Bonnet de 
la liberté

Révolution Française

Histoire de la Révolution française   Annonces

par Jules Michelet

Les éditions Gallimard rééditent en 2007, et en livre poche (quatre volumes, Folio histoire), l'Histoire de la Révolution française dans l'édition établie et annotée par Gérard Walter, et publiée en 1952 dans la Bibliothèque de la Pléiade. A cette occasion, nous reproduisons la Préface de 1847. Nous renvoyons également, sur le présent site, au compte-rendu de l'ouvrage récent de Paule Petitier sur Jules Michelet. L'homme histoire (2006).

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Le Serment du Jeu de Paume dans les manuels de quatrième   Enseignement

Par Sandrine Bouché, Université Paris VII-Denis Diderot

Serment du jeu de paume de David

Les instructions officielles concernant l’enseignement de la Révolution française en classe de quatrième invitent les enseignants à « présenter les épisodes majeurs et les principaux acteurs de la période révolutionnaire » (1). Le document historique est placé au cœur de cet enseignement. Les manuels scolaires, et particulièrement ceux de quatrième, offrent aux enseignants un recueil de documents hétéroclites afin de traiter librement chaque période historique avec leurs élèves. Il est évident que les professeurs du secondaire ne sont pas spécialistes de toutes les périodes historiques qu’ils enseignent ; les manuels sont donc des guides implicites de leur enseignement. Mais le choix des documents est primordial. Leur absence ou leur présence dans les manuels influence l’étude de l’évènement en classe. Ainsi, certains documents font l’unanimité et sont présents dans la plupart d’entre eux, d'autres en sont totalement absents.

Pour la période révolutionnaire, les documents iconographiques sont privilégiés, étant donné le foisonnement et l'effervescence de la peinture des XVIIIe et XIXe siècles. Le courant néoclassique, qui caractérise ces siècles, offre des tableaux représentatifs qu’il est aisé de traiter avec les élèves du secondaire. En effet, l'enseignement par la représentation permet d'aborder autant l'évènement lui-même que la représentation subjective, qui relève de l'histoire des mentalités. Les accompagnements des programmes, qui restent une suggestion d'approche des périodes à traiter, proposent d’étudier la révolution française par grandes phases chronologiques. L’année 1789 serait la première comme moment de « la révolution politique et juridique » (2) . Pour cette phase, sont présents dans la plupart des manuels une représentation de la première séance des Etats généraux, de la prise de la Bastille et, dans tous sans exception, le tableau de David : Le Serment du Jeu de Paume.

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Chronique dessinée de la Révolution   Annonces

Dessin de Jean-Louis Prieur

Du 20 mars au 24 juin 2007, le musée Carnavalet présente un ensemble de dessins de Jean-Louis Prieur qui retracent les épisodes révolutionnaires et la vie parisienne de 1789 à 1792 : "À l’instar de nombreux artistes ou poètes très engagés politiquement, Jean-Louis Prieur (1759-1795) se distingua à la fois par un talent de dessinateur hors pair et des convictions révolutionnaires radicales. Elles firent de lui un membre du Tribunal révolutionnaire, collaborateur de Fouquier-Tinville, ce qu’il paya finalement de sa vie. Il fût arrêté et jugé après l’émeute de germinal an III (avril 1795) et guillotiné le 7 mai 1795, à 36 ans".

Néologismes en temps de Révolution   Mots

Fiction carnavalesque

Par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS-LSH Lyon

Parmi les milliers de mécontents que la révolution a suscités, un homme très honnête voit et ne veut voir que les effets de l’anarchie ou plutôt de la panarchie, c’est-à-dire de la législation de tous (1). Mais, soucieux d’en savoir plus, il se rend à Paris de sa Province méridionale pour rencontrer d’honnêtes gens et lire de bons journaux. Suivons les flâneries burlesques à travers Paris de cet aristocruche (2) qui ne connaît que des principes inconstitutionnels et mimonarchiques (3). Ne confond-t-il pas les vrais, ardents et utiles patriotes avec les têtes exaltées par des idées fausses, vagues, exagérées, inconsistantes, associant alors à la confusion des idées l’abus des mots (4) ? Son imagination ne trouve-t-elle pas dans ce séjour une raison singulière de s’échauffer, ne lui inspire-t-elle pas une foule d’idées, que nous croyons ne pas devoir laisser échapper au lecteur, aussi burlesques soient-elles ?

