Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

L’esprit des Lumières et de la Révolution 2006-2007   Séminaire

Groupe de travail animé par Marc Bélissa, Yannick Bosc, Françoise Brunel, Marc Deleplace, Florence Gauthier, Jacques Guilhaumou, Fabien Marius-Hatchi, Sophie Wahnich. Les séances se tiendront à l’Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, 12 place du Panthéon, 2e étage, salle 216.

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Response Essay on the Terror   Réplique

Par David Andress, University of Portsmouth

Couverture Andress Terror

My thanks for this opportunity to respond to reviews of my book, The Terror: Civil War in the French Revolution, London, Little Brown, 2005 (1). I shall direct most of my attention to the thoughtful observations of Jean-Pierre Gross in the AhRf, and with the implications of some of his queries, before reflecting on some of the other points that have been raised by reviews elsewhere. Gross poses the question of how we are to understand the Terror as “phénomène stricto sensu”, which left me wondering if I could actually define what that meant. I would certainly not go as far as some and make the Terror conterminous with the fall of the monarchy, as if all that followed was indiscriminate horror. But nor I think can one limit it to the sort of pure ideological drive that Patrice Gueniffey seems to make it, or again the limited, almost humanitarian braking of popular impulse to slaughter that Sophie Wahnich has constructed – wishing, it seems to me, to praise the historical Terror by comparison to an unrealised, worse one which might have been. Jean-Clément Martin’s recent book comes close to some of my own thoughts on the matter, though his suggestion that violence had really infused the whole political landscape by 1793 is a little too vaguely apocalyptic to have my complete agreement. Probably there should be no “The Terror”, and we might speak of “invocations of” and “impulses towards” such a concept, rather than framing it as if it were an official title – after all, as Martin reminds us, despite the rhetoric, Terror was not put “on the order of the day” on 5 September 1793. But we are often reminded these days that there was no “The Renaissance”, either, nor any “Middle Ages”. “The Enlightenment” did not happen per se, and we are far from being certain that there was ever “Modernity”. This very anti-nominalism can itself become a distraction – sometimes a label is just a label. The Terror, officially or not, is what most historians understand to be the period between mid-1793 and mid-1794. Whether that understanding encapsulates a sense of it as a process, a programme, or just a set of dates, will depend on always-questionable historiographical judgments.

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Jacobinisme et marxisme. Le libéralisme politique en débat.   Notions

par Jacques Guilhaumou, CNRS/UMR Triangle, ENS-LSH Lyon

La tradition marxiste, du Jeune Marx à Gramsci, s’est constamment interrogée sur le sens intégral, donc positif, de la notion de jacobinisme, tant sur le plan historique que conceptuel (Guilhaumou, 1985). Les historiens actuels se sont plutôt intéressés à « la fortune et l’infortune » du mot de jacobin auquel s’attache une forte connotation négative ou positive (Ozouf, 1984). Le lexicologue précise pour sa part que l’entrée en politique de jacobin en 1790 se fait dans le cadre d’une association polémique, au sein la presse de droite, qui permet de stigmatiser le club des Jacobins comme extrémiste (Geffroy, 1997). Ainsi le terme de jacobinisme est présent en 1791 dans un quotidien royaliste à succès, le Journal de la Cour et de la Ville. Peu enclins à user abondamment d’un terme de la réaction antirévolutionnaire, les historiens progressistes de la Révolution française, de Jean Jaurès à Albert Soboul, ont, dans le même temps pris leur distance avec le qualificatif d’historien marxiste. Dans son dernier entretien, Albert Soboul (1987) précise: « Je ne pense pas qu’il y ait une histoire marxiste et une histoire qui ne le soit pas ». Il y a l’Histoire tout court ». Sans doute, l’Histoire tout court est marxiste à ses yeux lorsqu’il précise : « Je proteste contre le discrédit auquel on a voué le marxisme à l’heure actuelle et qui, à mon avis, ne s’adresse qu’à un marxisme fermé, dogmatique et sectaire ». Cependant il n’en reste pas moins que les historiens progressistes de la Révolution française refusent d’opposer la méthode marxiste à la méthode de l’historien. Ils considèrent le marxisme seulement comme une méthode critique de recherche et de réflexion, positionnée en complément de la méthode de l’historien.

