politique recuit mais probablement «&amp;nbsp;vendeur&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au vu du titre, «&amp;nbsp;Robespierre, bourreau de la Vendée&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» (on notera le point d&amp;#8217;interrogation qui vise à présenter la question comme «&amp;nbsp;ouverte&amp;nbsp;»), on aurait pu penser que ce documentaire allait étudier la responsabilité personnelle de Robespierre dans la guerre de Vendée et dans les massacres commis lors de cette guerre civile (qui dura dans sa première phase de mars à décembre 1793, puis de janvier 1794 au traité de la Jaunaye signé le 17 février 1795 dans sa deuxième phase, même si Robespierre est mort depuis le 28 juillet 1794&amp;#8230;). En fait, nous avons eu droit à une longue et fastidieuse mise en scène des thèses de Reynald Secher sur le «&amp;nbsp;génocide franco-français&amp;nbsp;» et sur le «&amp;nbsp;mémoricide&amp;nbsp;» qui est le thème de l&amp;#8217;ouvrage qu&amp;#8217;il vient de sortir fort opportunément.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Restons dans un premier temps sur le «&amp;nbsp;cas Robespierre&amp;nbsp;» et notons sans surprise, puisque la «&amp;nbsp;bibliographie&amp;nbsp;» nous l&amp;#8217;indique, que le propos est absolument identique à celui d&amp;#8217;Anne Bernet dans le numéro spécial d&amp;#8217;&lt;em&gt;Historia&lt;/em&gt;. On peut le résumer sans beaucoup le schématiser de la façon suivante&amp;nbsp;: le comité de Salut Public qui est alors «&amp;nbsp;aux mains de Robespierre&amp;nbsp;» a pris une série de décisions visant à réprimer la révolte vendéenne, notamment «&amp;nbsp;l&amp;#8217;extermination des brigands&amp;nbsp;», les soldats de la République ont pratiqué «&amp;nbsp;l&amp;#8217;extermination organisée&amp;nbsp;» de la population (laquelle ?) sur l&amp;#8217;ordre de leurs généraux, qui eux-mêmes ont obéi aux ordres du Comité de Salut Public. Donc, Robespierre = Comité de Salut Public = massacres en Vendée = extermination, donc Robespierre = extermination de la Vendée. CQFD. Stéphane Courtois &amp;#8212; le spécialiste des livres noirs &amp;#8212; avoue quand même à la fin d&amp;#8217;une phrase&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Bien sûr, on ne peut pas dire que Robespierre soit le dictateur absolu, mais quand même c&amp;#8217;est bien le Comité de Salut Public dans l&amp;#8217;affaire de Vendée qui a envoyé les ordres.&amp;nbsp;» Et comme Robespierre et le Comité de Salut Public, c&amp;#8217;est tout un&amp;#8230;&lt;br /&gt;
Le problème est que cette construction digne des plus beaux amalgames et des plus belles manipulations historiques est radicalement fausse et ne s&amp;#8217;appuie sur aucun document. D&amp;#8217;ailleurs, les «&amp;nbsp;historiens&amp;nbsp;» apparaissant dans l&amp;#8217;émission (nous exceptons bien entendu Jean-Clément Martin des guillemets) n&amp;#8217;en produisent aucun émanant de Robespierre&amp;#8230; S&amp;#8217;il en avait eu, ils n&amp;#8217;auraient pas manqué de les produire bruyamment. À vrai dire on l&amp;#8217;aurait su depuis deux siècles tant les ennemis de Robespierre sont nombreux parmi les écrivains du XIXe siècle sur la Révolution française. Loin de nous l&amp;#8217;idée d&amp;#8217;affirmer que Robespierre n&amp;#8217;a pas soutenu les armées républicaines et la répression de la révolte vendéenne, il partageait peut-être le point de vue de ses collègues du Comité de Salut Public, mais la seule chose dont nous soyons certain, c&amp;#8217;est qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a pas écrit grand-chose sur la question, qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a prononcé aucun des grands discours sur la Vendée au nom du Comité de Salut Public, bref, qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a, sur cette question, jamais affirmé une position personnelle (même si, dans plusieurs de ses interventions, il se plaint de la manière dont la guerre a été menée et surtout de la façon dont les factions se sont emparées de la révolte vendéenne pour défendre leurs intérêts politiques particuliers).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par ailleurs, l&amp;#8217;équation Robespierre = tyran = chef du comité de Salut public = dictateur de la Convention, si elle ne manque pas d&amp;#8217;antiquité (elle est rabâchée par tous les anti-robespierristes et les contre-révolutionnaires depuis thermidor an II), manque en revanche de poids scientifique. Aucun spécialiste actuel de la Révolution française enseignant dans les universités françaises n&amp;#8217;affirmerait qu&amp;#8217;en l&amp;#8217;an II, Robespierre possédait un pouvoir absolu sur la Convention (même Patrice Gueniffey, pourtant peu «&amp;nbsp;suspect&amp;nbsp;» de robespierrisme, n&amp;#8217;écrit pas cela !).&lt;br /&gt;