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La République et le républicanisme polonais, modèles ou contre-modèles des Lumières ?   Etudes

Par Marc BELISSA Paris X Nanterre - CHISCO

Cette étude est une première ébauche d'une introduction pour une nouvelle édition des textes de Mably sur la Pologne à paraître prochainement aux éditions Kimé. Elle a été présentée lors du séminaire L'esprit des Lumières et de la Révolution le 19 janvier 2007.

La république et le républicanisme ne sont pas au XVIIIe siècle seulement des « traditions » et des sujets de dissertation pour collégiens lecteurs de Tacite et de Cicéron. Il existe dans l’Europe moderne un certain nombre d’États républicains dont l’expérience pratique contribue à former la pensée politique des Lumières. Ces républiques modernes sont des objets complexes et qui ne laissent pas facilement enfermer dans les catégories politiques actuelles. Dans un texte de 1762, Stanislas Leczynski, le roi détrôné de Pologne, et lui-même penseur du républicanisme polonais, fait la liste des États républicains de son temps, il distingue l’Angleterre, la Hollande, la Suède, la Pologne, Venise, les Cantons suisses et Gênes. Dans cette liste qui peut paraître étonnante, il existe au moins trois États couramment présentés comme des monarchies : l’Angleterre, la Suède et la Pologne. Pour Leczynski, comme pour beaucoup d’autres commentateurs, ces États sont pourtant des républiques, car le pouvoir royal y est très limité et la souveraineté n’y est pas exclusivement monarchique (1). S’il n’est pas nécessaire de rappeler l’importance du modèle anglais dans la pensée des Lumières et si l’on connaît l’intérêt de Mably pour la Suède, on sait moins que la Pologne est également présente dans le débat sur la République en Europe occidentale.

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Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne   Recensions

À propos du livre de Laurent Dubois, Les Vengeurs du Nouveau Monde. Histoire de la Révolution haïtienne, Rennes, Les Perséides, 2005.

Par Fabien Marius-Hatchi, Université Paris VII – Denis Diderot

Couverture Dubois Vengeurs du nouveau monde

Cette histoire oppose, d’une part, l’image que se font de leurs victimes ceux qui leur causent des souffrances indicibles et, d’autre part, les luttes de ces victimes qui, par miracle, se résorbent dans l’invention d’une nation nouvelle et d’une autre nature.

Jean Casimir (Préface, p. 11)

Paru aux États-Unis en 2004 – l’année du bicentenaire de la proclamation de la République d’Haïti, le livre de Laurent Dubois se présente comme une synthèse de l’histoire de la Révolution haïtienne établie à partir d’une lecture croisée de sources primaires et des principaux travaux historiques parus aux États-Unis, en France et en Haïti, essentiellement depuis un quart de siècle.

Héritier des travaux précurseurs des Haïtiens Beaubrun Ardouin et Thomas Madiou pour le 19e siècle, de ceux du Trinidadien C.L.R. James et du Martiniquais Aimé Césaire pour le 20e siècle, l’ouvrage de Laurent Dubois se situe dans la lignée, notamment, d’une historiographie étasunienne qui – tel David Geggus ou John D. Garrigus – cherche à “entrevoir avec plus de clarté ce que les événements de cette période ont pu signifier pour ceux qui les vécurent” (p. 25). À la suite de son premier livre A Colony of Citizens: Revolution and Slave Emancipation in the French Caribbean, 1787-1804 (1) dans lequel il abordait le programme politique révolutionnaire porté par les esclaves insurgés de la Guadeloupe, Laurent Dubois ambitionne donc de reconstituer l’histoire de l’insurrection de Saint-Domingue, de l’abolition de l’esclavage et de l’indépendance de la République d’Haïti à partir des conceptions et des aspirations des esclaves.