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Lénine et la révolution   En ligne

par Jean Salem, Centre de recherches sur l’histoire des systèmes de pensée moderne (Paris I -Sorbonne).

Concernant l’idée de révolution, six thèses principales paraissent ressortir d’un examen systématique des Œuvres complètes de V. I. Lénine :

1°/ La révolution est une guerre ; et la politique est, de manière générale, comparable à l’art militaire.

2°/ Une révolution politique est aussi et surtout une révolution sociale, un changement dans la situation des classes en lesquelles la société se divise. Thierry, Mignet, Guizot ou Thiers ont déjà décrit les grands événements de l’histoire passée (et notamment, la Révolution française) en termes de conflits opposant entre elles des classes sociales antagoniques.

3°/ Une révolution est faite d’une série de batailles ; c’est au parti d’avant-garde de fournir à chaque étape un mot d’ordre adapté à la situation objective ; c’est à lui de reconnaître le moment opportun pour l’insurrection.

4°/ Les grands problèmes de la vie des peuples ne sont jamais tranchés que par la force. Et, comme « tout le XIXe siècle s’est écoulé sous le signe de la Révolution française », on peut soutenir que « la classe révolutionnaire du XXe siècle a sa Montagne et sa Gironde (comme la bourgeoisie avait les siennes) ».

5°/ Les révolutionnaires ne doivent ni ne peuvent renoncer à la lutte en faveur des réformes.

6°/ À l’ère des masses, la politique commence là où se trouvent des millions d’hommes, voire des dizaines de millions. Et les foyers de la révolution tendent à se déplacer vers les pays dominés.

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Laconisme et abondance : deux modèles pour le discours révolutionnaire   Mots

par Agnès Steuckardt, Laboratoire "Parole et langage", Université de Provence (Aix-Marseille I).

La présente contribution ouvre le débat sur les modèles qui présidaient, pendant la Révolution française, à l’élaboration du discours. Alors que, comme l’ont souligné à juste titre les synthèses les plus récentes, les révolutionnaires ont beaucoup décrié les séductions rhétoriques et se sont volontiers réclamés du laconisme, ils n’ont pas, à l’évidence, renoncé à l’abondance de l’éloquence. Cette pratique, apparemment contradictoire avec leur modèle théorique, n’est pas sans avoir fait elle-même l’objet d’un discours métadiscursif avant et pendant la Révolution. Les deux modèles, laconisme et abondance, semblent en fait coexister ; les modalités de leur articulation nous sont suggérées par certains passages de ces textes métadiscursifs, qui, en même temps qu’ils prônent un certain style d’expression, indiquent à quelle situation de parole il convient : si le laconisme caractérise la parole de celui qui détient l’autorité, les développements abondants semblent demeurer nécessaires à celui qui cherche à la conquérir.

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Marx au XXIè siècle : L'esprit et la lettre   En ligne

Sur le site Marx au XXIè siècle : L'esprit & la lettre vous trouverez des textes téléchargeables et le programme du séminaire mensuel organisé avec le soutien du Centre de recherches sur l’histoire des systèmes de pensée moderne (dir. Jean Salem), de la revue ContreTemps (Textuel) et du Cerphi (dir. P.-F. Moreau).

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Un parcours notionnel : patrie, patriotisme.   Mots

par Jacques Guilhaumou et Raymonde Monnier, CNRS.

dictionnaire usages socio politiques Guilhaumou Monnier

Le huitième fascicule du Dictionnaire des usages socio-politiques (1770-1815), dont nous présentons l'introduction (1), s’inscrit résolument, par son choix thématique, dans une perspective d’histoire des concepts aux enjeux précisés par ailleurs (2). Il procède de la rencontre entre des chercheurs de diverses disciplines sur le terrain d’une notion-clé, la patrie. Il importe de préciser d’emblée que le meilleur moyen d’appréhender le déploiement d’un concept dans son historicité est d’éviter toute approche analytique sur la base d’une modélisation a priori de ses formes d’expression. S’agissant d’une notion-concept profondément ancrée dans la culture politique, il convient d’en cerner les usages et les significations conjoints à partir d’une série ouverte de questions : Peut-on parler d’un patriotisme monarchique et aristocratique avant la Révolution française ? Comment évolue le terme de patriote avant de devenir synonyme de révolutionnaire ? Quelles sont les traditions civiques, esthétiques et éthiques dans lesquelles s’actualise la référence à la patrie ? Comment appréhender la question morale au contact de l’apparition d’une science des mœurs ? Qu’en est-il du renouveau patriotique en 1789 par rapport à la formation d’une nation libre ? Comment se manifeste la passion patriotique tout au long de la Révolution française ?