Robespierre n&amp;#8217;est ni un «&amp;nbsp;tyran&amp;nbsp;», ni un «&amp;nbsp;dictateur&amp;nbsp;», ni le «&amp;nbsp;chef&amp;nbsp;» du comité de salut Public. Robespierre est un député qui jouit d&amp;#8217;une immense popularité chez les sans-culottes et au-delà dans la population et dont la parole politique possède un poids considérable. Il est membre du comité de salut public du 27 juillet 1793 jusqu&amp;#8217;à sa mise hors la loi un an plus tard, il a un réseau de proches et d&amp;#8217;amis (plutôt qu&amp;#8217;un «&amp;nbsp;parti&amp;nbsp;») qui défendent des positions analogues. La seule «&amp;nbsp;dictature&amp;nbsp;» en l&amp;#8217;an II, si l&amp;#8217;on tient à garder cette expression, est celle de la Convention qui a concentré les pouvoirs en son sein. Il s&amp;#8217;agit d&amp;#8217;une «&amp;nbsp;dictature&amp;nbsp;» collective de représentants élus, ce qui est &amp;#8212; on en conviendra &amp;#8212; une dictature d&amp;#8217;un genre un peu particulier&amp;#8230; Alors si Robespierre n&amp;#8217;est ni le «&amp;nbsp;chef&amp;nbsp;» du Comité de salut public ni le «&amp;nbsp;dictateur&amp;nbsp;» de la Convention, quelle est sa responsabilité personnelle dans la guerre de Vendée et la répression&amp;nbsp;? Rien de plus que celle des autres membres du comité qui exercent collectivement les pouvoirs qui leur ont été délégués par la Convention, elle-même responsable en dernier ressort puisqu&amp;#8217;elle conserve le droit (dont elle use d&amp;#8217;ailleurs) de renouveler ou non le comité. Pourquoi, les «&amp;nbsp;historiens&amp;nbsp;» du documentaire insistent alors sur Robespierre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il s&amp;#8217;agit de toute évidence d&amp;#8217;un procédé rhétorique visant notamment à accrocher l&amp;#8217;attention des non-spécialistes. Comme pour le plus grand nombre, les noms de Barère ou de Carnot (deux députés fort peu amis de Robespierre), ou encore ceux du général Westermann n&amp;#8217;évoquent pas grand-chose, il faut donc mettre en avant celui de Robespierre comme «&amp;nbsp;incarnation&amp;nbsp;» du mal révolutionnaire. Un procédé qui a deux siècles. La légende thermidorienne et postérieure n&amp;#8217;a cessé d&amp;#8217;accumuler sur sa tête toutes les accusations possibles et imaginables pour, en réalité, mettre en cause le processus révolutionnaire lui-même. L&amp;#8217;identité &amp;#8212; fausse &amp;#8212; entre Robespierre et Révolution française est pratique. Il suffit d&amp;#8217;écrire «&amp;nbsp;Robespierre&amp;nbsp;» et immédiatement l&amp;#8217;image construite par la légende noire thermidorienne joue son rôle&amp;nbsp;: on pense guillotines, sang qui coule, perruques poudrées, et lunettes vertes&amp;#8230; Le documentaire n&amp;#8217;y manque pas avec cette phrase bien digne d&amp;#8217;être notée&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La guillotine s&amp;#8217;emballe. Robespierre sème l&amp;#8217;effroi.&amp;nbsp;» On s&amp;#8217;y croirait&amp;#8230; L&amp;#8217;identification de la Révolution à Robespierre permet de faire l&amp;#8217;impasse sur sa place réelle dans le processus révolutionnaire, elle le «&amp;nbsp;dépolitise&amp;nbsp;» et rend incompréhensible son action pratique entre 1789 et 1794. Elle permet aussi de personnaliser la haine de la Révolution française. Ce qui est bien pratique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans sa forme, et sans finesse, le documentaire met en scène un parti pris. On remarquera par exemple que toutes les illustrations picturales représentant les Vendéens datent du XIXe siècle et sont empruntées à la légende rose vendéenne, construite à partir de 1815. Non&amp;nbsp;! La Rochejacquelein ne ressemblait pas au portrait donné de lui par Guérin en 1817&amp;nbsp;! On ne sait pas trop à quoi il ressemblait