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Condorcet, l'instruction publique et la cité   En ligne

par Catherine Kintzler, Université de Lille III

Dans cette étude, il est question de la fonction philosophique du concept d'instruction publique au plus près de l'expérience de la Révolution française, et tout particulièrement de l'oeuvre de Condorcet. On doit en effet à Condorcet, dans le sillage de ses travaux de « mathématique sociale », les argumentations les plus décisives contre la peine de mort, contre l’esclavage et la traite des Noirs, contre l’exclusion des femmes du droit de vote, ainsi qu’une théorie générale du suffrage et de ses paradoxes. Mais on lui doit aussi la théorie la plus complète de l’école républicaine. Pour la première fois, l’idée philosophique de l’institution scolaire est pensée dans sa relation avec la souveraineté populaire.

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"Femmes, prenons la Bastille !"   Brèves

8 mars 2007 - Journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits

Sous le titre "Femmes, prenons la Bastille ! ", un collectif d'associations (Collectif droits des femmes) indique que "le 8 mars, Journée Internationale des Femmes, se situe cette année, dans la période des élections présidentielles, puis législatives. À cette occasion, les revendications concernant les droits des femmes doivent trouver toute leur place, celle de droits fondamentaux sans lesquels aucune société ne peut être considérée comme juste et égalitaire."

La Révolution française au pays des trains fantômes   Actuel

Par Sophie Wahnich, LAIOS, CNRS.

"On a beaucoup parlé de la hauteur de la Révolution, il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut". ( Saint-Just)

1. En 1938, Jean Renoir achève le film sur la révolution française commandée par la CGT. La Marseillaise s’ouvrait sur l’iniquité d’un procès fait à un braconnier, décrivait la dynamique qui avait conduit à la chute de la monarchie et se refermait sur l’inachèvement d’une histoire d’amour : celle d’un peuple pour la liberté. Deux ans plus tard la Marseillaise est le chant patriotique des résistants français.

2. En 1983, Wajda le cinéaste polonais de l’homme de fer, réalise un Danton qui s’ouvre sur la guillotine, la pluie et la violence sadique infligée à un enfant qui apprend la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le film s’achève sur une guillotine détrempée du sang de Danton, et sur la voix tremblotante de l’enfant disant son compliment à Robespierre. Cette voix finit par se perdre. En 2004, la Pologne entre dans l’Europe élargie sans savoir quelles valeurs elle partage avec les autres pays européens. En 2006, elle réclame le rétablissement de la peine de mort comme horizon d’avenir pour l’ensemble des pays d’Europe.

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Sciences et savants en révolution (1780-1820)   Outils

Plusieurs disciplines scientifiques furent profondément touchées par les événements révolutionnaires : individus et institutions, publications périodiques et sociabilité savante subirent des transformations parfois radicales. Le site "Sciences et savants en révolution" présente et regroupe des preuves archivistiques sur les changements de personnel scientifique, de priorité de recherche, de structuration disciplinaire et institutionnelle à travers les témoignages offerts par des protagonistes de premier et de second rang de la science de l'époque.

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Marie-Antoinette et ses biographes. Mémoire et écriture de la Révolution française   Recensions

Couverture du livre de Cécile Berly

par Jacques Guilhaumou, UMR Triangle, ENS-LSH Lyon

A propos du livre de Cécile Berly, Marie-Antoinette et ses biographes. Histoire d’une écriture de la Révolution française, Paris, L’Harmattan, 2006, avec une préface de Jean-Clément Martin.