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Les femmes et la Révolution française : recherches en cours.   Synthèses

Par Jacques Guilhaumou, UMR "Triangle", ENS-LSH Lyon et Martine Lapied, UMR "Telemme", MMSH/Université de Provence

Les débats autour de la parité ont fourni l'occasion de réfléchir sur la participation des femmes à la vie politique en France et, en particulier, sur les raisons de la faiblesse de leur nombre dans les deux chambres législatives (1). Au delà des explications à dominante sociologique, cette faible représentation nous renvoie aux racines historiques d’un phénomène qui paraît plus durable en France que dans d’autres États européens, avec un ancrage spécifique dans la Révolution française (2). Dans un pays où les femmes n’obtiennent le droit de vote qu’en 1945, l’absence de tradition d’action politique pourrait bien sûr être mise en cause. De fait, pendant une période particulièrement longue, les possibilités d’expression des femmes dans le domaine politique étaient limitées et la norme sociale tendait à les exclure de l’espace public pour les cantonner dans la sphère privée. Sous l’Ancien Régime, la théorie politique exclut explicitement les femmes, et de ce point de vue, l’exclusion est plus marquée en France que dans la plupart des autres États européens à cause de la loi salique (3). La Révolution peut alors apparaître comme une occasion manquée pour l’accession des femmes aux droits politiques (4). En effet, leur cas se sépare de celui des hommes des catégories populaires puisqu’elles n’obtiennent à aucun moment le droit constitutionnel de s’exprimer par le suffrage, ni celui d’exercer des fonctions officielles de responsabilité mêmes locales et, le plus souvent, elles n’ont même pas voix délibérative dans les assemblées (5). Les refus vont de la privation du droit de vote à l’interdiction de défendre la Nation dans l’armée, le 30 avril 1793, et à la fermeture des clubs féminins, le 30 octobre 1793.

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La Révolution comme confirmation de la spécificité française   Annonces

Par Daniel TEYSSEIRE, Professeur des universités honoraire.

Couverture du livre de Raymonde Monnier

Notre propos tend à situer la Révolution française dans le cadre d'une analyse sur la longue durée de ce que certains médias appellent encore - mais moins souvent que naguère - l'exception française, en particulier par rapport à l'Europe. Ainsi est montré successivement comment le royaume franc de Clovis le catholicisé se différencie des autres royaumes européens dits barbares attachés à l'hérésie arienne, comment le royaume de Philippe-Auguste est pleinement souverain par rapport à cette entité européenne qu'est le saint-Empire romain germanique, comment les souverains valois et bourbons récusent la dominance européenne catholique des Habsbourg, comment, enfin, la France révolutionnaire et républicaine se démarque souverainement du reste d'une Europe monarchiquement conservatrice. Ce suivi, dans le temps très long, de la différenciation française par rapport au reste de l'Europe constitue le décryptage sous des formes historiques variées d'un invariant ou d'un quasi-invariant, la volonté de constituer un corps politique transcendant tous les particularismes, ethniques, religieux, économiques, etc... Ce type de décryptage, voilà en quoi consiste la politique historique, si différente ainsi de l'histoire politique qui analyse les idées et les faits politiques dans le temps, sans trop guère se soucier d'en trouver l'invariant ou le quasi-invariant. Nous en présentons le résultat à propos de la Révolution française elle-même.