d&amp;#8217;ailleurs&amp;#8230; Un seul exemple pris dans le documentaire&amp;nbsp;: peut-on utiliser sans commentaires spécifiques une image comme celle de la messe clandestine du prêtre réfractaire, de toute évidence extrêmement postérieure à la période de la Révolution&amp;nbsp;? Les Vendéens apparaissent dans toute cette iconographie comme de véritables «&amp;nbsp;anges&amp;nbsp;» romantiques. On peut douter de la réalité de ce type de représentations, typique de la manière dont on héroïse la Vendée pendant le XIXe siècle. À l&amp;#8217;inverse, les soldats bleus sont souvent montrés, soit en masse à travers des reconstitutions cinématographiques (le film «&amp;nbsp;Les Vendéens&amp;nbsp;» de 1993), soit à travers des images animées où ils fusillent, embrochent et grimacent. Le Comité de Salut Public est également représenté avec le même système graphique. Un Robespierre (?) au poing agressif levé et au visage tordu semble figé dans une attitude de dément. Les bons prêtres vendéens sont représentés subissant les coups de sans-culottes avinés, selon les procédés de l&amp;#8217;imagerie contre-révolutionnaire du XIXe siècle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La musique est, elle aussi, tout à fait remarquable. Quand le documentaire montre la messe clandestine des Vendéens retentit un air faussement sacré et grandiose. En ouverture, les images de crânes et d&amp;#8217;ossements sont au contraire accompagnées par une musique sinistre qui vise à mettre le téléspectateur dans une atmosphère de film d&amp;#8217;horreur. Toute la partition est à l&amp;#8217;avenant. La lourdeur de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;illustration&amp;nbsp;» musicale qui souligne d&amp;#8217;un trait fort épais le propos historique n&amp;#8217;est évidemment pas à mettre au débit du compositeur, c&amp;#8217;est bien la finalité idéologique du montage qui est ici en cause. Imaginez le sens du même documentaire en inversant les illustrations musicales&amp;nbsp;: la musique sinistre pour les Vendéens et la musique sacrée pour les Républicains&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une des formes particulières de la mise en scène de l&amp;#8217;histoire dans cette émission vient de l&amp;#8217;utilisation d&amp;#8217;images donnant &lt;em&gt;l&amp;#8217;impression&lt;/em&gt; que l&amp;#8217;on vient de découvrir quelque chose de nouveau ou de remarquable dans les Archives. Ainsi, le commentaire explique que les concepteurs de l&amp;#8217;émission ont «&amp;nbsp;retrouvé le décret du 1er août 1793 dans les Archives Nationales&amp;nbsp;», on procède de même avec les lettres de Turreau au Comité de Salut Public qui se trouvent aux Archives de Vincennes etc. Il s&amp;#8217;agit évidemment de donner une épaisseur «&amp;nbsp;scientifique&amp;nbsp;» aux affirmations grossières du discours de Sécher et consorts et de montrer que ces documents étaient «&amp;nbsp;cachés&amp;nbsp;» (sans doute parce qu&amp;#8217;ils disaient la «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» sur les massacres de Vendée). En réalité, ces documents sont bien connus, non seulement des spécialistes, mais aussi de tout étudiant en histoire ayant eu un cours sur les guerres de Vendée dans les universités françaises. Ils ont été publiés et republiés. On les trouve dans toutes les bibliothèques et sur de nombreux sites internet.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Les erreurs, les approximations, les manipulations sont, certes, de toutes les chapelles, mais la chapelle «&amp;nbsp;vendéenne&amp;nbsp;» a une certaine expérience historique en la matière. Inutile de revenir ici sur les enjeux politiques de la construction de la mémoire vendéenne aux XIXe et XXe siècle, Jean-Clément Martin notamment a publié plusieurs ouvrages sur la question, on les lira avec profit. Néanmoins, comme ce documentaire reprend un certain nombre de contre-vérités et d&amp;#8217;approximations assez impressionnant, il faut tout de même en relever les plus importantes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L&amp;#8217;un des grands classiques de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;historiographie&amp;nbsp;» vendéenne et contre-révolutionnaire est le flou et l&amp;#8217;exagération du nombre des victimes. Dès le début du documentaire, la