L’historienne Cécile Berly nous propose une étude de quelques biographies de Marie-Antoinette particulièrement significatives d’une manière plutôt vulgarisée d’écrire l’histoire de la Révolution française. Comme le souligne Jean-Clément Martin, dans sa préface, Marie-Antoinette est l’une de ses héroïnes de la Révolution française, certes malmenée au départ, mais située désormais au plus haut entre haine et amour dans le discours historiographique. D’abord désignée par l’historiographie progressiste comme une aristocrate débauchée et une mauvaise conseillère politique, Marie-Antoinette tend de plus en plus à incarner, chez ses biographes, l’image douloureuse de la mère confrontée à l’épreuve de la mort de ses proches et d’elle-même. Au-delà cette tendance générale de plus en plus affirmée, comment s’y retrouvait dans les gloses superposées des commentaires multiples à son égard ?

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Pauvres et pauvreté. Figures impossibles de l'enseignement secondaire français.   Enseignement

par Marc Deleplace, EA 2616-CERHIC, IUFM Champagne-Ardenne

Évoquer les pauvres et la pauvreté dans les programmes de l’enseignement secondaire français revient en fait à s’attacher à deux ordres de phénomènes qui, pour être ontologiquement liés l’un à l’autre, n’en impliquent pas moins des approches spécifiques. En effet, l’un suppose que l’on cherche à définir un groupe social, ce qui invite à en rechercher les contours, à en saisir la place dans la société, à en différencier les strates, à en comprendre les formes de présence et d’intervention dans l’espace des sociétés. L’autre interroge en premier lieu une situation sociale et demande qu’en soient identifiées les causes, les formes de production, les manifestations propres à la société qui la produit, son poids relatif dans cette société. L’un et l’autre confinent en revanche, même s’ils ne s’y réduisent en rien, aux représentations sociales : représentations construites dans la proximité ou l’éloignement du phénomène, représentations de la société sur elle-même au miroir du phénomène. En même temps, ils incitent à analyser les formes de réaction de cette société en face du phénomène, la manière dont elle intègre ou exclu, le plus souvent les deux à la fois, les pauvres, la manière dont elle accepte ou rejette la pauvreté, les réponses qu’elle prétend y apporter.

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Les privilèges d'Ancien Régime et les inégalités d’aujourd’hui : vers 1789 ?   Actuel

La marche et le rassemblement des doléances, depuis octobre 2006, viennent d’aboutir à la dénonciation des inégalités sociales grandissantes. Rappelons que, dès le départ en janvier 2006, pour le collectif ACLEFEU, "Ce terme de doléances, c'est évidemment pour rappeler 1789. Pour nous, les privilèges n'ont pas toujours été abolis dans ce pays".

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L’idée de révolution aujourd’hui : pour une cosmopolitique de l’économie politique populaire   Annonces

Altermondialisme/anticapitalisme. Pour une cosmopolitique alternative

Congrès Marx International V (3-6 octobre 2007)

Appel à contributions de la section histoire par Florence Gauthier et Jacques Guilhaumou.

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A proposito di felicità, rivoluzione francese, banche dati e linguistica computazionale.   Epistémologie

Par Cesare Vetter, Università di Trieste

Traduction française (pdf) - English translation (pdf)

Fin dalla metà degli anni Novanta ho aperto – presso il Dipartimento di Storia dell’Università di Trieste – un cantiere di lavoro sull’idea di felicità nel XVIII e XIX secolo. Un cantiere di lavoro che comprende ricerche mie personali, discussioni con i colleghi, confronti con gli studenti nell’attività didattica e un ampio e organico piano di tesi di laurea. L’analisi dell’idea di felicità incrocia le problematiche affrontate in precedenti lavori. Integra e per molti versi arricchisce la riflessione sulla dittatura (1) . È mio fermo convincimento che la nozione di felicità è terreno privilegiato – e finora non sufficientemente frequentato – per ricostruire i percorsi del pensiero e dell’iniziativa politica in età moderna e contemporanea. Anche per la nozione di felicità – così come per altre grandi questioni dell’Ottocento e del Novecento – la rivoluzione francese costituisce snodo essenziale.

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