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Autour de Michelet : l’esprit, le sexe, l'histoire et la Révolution française.   Recensions

Par Jacques Guilhaumou, CNRS, UMR « Triangle », ENS-LSH Lyon

« Les seuls événements de ma vie ont été mes idées » (Michelet)

Au portrait d’un Michelet « malade d’Histoire » dressé par Roland Barthes dans son Michelet publié en 1954, avec l’épisode bien connu de sa migraine « historique » au contact des massacres de septembre 1792, Paul Viallaneix, dans son ouvrage présenté en 1998 sous le titre Michelet, les travaux et les jours (1798-1870) a substitué une approche plus sereine d’un historien pris dans les combinaisons au quotidien de la vie intellectuelle. Dans son récent Jules Michelet. L’homme histoire (Grasset, 2006), Paule Petitier y ajoute plus que de simples considérations sur les fulgurances de l’historien, au titre de son génie propre. Elle apporte une touche personnelle, une lucidité particulière dont Jacques Seebacher, dans sa récente chronique de La Quinzaine littéraire (N°927, 16-31 juillet 2006), se demande si ces qualités ne sont pas issues tout autant d’une « féminité institutrice » que de son expérience textuelle consécutive à une lecture particulièrement minutieuse du Journal et de la Correspondance de Michelet, tout en les resituant avec précision dans leur contexte historique.

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La Révolution française et la postmodernité   En ligne

Les éditions University of California Press mettent à la disposition des lecteurs sur le Web l'ouvrage collectif The French Revolution and the birth of Modernity édité par Ferenc Fehér. Publié en 1990, cet ouvrage relève d'un moment historiographique précis, celui des débats du bicentenaire de la Révolution française d'autant qu'il prend parti, du moins dans l'introduction de Ferenc Fehér, pour la "nouvelle tradition" de l'historiographie critique autour de François Furet à l'encontre d'une historiographie classique qualifiée alors d'historiciste et de "domestique". Mais, il procède aussi d'une interrogation conjointe sur "la conscience herméneutique" d'une modernité politique dont il faut toujours se demander actuellement si elle a atteint son terme, ou si elle est encore en progrès.

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Le mouvement anti-CPE et la mentalité révolutionnaire   En ligne

Le France-Mail-Forum, journal électronique francophone et cosmopolite animé par Klaus Schüle propose, dans la rubrique articles et débats du Numéro 41 de mars 2006, plusieurs analyses du mouvement de protestation antiCPE. La référence à la tradition de 1789 et à sa marque spécifique sur la mentalité révolutionnaire française est soulignée de diverses façons, tant sous la forme d’une interrogation, côté observateurs français, sur l'émergence possible d'un nouveau Tiers-Etat, qu’au travers de la mise en évidence de la réalité toujours vivace des symboles et des mots forts de 1789 par les observateurs allemands.

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Les classiques des sciences sociales et la Révolution française   Outils

logo publication en ligne sciences sociales Le site « Les classiques des sciences sociales », sous la responsabilité du sociologue Jean-Marie Tremblay constitue un outil exceptionnel d’investigation tant sur les auteurs classiques, que sur les sciences sociales contemporaines et la méthodologie en sciences sociales, dont on connaît l’influence constante, génération après génération, sur les historiens de la Révolution française.

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La politique de la langue pendant la Révolution française. L’œuvre de Brigitte Schlieben-Lange (1943-2000).   Recensions

Par Jacques Guilhaumou, UMR « Triangle », ENS-LSH Lyon

Depuis la publication des ouvrages de Renée Balibar et Dominique Laporte sur Le français national (Hachette, 1974) et de Michel de Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel sur Une politique de la langue. La Révolution française et les patois (Gallimard, 1975), deux types de travaux se sont multipliés dans le domaine de la politique linguistique pendant la Révolution française: les uns basés sur un relecture minutieuse des matériaux réunis dans la monumentale Histoire de la langue française de Ferdinand Brunot, les autres à partir de documents des Archives nationales revisités à la lumière d'interprétations nouvelles. La multiplication de ces travaux depuis vingt ans permet actuellement d'avoir une vue d'ensemble du trajet de la pensée linguistique pendant la Révolution française.

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Paul Lafargue et la Révolution française   En ligne

Paul Lafargue aborde l’étude de la société française du 18ème et 19ème siècles du point de vue des classes sociales et de la langue. Il le fait principalement à propos de la Révolution française qui tout à la fois impose le pouvoir de la classe bourgeoise et révolutionne la langue.

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