voix off affirme «&amp;nbsp;ce carnage (celui du Mans) préfigure une série de massacres dont seront victimes plus de 170 000 Vendéens&amp;nbsp;». Si l&amp;#8217;on comprend bien le français, APRÉS la bataille du Mans (décembre 1793), 170 000 Vendéens seront massacrés&amp;#8230; mais on estime généralement &amp;#8212; et c&amp;#8217;est ce que rappelle Jean-Clément Martin à la fin du film &amp;#8212; que le nombre TOTAL de victimes et de disparus des guerres de Vendée se monte à peu près à 170 000. Par conséquent, l&amp;#8217;ensemble des victimes (y compris les morts de maladies, de faim, les disparus dont une partie est sans doute toujours vivante, mais ailleurs) serait équivalent aux Vendéens massacrés par les armées républicaines après décembre 1793. Il y a comme un problème&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;De même, le «&amp;nbsp;Massacre des Lucs&amp;nbsp;» est un grand classique de la construction de la légende vendéenne. Le documentaire présente comme un fait avéré la «&amp;nbsp;tradition locale&amp;nbsp;». On insiste sur les enfants de moins de onze ans figurant sur la liste des victimes «&amp;nbsp;du&amp;nbsp;» massacre des Lucs, mais il a été montré par plusieurs historiens, dont Jean-Clément Martin, qu&amp;#8217;il y avait eu non UN massacre des Lucs, mais PLUSIEURS tueries sur plusieurs années. C&amp;#8217;est la «&amp;nbsp;tradition&amp;nbsp;» qui a inventé l&amp;#8217;amalgame de ces différents massacres en un seul lieu. Martin écrit ainsi que «&amp;nbsp;la liste dressée en 1794 comptabilise manifestement l&amp;#8217;ensemble des habitants tués depuis 1789, alors que toute une tradition veut la voir comme le résultat d&amp;#8217;un massacre unique commis en deux jours de février 1794. Les conclusions sont évidemment fort divergentes selon la lecture adoptée.&amp;nbsp;» Cette interprétation &amp;#8212; partagée par la plupart des universitaires spécialistes de la Révolution française &amp;#8212; n&amp;#8217;est même pas mentionnée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un deuxième grand classique de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;historiographie&amp;nbsp;» vendéenne et contre-révolutionnaire (et l&amp;#8217;un des artifices rhétoriques préférés de la droite «&amp;nbsp;décomplexée&amp;nbsp;» depuis quelque temps) est de se présenter comme la victime d&amp;#8217;un complot universitaire de la part de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;histoire officielle&amp;nbsp;» dont on sous-entend qu&amp;#8217;elle ne veut pas poser la question de la Vendée parce qu&amp;#8217;elle la gêne. Ainsi, on insiste sur Reynald Secher, le «&amp;nbsp;jeune historien&amp;nbsp;» qui a eu, au milieu des années quatre-vingt, le «&amp;nbsp;courage&amp;nbsp;» de s&amp;#8217;opposer à l&amp;#8217;histoire officielle au moment de la préparation du Bicentenaire de la Révolution française. Le commentateur note naïvement que le livre de Secher tombait bien mal&amp;#8230; On peut au contraire considérer &amp;#8212; avec tous les spécialistes qui ont travaillé sur la période du Bicentenaire &amp;#8212; que cela tombait fort bien et que la soutenance de thèse de Secher, montée en épingle par Pierre Chaunu, n&amp;#8217;était qu&amp;#8217;un des moments choisis par l&amp;#8217;extrême-droite, catholique, vendéenne et royaliste pour lancer «&amp;nbsp;son&amp;nbsp;» bicentenaire. La «&amp;nbsp;communauté des historiens&amp;nbsp;» s&amp;#8217;est «&amp;nbsp;insurgée&amp;nbsp;» nous dit le commentaire. Elle s&amp;#8217;est surtout insurgée contre l&amp;#8217;utilisation à tort et à travers du concept de génocide et sur l&amp;#8217;approximation de la méthode utilisée par Secher. Nous ne referons pas ici un commentaire critique de ce livre, il a été fait depuis longtemps. Ce n&amp;#8217;est pas un hasard si aucun historien universitaire spécialiste de la Révolution française n&amp;#8217;y accorde crédit (et il faut une sérieuse méconnaissance du milieu universitaire pour imaginer un complot «&amp;nbsp;gauchiste&amp;nbsp;» contre le «&amp;nbsp;courageux&amp;nbsp;» Reynald Secher).&lt;br /&gt;
Stéphane Courtois &amp;#8212; lui-même fort peu considéré parmi les historiens contemporanéistes, qui sont sans doute aussi tous de dangereux extrémistes &amp;#8212; est convoqué pour souscrire à la thèse de «&amp;nbsp;l&amp;#8217;histoire officielle&amp;nbsp;». Il dit ainsi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Certains historiens, et on peut comprendre, refusent qu&amp;#8217;on parle de génocide&amp;nbsp;». Car «&amp;nbsp;comme vous le savez en France, on ne peut pas toucher à la Révolution, c&amp;#8217;est sacré. En même temps&amp;#8230; bon&amp;#8230; il faut quand même que les historiens fassent leur travail&amp;#8230;&amp;nbsp;» Courtois sous-entend-il que ceux qui critiquent le concept de «&amp;nbsp;génocide vendéen&amp;nbsp;» n&amp;#8217;en sont pas&amp;nbsp;? Sans doute&amp;#8230; D&amp;#8217;ailleurs, «&amp;nbsp;l&amp;#8217;histoire de la Vendée va être systématiquement occultée dans l&amp;#8217;historiographie française&amp;nbsp;» pendant deux siècles nous explique le même Courtois. Nous invitons le grand spécialiste des livres noirs à se plonger notamment dans les travaux de Paul Bois, de Jacques Godechot, de Marcel Faucheux, Marcel Lidove, Claude Petitfrère ou Jean-Clement Martin pour rester parmi les historiens français de la seconde moitié du XXe siècle.&lt;br /&gt;
Le journaliste Christophe Bourseiller se fait aussi le défenseur de l&amp;#8217;historien «&amp;nbsp;anticonformiste&amp;nbsp;» Secher. Son livre est «&amp;nbsp;celui par lequel la vérité a été rappelée aux Français car il faut dire que les événements de Vendée sont presque toujours oubliés par notre historiographie&amp;nbsp;». Secher a eu «&amp;nbsp;le courage de sonder la mémoire des vaincus&amp;nbsp;». Les historiens universitaires «&amp;nbsp;officiels&amp;nbsp;» n&amp;#8217;ont pourtant eu que «&amp;nbsp;haine&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;silence&amp;nbsp;» contre son livre&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est vrai que les historiens «&amp;nbsp;officiels&amp;nbsp;» ont la manie de pinailler sur des détails et d&amp;#8217;aimer la précision dans les termes&amp;nbsp;: ils n&amp;#8217;aiment pas que l&amp;#8217;on parle de «&amp;nbsp;conscription&amp;nbsp;» et de «&amp;nbsp;service militaire obligatoire&amp;nbsp;» avant la loi Jourdan Delbrel qui les créent en 1797, ils n&amp;#8217;aiment pas que Carnot soit désigné comme «&amp;nbsp;ministre de la guerre du Comité de Salut Public&amp;nbsp;» alors qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;a jamais été ministre, ils estiment quelque peu confuses des expressions comme «&amp;nbsp;les enragés montagnards menés par Robespierre&amp;nbsp;». Ils trouvent que la phrase «&amp;nbsp;n&amp;#8217;importe qui peut-être arrêté sous n&amp;#8217;importe quel prétexte&amp;nbsp;» ne reflète pas vraiment le contenu de la loi des suspects, etc. On pourrait multiplier les citations montrant que la rigueur dans l&amp;#8217;utilisation du vocabulaire historique et la précision des faits n&amp;#8217;est pas le fort des «&amp;nbsp;historiens&amp;nbsp;» Secher, Artarit et Courtois, pas plus que celui des auteurs du documentaire.&lt;br /&gt;
Ils sont pourtant capables de moduler le vocabulaire quand leur propos le nécessite. Ainsi les armées républicaines commentent des «&amp;nbsp;crimes&amp;nbsp;», jamais l&amp;#8217;armée catholique et royale. Il est vrai qu&amp;#8217;elle n&amp;#8217;a commis qu&amp;#8217;un massacre, celui de Machecoul&amp;nbsp;! D&amp;#8217;ailleurs, les Vendéens ne «&amp;nbsp;massacrent&amp;nbsp;» pas les Bleus, ils «&amp;nbsp;s&amp;#8217;en prennent&amp;nbsp;» aux notables républicains des villes. Sans rire, le commentaire &amp;#8212; faisant ainsi la preuve de son caractère «&amp;nbsp;modéré&amp;nbsp;» &amp;#8212; admet que «&amp;nbsp;CE massacre est bien le fait des Vendéens&amp;nbsp;» (même s&amp;#8217;il a été provoqué par le fait que les Bleus «&amp;nbsp;ont tiré sur la foule&amp;nbsp;»). Aucun autre massacre des Blancs sur les Bleus ne sera évoqué dans le documentaire. Exit Châtillon, le Pallet, Bouin, etc. Il est vrai que le commentaire sous-entend que «&amp;nbsp;les&amp;nbsp;» Vendéens se soulèvent dans un bel élan unanime pour Dieu et le Roi, mais on ne saura donc pas grand-chose sur les républicains de Vendée, de Loire-inférieure, de Mayenne qui se sont battus avec acharnement contre les Blancs, les empêchant de prendre les grandes villes de l&amp;#8217;ouest. Car «&amp;nbsp;la&amp;nbsp;» Vendée est AUSSI une guerre civile locale entre Blancs et Bleus (mais évidemment, cela pose une question fondamentale que Secher n&amp;#8217;aborde pas&amp;nbsp;: les Bleus de Vendée sont-ils des «&amp;nbsp;génocidaires&amp;nbsp;» d&amp;#8217;eux-mêmes ?) On ne saura rien non plus sur la politique menée par la direction de l&amp;#8217;Armée catholique et royale dans les territoires «&amp;nbsp;libérés&amp;nbsp;», sur ses liens avec les émigrés ou les Anglais.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A part cela&amp;nbsp;? Quoi de neuf&amp;nbsp;? Rien.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des variations sur le thème «&amp;nbsp;anti-totalitaire&amp;nbsp;» qui ne sont ni très neuves ni très remarquables par leur intelligence interprétative. Le grand spécialiste des livres noirs, Stéphane Courtois, nous livre ainsi une réflexion de poids&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Qu&amp;#8217;est-ce qu&amp;#8217;un brigand&amp;nbsp;? Bon&amp;#8230; Un brigand&amp;#8230; c&amp;#8217;est un criminel. Alors&amp;#8230; ça c&amp;#8217;est intéressant&amp;#8230; La criminalisation des adversaires politiques ou des opposants quels qu&amp;#8217;ils soient. Il ne s&amp;#8217;agit plus d&amp;#8217;un débat politique, il s&amp;#8217;agit de se débarrasser d&amp;#8217;une catégorie de la population.&amp;nbsp;» Certes&amp;#8230; la criminalisation des adversaires politiques&amp;#8230; mais bon (pour parler comme Courtois)&amp;#8230; Est-ce bien là une particularité de la Révolution française en général et des révolutionnaires en particulier&amp;nbsp;? Les tenants de la contre-révolution comme Burke ou Mallet du Pan agissent-ils et parlent-ils autrement&amp;nbsp;? Les journaux royalistes de 1789 jusqu&amp;#8217;au 10 août 1792 traitent tout «&amp;nbsp;patriote&amp;nbsp;» de «&amp;nbsp;brigand&amp;nbsp;», de «&amp;nbsp;cannibale&amp;nbsp;», de «&amp;nbsp;buveur de sang&amp;nbsp;». Brunswick appelle au massacre de tous les révolutionnaires de Paris dans son manifeste. Les contre-révolutionnaires anglais sont accusés par l'opposition de mener une &lt;em&gt;bellum internecinum&lt;/em&gt; (une guerre d&amp;#8217;extermination), etc., etc. Le refus du «&amp;nbsp;débat politique&amp;nbsp;» peut difficilement être un apanage des révolutionnaires et il est vrai qu&amp;#8217;en Vendée, il ne s&amp;#8217;agit en aucun cas d&amp;#8217;un débat feutré entre adversaires de bonne société, mais d&amp;#8217;une guerre civile à mort dans un contexte de guerre étrangère, la tentation de &quot;criminaliser&quot; l&amp;#8217;adversaire est bien forte des deux côtés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et les massacres de femmes et d&amp;#8217;enfants, les colonnes infernales&amp;nbsp;? Ce n&amp;#8217;est pas du totalitarisme, cela&amp;nbsp;? Secher explique qu&amp;#8217;après août 1793, on ne fait plus de distinction entre les brigands et les femmes, les enfants et les vieillards, que l&amp;#8217;on «&amp;nbsp;globalise&amp;nbsp;» l&amp;#8217;extermination (sous-entendu, on arrive au génocide puisque tout le monde est «&amp;nbsp;englobé&amp;nbsp;»). Le sage Courtois renchérit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La rhétorique, elle est très claire, il y a le peuple et les ennemis du peuple, voilà&amp;#8230; bon&amp;#8230;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;il faut justifier une extermination de masse&amp;nbsp;». S&amp;#8217;il le dit&amp;#8230;&lt;br /&gt;
La rhétorique, en effet. Celle de Barère, du comité de Salut Public, n&amp;#8217;est pas une rhétorique totalitaire, mais une rhétorique de guerre. Si les «&amp;nbsp;historiens&amp;nbsp;» du documentaire avaient quelques connaissances en histoire militaire et politique de l&amp;#8217;époque moderne, ils sauraient que la rhétorique de l&amp;#8217;extermination n&amp;#8217;est pas spécifique aux révolutionnaires français. Sans revenir aux guerres de religion du XVIe siècle, elle est présente dans la plupart des conflits du XVIIIe siècle quand ils impliquent des populations civiles (par exemple lors de la rébellion jacobite en Écosse en 1745). On la retrouve dans la guerre de la deuxième coalition des deux côtés&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avec Carrier, on est «&amp;nbsp;dans le dur&amp;nbsp;». Ah&amp;nbsp;! les noyades&amp;#8230; sujet inépuisable&amp;#8230; Carrier n&amp;#8217;est pas un sanguinaire, c&amp;#8217;est un «&amp;nbsp;pur&amp;nbsp;», explique Jean Artarit, il ajoute qu&amp;#8217;il est là «&amp;nbsp;pour sortir l&amp;#8217;homme révolutionnaire (?), et donc il faut tuer tous les autres.&amp;nbsp;» Profonde réflexion&amp;#8230; Un peu plus tard, on apprend que Carrier fait emprisonner les commerçants «&amp;nbsp;dont il convoite la fortune&amp;nbsp;», qu&amp;#8217;il envoie des enfants à la guillotine, qu&amp;#8217;il affame volontairement les prisonniers en ne leur donnant que du riz à manger, qu&amp;#8217;il est l&amp;#8217;inventeur des noyades «&amp;nbsp;procédé d&amp;#8217;extermination encore plus radical&amp;nbsp;», qu&amp;#8217;il «&amp;nbsp;aurait fait tirer de prison les plus jolies filles leur promettant la vie sauve contre des faveurs avant de les faire noyer à l&amp;#8217;aube&amp;nbsp;» (mais ce sont &lt;em&gt;peut-être&lt;/em&gt; des «&amp;nbsp;rumeurs&amp;nbsp;»). On apprend même le nombre des noyés (environ 6 000). Tous ces «&amp;nbsp;faits&amp;nbsp;» ne sont pourtant rien moins qu&amp;#8217;établis. Sans entrer dans le détail de l&amp;#8217;affaire Carrier et du rôle que son procès joue dans la définition de la «&amp;nbsp;Terreur&amp;nbsp;» après Thermidor (7), il faut rappeler que personne n&amp;#8217;a pu prouver que Carrier s&amp;#8217;était enrichi, qu&amp;#8217;il aurait monnayé ses grâces auprès des jolies Nantaises, ni même qu&amp;#8217;il aurait ordonné les noyades. Des noyades, il y en a bien eu, c&amp;#8217;est à peu près certain, mais combien, avec combien de victimes à chaque fois, avec quels exécutants, nous ne le savons pas avec certitude (8).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les «&amp;nbsp;colonnes infernales de Turreau&amp;nbsp;» sont «&amp;nbsp;incompréhensibles&amp;nbsp;» puisque la «&amp;nbsp;Vendée n&amp;#8217;est plus une menace&amp;nbsp;», c&amp;#8217;est du moins ce qu&amp;#8217;affirme Secher. Pourtant, la première guerre de Vendée se termine en 1795 (pour reprendre presque aussitôt) et la guerre extérieure ne prend fin complètement qu&amp;#8217;en 1802. On peut penser que, pour les dirigeants parisiens, la menace est encore bien présente et que la nécessité d&amp;#8217;éradiquer la révolte est toujours bien là.&lt;br /&gt;
Mais ces destructions de Turreau&amp;#8230; on est bien dans le «&amp;nbsp;génocide&amp;nbsp;», non ?&lt;br /&gt;
Rien n&amp;#8217;est moins sûr&amp;#8230; La tactique appliquée par Turreau est courante dans la répression des insurrections locales dans les guerres de toute l&amp;#8217;Europe. La destruction des maisons, des récoltes, du bétail, l&amp;#8217;exécution des paysans pris les armes à la main, étaient, hélas, les méthodes utilisées par tous les pouvoirs, monarchistes ou non, qui faisaient face à des insurrections paysannes dans un «&amp;nbsp;pays&amp;nbsp;» difficile d&amp;#8217;accès. Le caractère atroce des massacres perpétrés par les armées républicaines ou par l&amp;#8217;Armée catholique et royale n&amp;#8217;était en rien inédit. Les mêmes massacres se répètent en bien d&amp;#8217;autres circonstances, par exemple l&amp;#8217;insurrection sanfediste à Naples en 1798.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cela n&amp;#8217;empêche pas le journaliste Christophe Bourseiller d&amp;#8217;acquiescer quand le présentateur lui pose la question&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Robespierre a-t-il voulu mener une expérience en inventant&amp;#8230; en éradiquant une population pour inventer l&amp;#8217;homme nouveau&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» On attend toujours la référence du document où Robespierre aurait ne serait-ce qu&amp;#8217;esquissé un programme d&amp;#8217;éradication d&amp;#8217;une population «&amp;nbsp;pour créer un homme nouveau&amp;nbsp;»&amp;#8230; Mais Bourseiller n&amp;#8217;est pas à cela près puisque quelques secondes plus tard, il affirme avec beaucoup d&amp;#8217;aplomb que les colonnes infernales de Turreau «&amp;nbsp;préfigurent les &lt;em&gt;Einsatzgruppen&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» nazis (et oui, dans les deux cas, il y a eu des massacres dans les bois). Robespierre ce n&amp;#8217;est plus seulement Lénine, Staline et Pol Pot, c&amp;#8217;est directement Hitler et la SS&amp;#8230; Il est vrai que le «&amp;nbsp;communisme&amp;nbsp;» et le «&amp;nbsp;nazisme&amp;nbsp;» c&amp;#8217;est tout un&amp;#8230; Certes, Bourseiller trouve que Secher exagère quand il parle de «&amp;nbsp;fours crématoires&amp;nbsp;»&amp;#8230; Il est modéré, le journaliste Bourseiller&amp;#8230; pas comme les révolutionnaires qui ont anticipé les Khmers rouges en changeant le nom de la Vendée en «&amp;nbsp;Vengé&amp;nbsp;» comme Pol Pot a appelé son pays le Kampuchea. La comparaison laisse pantois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Approximations, erreurs, manipulations, mise en scène, reprise du vieux discours vendéen et contre-révolutionnaire remis au goût «&amp;nbsp;génocidaire&amp;nbsp;» du jour, une pincée d&amp;#8217;anti-totalitarisme&amp;nbsp;: de vieilles recettes pour une vieille mixture. Dès lors, tous les sites royalistes du Web en conviennent&amp;nbsp;: cette émission a été placée sous le signe de la rigueur historique et de l&amp;#8217;objectivité. Il n&amp;#8217;y a donc rien de racoleur ni de politique dans cette agitation médiatique autour de Robespierre et des guerres de Vendée que nous a offert le service public en collaboration avec Europe 1. C'est évidemment un pur hasard si le 8 mars, au lendemain de l'émission, les députés qui soutiennent le lobby vendéen (Dominique Souchet, Hervé de Charette, Lionnel Luca etc.) ont déposé une nouvelle proposition de loi visant à reconnaitre le «&amp;nbsp;génocide vendéen&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NOTES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;(1) &lt;a href=&quot;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k847909/f1.image&quot;&gt;A lire sur Gallica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(2) Jean-Joël Brégeon, &lt;em&gt;Écrire la Révolution française. Deux siècles d&amp;#8217;historiographie&lt;/em&gt;, Paris, Ellipses, 2011. &lt;a href=&quot;http://ahrf.revues.org/12253&quot;&gt;Voir la recension de Michel Biard &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(3) Albert Mathiez, «&amp;nbsp;Babeuf et Robespierre&amp;nbsp;», &lt;em&gt;Annales révolutionnaire&lt;/em&gt;, mai 1917, repris dans &lt;em&gt;Autour de Robespierre&lt;/em&gt;, Paris, Payot, 1926, p. 256-257.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(4) http://www.vendeeinfos.com/Michel-Chamard-quitte-le-conseil-general-de-la-Vendee_a3862.html&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(5) http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2012/03/04/23665108.html&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(6) http://vendeemilitaire.org/presentation-vendee-militaire.html&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(7) A ce sujet, on lira évidemment &lt;em&gt;Comment sortir de la Terreur&lt;/em&gt; de Bronislaw Baszcko et les travaux de Corine Gomez-Lechevanton sur le procès Carrier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;(8) On consultera avec profit le petit ouvrage de Corine Gomez-Le Chevanton, &lt;em&gt;Carrier et la Révolution française en 30 questions&lt;/em&gt;, Geste éditions, 2004.&lt;/p&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Images de la Révolution</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://revolution-francaise.net/2012/03/07/473-images-de-la-revolution" />
  <issued>2012-03-07T21:20:27+01:00</issued>
  <modified>2012-03-07T21:20:27+01:00</modified>
  <id>http://revolution-francaise.net/2012/03/07/473-images-de-la-revolution</id>
  <author><name>Marc Belissa</name></author>
  <dc:subject>Images</dc:subject>
  <summary>Un site personnel "sans prétention" (selon son auteur) qui "recense documents et représentations sur la Révolution française". On y trouvera notamment des tableaux (de l'époque révolutionnaire, mais aussi du XIXe siècle), des reproductions de documents, des "bonus musicaux" intéressants…...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Un site personnel &quot;sans prétention&quot; (selon son auteur) qui &quot;recense documents et représentations sur la Révolution française&quot;. On y trouvera notamment des tableaux (de l'époque révolutionnaire, mais aussi du XIXe siècle), des reproductions de documents, des &quot;bonus musicaux&quot; intéressants&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://1789-1799.blogspot.com/&quot;&gt;Voir&lt;/a&gt; le site&lt;/p&gt;</content>
</entry>
</feed>
